11 décembre 2018
Stages : donner une suite!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Plusieurs cégépiens en formation technique doivent suivre des stages de fin d’études. Ils réclament d’être tous rémunérés pour le faire. On peut les comprendre.

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Car ces stages leur occasionnent des frais souvent plus importants de transport. Ou des pertes de revenus tirés d’emplois à temps partiel. Car il leur est alors souvent impossible de concilier leurs études et le stage.

Ils doivent continuer à se loger, manger, vivre et souvent assumer le quotidien d’une famille. Pourtant, tous les stages ne sont pas rémunérés. Et ceux qui ne reçoivent pas un sou pour les suivre vivent une injustice flagrante qu’ils ne tolèrent plus.

Vrai : les stages leur permettent de mettre à l’épreuve et en valeur leurs connaissances. De vérifier si ce genre d’emploi correspond à leurs attentes et à leur personnalité. Ils peuvent s’y bâtir un réseau professionnel et obtenir des références qui faciliteront plus tard leur quête d’emploi permanent.

De son côté, l’employeur partage avec eux les connaissances et expériences de ses employés. Ce faisant, il peut aussi y repérer plus facilement d’éventuels travailleurs à recruter pour leurs connaissances, leur attitude et leurs aptitudes.

Chacun y trouve donc son avantage. Chacun doit aussi y trouver son compte. La rémunération est un avantage toutefois laissé à la discrétion de l’employeur. Certains payent, d’autres pas.

Oui, tous les stages en sont d’apprentissage. Ils ne peuvent être rémunérés à une pleine valeur professionnelle. Mais certains permettent une réelle prestation de travail. D’autres en sont d’observation.

Si le travail du stagiaire rapporte à l’employeur et allège le travail d’un employé, il doit le rémunérer. Si ce n’est pas le cas, son obligation est certes moindre. Mais le stagiaire qui le vit ne doit pas en être affecté financièrement, lui qui a déjà payé sa session.

Qui le fera alors? L’employeur qui reçoit le stagiaire? On peut aussi penser à d’autres sources : la Fondation du collège pourrait peut-être lui remettre une bourse de compensation (montant forfaitaire) pour l’aider à atténuer ses pertes? Ou encore le ministère de l’Éducation pourrait peut-être diminuer les frais d’inscription aux cours qui comportent de tels stages non rémunérés, et ce, sans que le collège ne soit lésé?

Jusqu’ici, les cégépiens sorelois se sont montrés modérés. Ils n’ont pas, à l’instar de leurs pairs montréalais notamment, encore déclenché de grève à ce propos qui, pourtant, les touche sérieusement. Ils ont cherché à dialoguer avec la direction locale du cégep qui s’est montrée ouverte.

Ce dialogue doit se poursuivre. Ils doivent aller de l’avant. Proposer diverses approches impliquant toutes les personnes concernées, dont les employeurs. Car un changement s’impose. Le bénévolat n’a pas sa place en formation professionnelle. On doit plutôt y parler d’équité. Et l’équité s’impose, peu importe l’âge de ceux qu’elle concerne ou affecte.

***

Chapeau madame la directrice!

La directrice générale du Cégep de Sorel-Tracy, Fabienne Desroches, a annoncé la semaine dernière qu’elle prendra sa retraite à la fin de juin. Un départ qui laissera un grand vide à ce collège qu’elle a su mener de main de maitre, depuis 2004, y injectant une bonne dose de diplomatie et de respect de toutes les instances, en assurant sa consolidation et son développement.

Ce faisant, c’est toute la région qui en bénéficie, le Collège étant partie prenante et indéfectible de son avenir, ambassadeur de ses forces et de ses rêves.

Dès son arrivée, elle a su conquérir le cœur des Sorelois, s’allier à ses décideurs et intervenants, contribuer à leurs réflexions et décisions, leur communiquer son enthousiasme.

Merci Fabienne de continuer à œuvrer pour que cette région ouvre grand ses ailes!

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