26 septembre 2019
L’UPA Richelieu-Yamaska réclame la bonification de plusieurs programmes
Par: Katy Desrosiers

L'UPA Richelieu-Yamaska souhaite que le gouvernement fédéral bonifie plusieurs programmes pour compenser les pertes des agriculteurs avec les accords internationaux passés récemment. Photo Freepik

En vue des prochaines élections fédérales, l’Union des producteurs agricoles (UPA) Richelieu-Yamaska a ciblé les enjeux importants qui touchent les agriculteurs d’ici. Parmi ceux-ci, on compte la sécurité du revenu, l’agroenvironnement, aide aux travailleurs étrangers, les relations commerciales et les régimes fiscaux.

Le président du syndicat de l’UPA Richelieu-Yamaska, Sylvain Joyal, souligne que depuis une dizaine d’années, la production agricole au Québec et au Canada est en bonne santé. « Les producteurs ont pu se renflouer, mais pendant ce temps, les gouvernements en ont profité pour diminuer les budgets alloués pour les programmes de sécurité de revenu. Le Canada les a baissés de 63 % dans les dix dernières années, comparativement aux autres pays où ç’a moins diminué », explique-t-il.

Gestion des risques et sécurité de revenu

« Quand le revenu baissait en bas de 85 % pour les cinq dernières années, on avait des programmes dans lesquels le gouvernement aidait. Maintenant, le seuil a baissé à 70 % avec un plafonnement », souligne-t-il. Il souhaite que le programme original soit rétabli.

Le programme Agri-investissement permet aux agriculteurs d’investir une partie de leur revenu dans un fonds, où le gouvernement contribue également. L’argent peut être ressorti à tout moment. M. Joyal souhaite que ce programme soit bonifié afin de permettre aux agriculteurs d’investir une plus grande partie de leurs revenus afin de se sécuriser pour les mauvaises années.

Il note aussi le conflit avec la Chine, qui a fait chuter les prix dans le soya et le porc. Selon lui, avec les programmes en place auparavant, les agriculteurs n’auraient pas eu besoin de demander une aide spécifique.

Agroenvironnement

L’UPA souhaite davantage de soutien pour les agriculteurs qui cèdent des parties de terres pour favoriser l’aménagement de bandes riveraines. Il note aussi la diminution des distances séparatrices pour étendre le fumier. « Ça fait une diminution de rendement et ils payent quand même des taxes sur ces terres-là », ajoute M. Joyal.

Aussi, il demande des budgets prévisibles pour la recherche et le développement, puisqu’actuellement, ceux-ci fluctuent et il est difficile pour un chercheur de terminer un projet entamé.

Travailleurs étrangers

« Il faut permettre de transférer facilement d’employeurs en cours de saison. […] On paie le travailleur, on en a besoin un mois. […] Il faut alléger les contraintes administratives pour les travailleurs de longue date », avoue Sylvain Joyal.

Aussi, il souhaite que le gouvernement offre aux employeurs agricoles de partager le temps de travail d’un travailleur étranger, ou de le faire au sein d’une coopérative d’utilisation de main-d’œuvre agricole. Ainsi, un travailleur habitué de faire de la traite, au sein d’une coopérative, pourrait se rendre chez un producteur laitier et le remplacer quelques semaines pour lui permettre de prendre des vacances.

Relations commerciales

Sylvain Joyal souligne qu’avec les différents accords conclus récemment comme celui entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, la gestion de risque a été attaquée. « Il y a un programme de compensation de 1,75 milliard de dollars sur huit ans qui a été annoncé, on veut qu’il soit respecté », souligne-t-il.

Parmi les autres demandes, on note de vérifier les règles d’étiquetage des produits importés, d’allouer à l’agence canadienne d’inspection des aliments les ressources pour vérifier les produits qui entrent et d’exclure les produits sous gestion de l’offre de toute autre entente commerciale à venir.

Régime fiscal

« On veut qu’il y ait les mêmes avantages de vendre une ferme à un enfant que de vendre à une personne non liée. […] Si je vends à mon fils, j’ai des gains en capital non imposables, mais à un neveu ou une nièce, non. On veut que ce soit élargi », précise le président.

Il souhaite également que le gouvernement établisse un crédit d’impôt à l’investissement remboursable et non imposable pour les entreprises agricoles aux revenus en bas de 50 000 $, pour l’achat de machinerie, qui équivaudrait à 30 % du coût d’acquisition.

 

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