16 juin 2020
L’appareil d’IRM augmentera considérablement l’offre de soins et services de santé locaux
Par: Katy Desrosiers

La PDG du CISSSME, Louise Potvin, se réjouit que le projet d’avoir un appareil d’IRM à Sorel-Tracy aille de l’avant. Photo Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives ©

L’arrivée d’un appareil d’IRM augmentera considérablement le taux de rétention pour les soins et services de santé locaux, selon le Centre intégré de Santé et de Services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME). Il était important pour l’organisation de travailler pour que le projet soit accepté par le ministère.

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Actuellement, 83 % de la clientèle du Réseau local de santé (RLS) Pierre-De Saurel reçoit ses soins et services localement. La présidente-directrice générale du CISSSME, Louise Potvin, affirme que ce pourcentage est exceptionnellement élevé.

Avec l’installation d’un appareil d’IRM, on s’attend à ce que le taux de rétention augmente encore plus.

Selon le chef du département d’imagerie médicale du CISSSME, Dr David-Olivier Chagnon, entre 90 % et 95 % des examens nécessitant un appareil d’IRM pourront être faits localement. Comme l’Hôtel-Dieu n’est pas un hôpital de grande envergure comme le CHUM, l’Institut de cardiologie de Montréal ou le CHU Sainte-Justine, certains examens devront tout de même être faits à l’extérieur dans de rares cas.

Cependant, l’appareil sélectionné pour Sorel-Tracy par des équipes en radiologie et en génie biomédical est très polyvalent. Il pourra réaliser de l’imagerie pour pratiquement toutes les structures, que ce soit neurologique, musculosquelettique, le cou, l’abdomen ou le pelvis.

Sur le plan diagnostique, l’appareil permettra aux médecins de pousser les investigations à leur fin.

« Avant, les patients de Sorel, il fallait qu’ils se déplacent pour avoir l’examen d’IRM. Ça peut entraîner un délai selon la capacité d’acceptation des autres milieux. D’avoir ça sur place, on va être capable de faire les bilans, entre autres, oncologiques. La résonance, ça a une application majeure dans ce qui est des bilans des cancers, peu importe leur provenance. Le fait de mettre un point à la phrase dans l’investigation, ça va vraiment accélérer les choses. Une fois que le patient sera transféré dans un centre tertiaire pour une prise en charge finale, toute l’investigation diagnostique sera terminée et les médecins sur place seront au courant de ce qui s’en vient. Ils auront toutes les informations pour prendre des décisions », précise Dr Chagnon.

Aussi, l’appareil permettra d’éviter des transferts médicaux par ambulance pour des patients hospitalisés qui devaient subir ce type d’examen.

« Ce n’est jamais drôle être transféré en ambulance quand on est malade, ajoute-t-il. D’avoir les services sur place en dedans d’une demi-heure, c’est un grand avantage. »

Un long processus de préparation

Avant d’avoir une réponse positive du ministère, le CISSSME a travaillé le dossier pendant plusieurs mois, voire années.

Les premiers balbutiements du projet datent de 2007. Cependant, il a été repris plus sérieusement à l’été 2019, alors que 88 médecins ont signé une pétition en mai afin de réclamer l’appareil à Sorel-Tracy.

Le 5 juin 2019, une rencontre a permis de discuter du projet. Des équipes avaient déjà commencé à amasser des informations pour le dossier. À la fin d’octobre 2019, un dossier d’une cinquantaine de pages a été envoyé au ministère de la Santé et des Services sociaux. Il comprenait, entre autres, des données comparatives avec d’autres centres hospitaliers de taille semblable qui ont aussi un appareil d’IRM, des informations sur le territoire et les besoins de la population, ainsi qu’un montage financier. Il fallait démontrer que le projet était viable et faisable, autant sur l’aspect technique, de l’ingénierie, médical et financier.

Un des éléments clés à ce niveau était le bassin d’examens pouvant être réalisés. Un autre aspect non négligeable était l’enjeu d’avoir des services de proximité parce que la clientèle hospitalisée se déplaçait à Saint-Hyacinthe pour recevoir ce service, malgré une infrastructure de transport en commun pas très développée. Une équipe multidisciplinaire a donc travaillé pendant près de six mois pour présenter un dossier plus que complet.

 

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