28 août 2018
L’affaire de tous!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Saint-Joseph-de-Sorel n’est plus au premier rang des villes à l’air malsain du Québec, comme c’était le cas en 2013. Elle se classait, l’an dernier 9e sur 17, a mesuré le ministère de l’Environnement, avec 12 jours d’air de mauvaise qualité. En 2013, elle en avait enregistré 110! Un grand pas dans la bonne direction.

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Voilà une situation qui dérangeait ses élus. Ils abhorraient la mauvaise image que cela donnait à leur ville. Certains le prenaient d’autant « personnel » qu’ils s’insurgeaient chaque année quand le journal publiait ce palmarès. Selon eux, le journaliste insultait ainsi leurs citoyens déjà souvent moins favorisés par la vie. Et renforçait des stéréotypes dont ils pouvaient être les victimes.

Il fut même un temps où, confondant le messager avec celui qui émettait la nouvelle, la Ville refusait de publier ses vœux annuels dans notre journal, pour le punir des nouvelles publiées! Pourtant, commentant chaque année les résultats de ces mesures, prudent, le maire Olivar Gravel voulait sauver la chèvre et le chou. Il ne voulait surtout pas « insulter » Rio Tinto Fer et Titane (RTFT), identifié comme un pollueur, mais aussi son plus important contribuable – qui défraie à peu près la moitié de l’assiette fiscale. Tout en assurant ses concitoyens que la situation ne pouvait que s’améliorer. Un comité ville-entreprise y travaillait.

De fait, RTFT a fait d’imposants efforts pour atténuer ses rejets polluants. Elle a investi plus de 80 millions de dollars. Elle a aussi entretenu un rapport de proximité avec ses voisins, par ligne téléphonique. Et procédé au nettoyage extérieur des maisons et des véhicules, quand trop de poussière les atteignait.

Tout est amorcé. Même si la qualité de l’air n’est pas encore idéale, elle s’est largement améliorée. Cependant, vu de l’extérieur et sans mesure systématique, les témoins de ses activités continuent de croire qu’il reste encore des efforts à consentir. Ses torchères crachent le feu périodiquement et on ne peut dire exactement de quoi sont composés des nuages flottant à l’occasion au-dessus de ses installations de la route Marie-Victorin. L’entreprise attribue les améliorations aux installations d’équipements nouveaux. Mais elle ne dit pas si elle a maintenu un niveau comparable de production à celui des années où la pollution était plus importante. Ce qui permettrait d’évaluer encore mieux les efforts consentis et l’efficacité de ses nouveaux systèmes de récupération des gaz et des poussières.

Autre source de pollution de l’air : celles des poussières des Élévateurs à grains qui ne sont pas comptabilisées dans la qualité de l’air sorelois. Et ce, même si elles affectent la santé de certains et exigent plus d’entretien de bâtiments et d’objets sur lesquelles elles se déposent.

C’est donc avec impatience que ses voisins, comme tous les gens qui fréquentent le centre-ville, attendent les résultats des efforts que Richardson International dit amorcer pour en diminuer l’impact. Un comité de citoyens assurera le suivi de ce dossier, se réjouit le maire Serge Péloquin.

L’opération est d’autant vitale que la Ville s’apprête à recevoir, sur le quai Richelieu, le Centre des arts contemporains du Québec, et que Statera a ouvert ses portes sur le quai de la traverse. Il va de soi qu’on ne peut prétendre accueillir visiteurs et travailleurs au centre-ville, leur servir des repas sur des terrasses, sans s’assurer qu’ils y respireront un air sain!

Enfin, la circulation des véhicules affecte aussi la qualité de l’air. Leurs usagers doivent absolument faire leur part. Ne pas rouler inutilement. Couper le moteur quand ils stationnent leur véhicule, ne serait-ce que quelques minutes. Oui, la qualité de l’air, c’est l’affaire de tous!

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