23 janvier 2019
Maraudage des Métallos
La CSN représentera les employés de Rio Tinto Fer et Titane
Par: Jean-Philippe Morin

Les Métallos, qui avaient fait une campagne de maraudage en novembre dernier, ont retiré leur plainte au Tribunal administratif du travail, confirmant la victoire de la CSN. Photo gracieuseté

Le Syndicat des Ouvriers du Fer et du Titane – CSN continuera de représenter les employés de Rio Tinto Fer et Titane en vue de la négociation de la prochaine convention collective prévue au printemps prochain. Les Métallos, qui effectuaient du maraudage depuis quelques mois, se sont désistés d’une requête devant le Tribunal administratif du travail au cours des derniers jours.

« Nous sommes fiers de faire partie de la CSN depuis plus de 50 ans. Le sentiment d’appartenance de nos membres l’a emporté. […] La priorité, c’est la négociation. Notre équipe est prête », a commenté le président par intérim du Syndicat, Alexandre Poirier, dans un communiqué de presse.

En entrevue, il se dit heureux d’avoir reçu un appui fort de la majorité des membres, sans en dévoiler le nombre exact. « Si on avait gagné à 51 % contre 49 % en maraudage, on n’aurait pas eu un poids important. Toutefois, on a eu la confirmation qu’on a passé avec une forte majorité », explique-t-il.

M. Poirier en a profité pour tendre la main aux partisans des Métallos afin qu’ils se rallient avant le début de la prochaine négociation. La convention collective sera échue le 30 avril prochain.

« La crise est passée, on va de l’avant. On a passé le message que même avec cette séance de maraudage, on va être prêt pour la négociation. On se prépare, on amasse les demandes de nos membres. Je l’ai répété souvent, mais pour gagner le maraudage, ça prenait 50 % + 1. Pour la négo, ça va prendre 100 % de nos membres », conclut M. Poirier.

Déception chez les Métallos

La période de maraudage a eu lieu tout le mois de novembre. L’adjoint au directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux, s’est dit déçu de ne pas avoir récolté la majorité des appuis. Les Métallos avaient toutefois déposé une plainte au Tribunal administratif du travail. L’audience devant le juge était prévue le 21 janvier afin de trancher sur qui allait représenter les travailleurs.

« On a plaidé l’ingérence de l’employeur puisqu’on a eu vent que ça se passait à l’intérieur par des gens qui supportaient les Métallos chez Rio Tinto Fer et Titane. Toutefois, après une rencontre entre eux et nos avocats, on a pris la meilleure décision, soit de ne pas aller de l’avant avec notre plainte », explique M. Lemieux, qui réitère que cette campagne n’allait pas à l’encontre de la CSN.

« On n’a pas fait campagne contre la CSN. On l’a fait parce qu’il y avait une demande forte de changement au sein des travailleurs », conclut M. Lemieux.

Cette campagne n’a pas été sans conséquence pour le Syndicat du Fer et du Titane, qui a subi deux démissions dans son exécutif en cours de processus, dont son président. Environ 900 travailleurs seront représentés par la CSN lors du prochain renouvellement de la convention collective chez Rio Tinto Fer et Titane.

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