29 janvier 2018
Alain Primeau déclaré coupable de meurtre au 2e degré
Par: Sarah-Eve Charland

Alain Primeau a été déclaré coupable de meurtre non prémédité, le 29 janvier. (Photo: archives/Jean-Philippe Morin)

Le jury a rendu son verdict dans l’affaire d’Alain Primeau, le 29 janvier, au palais de justice de Sorel-Tracy. Il a déclaré l’accusé non coupable de meurtre prémédité (premier degré) de son frère Richard, mais coupable de meurtre non prémédité (deuxième degré).

Alain Primeau a reçu à nouveau une peine de prison à perpétuité. Il est resté impassible, sans broncher, au prononcé du verdict du jury #4.

Sept jurés ont recommandé au juge André Vincent de permettre à l’accusé de demander une libération conditionnelle après 10 ans de détention. Quatre se sont abstenus. Le dernier s’était retiré des délibérations pour des raisons personnelles la veille. Les avocats ont aussi débattu sur la question. Alain Primeau est emprisonné depuis septembre 2011, soit au moment du crime.

L’avocat de la défense, Martin Latour, a suggéré au juge de suivre les recommandations des sept jurés. Il s’agit de la durée minimale prévue par le Code criminel dans les dossiers de meurtre non prémédité.

« Le contexte est particulier. Lorsqu’on regarde le mobile, il s’agit d’une tentative de protéger son fils vulnérable. […] Ça n’excuse pas sa colère, mais on peut certainement la comprendre », mentionne Me Latour.

Du côté de la Couronne, l’avocate Geneviève Beaudin a demandé une durée de 12 ans. « Sans avoir un lourd passé criminel, il a tout de même un antécédent de voies de fait. Alain Primeau a réagi à la situation alors qu’il avait d’autres options. C’est pour ces raisons qu’on demande plus que la durée minimale. »

Le juge rendra la sentence le 9 février au palais de justice de Sorel-Tracy.

Quatre jours de délibération

Le jury a délibéré pendant quatre jours. Le procès s’est déroulé du 15 au 24 janvier.

La défense a basé son argumentaire sur le témoignage de l’accusé. Ce dernier a maintenu avoir pris son fusil au moment où son fils lui apprenait que le frère d’Alain Primeau, Richard, lui a demandé d’emprunter de l’argent. Son fils présente des problèmes de santé mentale et est plutôt vulnérable. Richard aurait également proféré des menaces de mort à l’égard de son frère. Alain Primeau aurait pris son fusil et serait monté à l’étage où son frère vivait pour le menacer. Il aurait trébuché sur le divan et le coup serait parti, a plaidé l’avocat de la défense.

Selon la Couronne, l’accusé ne pouvait pas se trouver près du divan, comme le soutient l’accusé, puisque les analyses des experts démontrent qu’il se trouvait à une distance plus grande de la victime au moment du drame. Me Beaudin a aussi plaidé que l’arme était dangereuse puisque l’accusé aurait lui-même enlevé le pontet, une pièce métallique servant à protéger la détente, avant les événements et aurait lui-même chargé l’arme. La procureure croit que tous ces éléments portent à croire qu’il aurait planifié le meurtre.

Rappelons qu’il s’agit du deuxième procès d’Alain Primeau, qui avait été déclaré coupable de meurtre au premier degré, puis condamné à la prison à vie en 2014. Une erreur du juge dans les instructions données au jury a toutefois provoqué la tenue d’un deuxième procès.

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