30 octobre 2018
La Porte du Passant devient un centre de jour
Par: Sarah-Eve Charland

La directrice générale de La Porte du Passant Marie-Josée Averill et l'intervenante Alexandrine Boisvert ont remarqué de grands changements depuis le déménagement en mai 2017. (Photo : Sarah-Eve Charland)

La Porte du Passant signifie beaucoup plus pour ses usagers depuis que l’organisme est passé d’une cafétéria communautaire à un centre de jour. Même si plusieurs changements étaient apportés depuis quelques années, ils sont ancrés davantage depuis le déménagement sur la rue Phipps.

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« Sur le point de la dignité, on a un local qui accueille mieux les gens. C’est plus joli. Les gens sont moins gênés de demander de l’aide. On s’est approché du centre-ville. Certaines personnes peuvent venir nous voir tous les jours alors qu’ils ne pouvaient pas avant sur la rue Prince », souligne la directrice générale, Marie-Josée Averill.

« À l’autre place, les gens, des fois, en descendant les marches, dans le local peu éclairé avec des néons qui ne fonctionnaient pas, se disaient : est-ce que je suis vraiment rendu là? », mentionne l’intervenante Alexandrine Boisvert.

En 2017-2018, l’organisme comptait 437 membres. Depuis le déménagement, les membres peuvent passer des journées entières au centre de jour, suivre des ateliers ou utiliser les différents services.

L’organisme a installé une douche dans l’une de ses salles de bain. L’organisme offre également un service d’accueil afin de permettre aux usagers de soumettre un numéro de référence que ce soit pour des raisons médicales ou familiales.

« On prend leur message et on fait le suivi avec le membre. Tout est pensé dans le but d’outiller les membres et non pour qu’ils deviennent dépendants de nous. On les accompagne dans leurs besoins », ajoute Mme Averill.

En collaboration avec le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est, la Maison la Margelle et la maison des jeunes de Sorel, des ateliers sur le budget, notamment, la dépression, la nutrition, l’estime de soi et les dépendances sont offerts à La Porte du Passant durant le jour.

Sortir de l’isolement

Rencontré sur l’heure du diner, un des membres raconte avoir perdu son emploi du jour au lendemain au même moment où il se séparait de sa conjointe. Une de ses amies lui a conseillé d’aller faire un tour à La Porte du Passant il y a près de deux ans. « Depuis, je n’ai pas lâché l’organisme. Ça m’a fait du bien. Je ris avec les gens. Ils m’ont pris sous leur aile. Il faut que je vienne ici quotidiennement. C’est comme une drogue », assure-t-il.

Un autre homme a connu l’organisme par le biais du CLSC. Après avoir connu l’itinérance pendant 20 ans, il a choisi de se prendre en main. La Porte du Passant collabore au projet Ensemble pour trouver un toit dans le cadre de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance. Quelques jours après avoir demandé de l’aide, on lui a trouvé un appartement transitoire.

« On pense qu’il suffit de demander son chèque de bien-être social, mais ça ne fonctionne pas comme ça. Ça prend de l’aide pour réintégrer la société. Ça va bien. Je me sens moins isolé. Les prochaines semaines, ça va bien aller. J’ai une adresse, c’est le point de départ », dit-il.

Une centaine de personnes utilisent quotidiennement les services de la cafétéria communautaire.

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