29 octobre 2019
Un conciliateur?
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Trente-cinq ans après sa première victoire électorale, Louis Plamondon goûtait, avec un plaisir évident, le 21 octobre dernier, de recevoir un 11e mandat comme député fédéral. Avec 56,8 % du vote exprimé! Un tour de force qui confirme son titre de doyen de la Chambre des communes, mais surtout de chouchou de ses commettants!

Visiblement, l’homme aime que la politique rythme sa vie. Un rythme effréné auquel il consent, répondant sans hésiter à toutes les invitations lancées par ses commettants, qu’ils soient eux-mêmes élus ou simples citoyens actifs au sein des multiples organisations de son immense comté. Comme il a su réunir dans ses trois bureaux de comté des personnels efficaces qui connaissent tous les méandres de l’appareil gouvernemental et peuvent intervenir rapidement pour leurs citoyens en quête de réponses ou de solutions à leurs problèmes.

C’est ce qui fait la force de l’homme à la mémoire indéfectible, au rire facile, au souci d’efficacité constant, mené aussi par une insécurité presque maladive qui le stimule à ne rien laisser au hasard – des préoccupations et demandes de ses concitoyens à l’organisation systématique des 11 élections consécutives gagnées. Il sait enfin s’entourer de gens responsables et engagés.

Son parti a toujours profité de ses talents d’organisateur, de stratège et d’administrateur. Visiblement, l’homme y est à sa place!

Mais dans ce mandat, il sera moins sur la sellette du Bloc, désirant y jouer un rôle d’éminence grise auprès des nouveaux députés qui ont tout à apprendre de la vie parlementaire et de ses dédales.

Voilà un rôle qu’il pourrait avant tout jouer dans la MRC de Pierre-De Saurel, auprès des élus municipaux qui doivent en préparer l’avenir. Car ils n’arrivent plus, pour le moment, à se parler sans s’égratigner.

Au moment où la majorité des électeurs lui ont renouvelé sans équivoque leur confiance, M. Plamondon apparait certes comme un des élus disposant de toute l’autorité morale pour appeler ses pairs municipaux au respect mutuel et au travail ensemble, à l’exercice éclairé et collectif de leurs responsabilités à l’égard de la région qui n’a pas besoin de tensions additionnelles pour enfin relever avec brio les défis de croissance et de développement durable qui s’imposent à elle pour survivre.

Alors que M. Plamondon s’apprête à dire à ses jeunes collègues bloquistes qu’ils doivent apprendre à gérer leurs frustrations et à dire ce qu’ils ont à dire, il devrait lui-même sortir de son rôle strict et constitutionnel de député pour jouer celui de citoyen sorelois actif et rassembleur et donner du temps additionnel à cette partie du comté qu’il habite depuis tant d’années. De se montrer disponible à titre de conciliateur, ce dont la MRC a tant besoin pour se remettre sur les rails.

De fait, Louis Plamondon a tout pour jouer ce rôle. Sa grande expérience politique et les adversités qu’il y a rencontrées, sa capacité de discuter avec respect – déjà connue depuis sa présidence de la Chambre de commerce régionale dans les années 80 – son souci de régler adéquatement les problèmes rencontrés par ses concitoyens, ses qualités de rassembleur et de motivateur jouent en faveur d’une intervention patiente et imaginative auprès de la MRC.

Qu’il le fasse discrètement, privément – à la manière d’une éminence grise, d’un médiateur ou conciliateur – ou publiquement, comme un véritable leader, importe peu.

Mais il est un des seuls élus qui actuellement peut aider à trancher cet imbroglio. Il doit s’inviter et parler aux élus municipaux. Ce devrait être le premier dossier strictement régional de son nouveau mandat. L’état des choses le commande!

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