6 novembre 2018
Lutte à finir
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit un éditorial hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

De cafétéria populaire, La Porte du Passant, vouée à la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, devient un centre de jour. Une transformation bénéfique.

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Voilà une vocation élargie pavée par le travail de directrices antérieures du service communautaire et sans doute facilitée par son déménagement sur la rue Phipps. Elle qui logeait discrètement au sous-sol du Centre communautaire Notre-Dame, un lieu plus difficilement accessible et moins invitant.

L’organisme compte plus de 400 membres dont une centaine la fréquentant chaque jour. Peu importe leur âge ou l’horizon d’où ils viennent – assistance sociale, sans travail ou à faibles revenus, personnes seules, en quête de soutien, etc.

Certains peuvent même y passer des journées entières, utilisant ses services de repas, rencontres, douches, transmission de messages, référence, etc. Ou suivent divers ateliers dispensés par des organismes partenaires traitant de budget, dépression, nutrition, estime de soi, dépendances.

Ainsi ses membres réapprivoisent-ils la vie. Sortent de leur solitude. Trouvent un lieu où ouvrir leurs ailes. Redécouvrent le plaisir d’échanger. De rire. De revivre, quoi!

Voilà des premiers pas dans la bonne direction posés par la collectivité soreloise pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion. Un défi porté par quelques-uns, mais qui se pose à toute la société.

Un défi qui exige solidarité et engagement des collectivités régionales pour le relever dignement. D’où l’importance de favoriser des interventions comme celle de la Porte du Passant. Surtout de lui apporter tout le soutien possible – financier, pouvoir d’influence, bénévolat, mise en valeur, etc. La solidarité et l’équité l’exigent.

Il appartient surtout aux municipalités, aux groupes communautaires, organismes et organisations soucieux de la vitalité régionale de reconnaitre ces réalités et d’examiner les pistes menant à une amélioration des conditions de vie de leur milieu.

Car seuls ces acteurs locaux connaissent souvent fort bien les problèmes que vit leur monde. Ce sont eux qui sont aussi capables – quand ils le veulent – de mobiliser des ressources pour agir et tenter de les corriger. Voire même de réclamer et bénéficier de programmes publics pouvant améliorer la qualité et le niveau de vie de leurs citoyens et en assurer des retombées multiples. Il urge qu’ils le fassent maintenant.

Mais la région ne peut seule mener cette lutte. L’État a aussi un rôle essentiel à jouer dans l’amélioration des conditions de vie des régions. Il doit se soucier constamment de leur procurer argent et ressources suffisantes pour qu’elles accèdent à un développement équitable et durable.

Bien sûr, cela ne se fera pas du jour au lendemain. Ce pourquoi les gouvernements supérieurs et les députés doivent s’y engager à plus long terme que quatre ans, le temps d’un mandat. Et s’il faut réclamer une loi pour y arriver, réclamons-la!

Car cette lutte doit toujours demeurer prioritaire. Hélas, trop souvent, les partis politiques, pour gagner le cœur des électeurs, ont cru bon prioriser la baisse des impôts et couper dans les programmes ou services!

Déjà La Porte du Passant a bien amorcé, avec les moyens du bord, sa lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Mais elle ne parviendra pas, à elle seule, à la gagner. Il faut rassembler. Combiner l’économie publique et privée. Imaginer et travailler à un développement régional susceptible d’augmenter la richesse commune de nos collectivités locales.

Des préoccupations régionales que les députés doivent enfin porter dans les instances supérieures des partis et parlements auxquelles ils appartiennent. Pour corriger le présent et mieux préparer l’avenir des leurs!

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