11 décembre 2018
Campagne de recrutement chez Rio Tinto Fer et Titane
Un juge tranchera entre les Métallos et la CSN en 2019
Par: Julie Lambert

Un juge décidera entre deux syndicats pour représenter les employés de Rio Tinto Fer et Titane après une campagne de recrutement qui s'est déroulée en novembre dernier. (Photo : Archives)

Un juge tranchera en janvier prochain sur le syndicat qui représentera les employés de Rio Tinto Fer et Titane. Après des conflits sur la place publique découlant de la campagne de recrutement des Métallos, le syndicat des Ouvriers du Fer et Titane – CSN pourrait perdre ses membres.

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Le syndicat des Métallos a lancé une campagne de recrutement auprès des travailleurs de l’usine de Rio Tinto Fer et Titane de Sorel-Tracy, qui s’est terminée le 30 novembre, afin de répondre à la demande de certains syndiqués. Cette campagne a créé des tensions avec son syndicat actuel qui a subi deux démissions et un vote de confiance dans les semaines qui ont suivi.

L’adjoint au directeur du Syndicat des Métallos et résident de Contrecœur, Dominic Lemieux, a confirmé au journal Les 2 Rives qu’une requête a été déposée au Tribunal administratif du travail. Cette étape est le dénouement de toute cette campagne qui s’est faite dans les règles, assure-t-il.

« On a fait signer beaucoup de cartes d’adhésion. Plus ça allait et mieux ça allait. On a aussi fait une rencontre d’information le 26 novembre où nous avons reçu beaucoup de monde. Nous avions fait venir des présidents de syndicat d’un peu partout au Québec. Les dernières semaines nous ont confirmé l’intérêt des gens afin que nous les représentions. L’enjeu d’être un syndicat international a été souvent évoqué par les employés. Certains croient que nous sommes capables d’offrir mieux aux employés avec notre expertise », souligne-t-il.

La date d’audience devant le tribunal a été fixée au 29 janvier 2019. Lors de cette étape, le juge tranchera pour décider lequel des deux syndicats représentera les employés de l’entreprise dans les prochaines années et lors du renouvellement de la prochaine convention collective, qui sera échue le 30 avril prochain.

« Nous n’aurions pas poursuivi nos démarches si nous avions senti que c’était un coup d’épée dans l’eau. Ce n’était en rien une attaque à la CSN, mais un processus démocratique comme le sont les élections. On voit cette prochaine étape comme le dénouement de ce dossier et c’est le tribunal qui tranchera en fonction des dossiers que chacun des syndicats présentera. Ils vont faire une enquête et avec la liste d’employés, ils vont voir pour lequel syndicat penche la majorité des employés », explique Dominic Lemieux.

Cette campagne avait été très mal prise par le Syndicat des Ouvriers du Fer et du Titane – CSN. Ce dernier n’a pas retourné les appels du journal Les 2 Rives au moment de mettre sous presse le 10 décembre.

Après un appui de 400 membres présents le 14 novembre lors d’une rencontre, son nouveau président, Alexandre Poirier, avait affirmé dans nos pages que des solutions avaient été trouvées aux problèmes et que la situation s’améliorerait au cours des prochains mois.

« Nous avions des problèmes avec le fonctionnement et les communications. Il était difficile de rejoindre nos 900 travailleurs. Après des discussions avec nos membres qui ont voté à 95% pour soutenir notre syndicat, on a décidé de mettre en place un comité spécial. Nous aurons un représentant par secteur. Ils nous reviendront avec les problèmes parce que peut-être que l’exécutif était trop proche du problème. On fonde beaucoup d’espoir sur ce comité pour nous aider à passer cette crise. Notre but ultime est d’avoir de bonnes bases lors des négociations pour obtenir une bonne convention collective », avait-il mentionné.

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