22 octobre 2019
« C’est un sentiment extraordinaire » – Louis Plamondon
Par: Sébastien Lacroix

Louis Plamondon était triomphant à l'annonce de sa 11e victoire dans Bécancour–Nicolet–Saurel. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La soirée électorale s’est déroulée très rapidement dans Bécancour–Nicolet–Saurel. Si une lutte semblait se dessiner après deux boîtes… il n’en a fallu qu’une dizaine d’autres pour que le député sortant soit déclaré gagnant.

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Louis Plamondon a obtenu une écrasante victoire avec 56,8 % des votes (29 543 voix), soit sensiblement le même pourcentage qu’à sa toute première élection en 1984 qui avait été célébré au même endroit, au Complexe 180. La libérale Nathalie Rochefort a terminé deuxième avec 9274 voix (17,8 %), suivie du conservateur Pierre-André Émond qui a récolté 8401 voix (16,1%). Les trois autres candidats ont conclu la marche : Carole Lennard du NPD (2692 voix, 5,2 %), David Turcotte du Parti vert (1657 voix, 3,2 %) et Richard Synnott du Parti populaire (486 voix, 0,9 %).

Réélu pour une onzième fois, Louis Plamondon admet qu’il ne s’en lassera jamais. « C’est un sentiment extraordinaire. C’est au-delà de mes espérances, a-t-il confié. Parce que quand vous avez plus de 50 % du vote, vous avez un mandat clair qui vous permet de parler haut et fort pour le comté. »

Avec maintenant 35 ans de service derrière la cravate, le doyen de la Chambre des communes souhaite donner de la place aux nouveaux députés qui ont été élus lundi. Pour sa part, il compte jouer un rôle plus effacé, que ce soit dans l’organisation du parti ou encore à la présidence du caucus. « Je vais dire au chef : donne-leur de la visibilité aux jeunes. Moi, je vais les accompagner. Je vais jouer un rôle d’éminence grise », souligne-t-il.

Même s’il est âgé de 75 ans, Louis Plamondon a encore le goût de servir et il n’est pas près de s’arrêter. « Pas plus que deux ou trois mandats encore! », a-t-il lancé.

Le vent dans le dos

Cette élection a été tout un contraste par rapport aux deux dernières lors desquelles le bloquiste avait eu à faire des campagnes avec des vents de face. Qu’on pense à la vague orange de 2011, où il avait résisté de peu, puis à la campagne qu’il qualifie de « sauvetage » menée par Gilles Duceppe, en 2015.

Cette fois, c’est avec le vent dans le dos qu’il a pu mener sa campagne, dans un contexte favorable pour son parti et la possibilité d’un gouvernement minoritaire. « Par rapport aux deux dernières campagnes, l’appui de la population a été plus senti », a souligné Louis Plamondon qui, comme plusieurs analystes, estime que le point tournant de la campagne aura été la performance de son chef au « Face-à-Face » de TVA. « J’ai tout de suite senti qu’il y avait un courant et que le Jell-O prendrait un peu plus tard. »

Par la suite, plusieurs éléments ont contribué à ce que plusieurs ont appelé la « montée du Bloc » qui s’est confirmée le soir de l’élection. « J’ai beaucoup entendu parler de la balance du pouvoir au cours de la campagne », admet-il.

Les déclarations de François Legault ont aussi été déterminantes. « Il a dit : « voici les attentes du Québec«  et nous étions le seul parti qui s’engageait à les défendre, rappelle Louis Plamondon. C’est comme s’ils (les autres partis) envoyaient promener un gouvernement qui est encore très populaire. »

Un sentiment de fierté renouvelé des Québécois ne serait pas non plus étranger à ce résultat, analyse Louis Plamondon. « On aurait dit que les gens se sont souvenus des belles années du Bloc (de 1993 à 2011). On dirait qu’il y avait une espèce de sentiment d’ennui et que les gens avaient envie de revivre la fierté que l’on incarnait. »

Le taux de participation dans Bécancour–Nicolet–Saurel s’élevait à 65,75 %, mardi matin, avec une boîte toujours pas dépouillée.

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