11 février 2020
En quête de vérité
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Depuis 10 mois, le torchon brûle entre le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, et la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME), Louise Potvin.

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Dix mois au cours desquels M. Péloquin – à l’affût de toutes les décisions du CISSSME et leur impact possible sur les services dispensés localement – publie sur sa page Facebook ses observations et craintes plausibles à cet effet.

Visiblement, le maire nourrit ses propos des témoignages de citoyens et de divers personnels de l’institution qu’il décode. Il ne lâchera pas le morceau tant qu’il ne recevra pas de réponses pertinentes à ses demandes. Des éléments qui prouveraient hors de tout doute raisonnable qu’il fait fausse route en sonnant l’alarme. En réclamant toujours plus et mieux.

C’est dans sa nature quand il tient à quelque chose, qu’elle soit pleinement défendable ou pas. Qu’elle plaise au grand nombre ou pas. Rappelons-nous Statera!

Oui, ses interventions alertent, peuvent inquiéter. Il parle de « plan caché ». Mais ses dires plaisent aussi à ses concitoyens qui cherchent à savoir quels soins ils peuvent recevoir en cas de besoin, à quelques kilomètres de chez eux, dans la ville-centre. Ils l’incitent à poursuivre, applaudissant ses interventions.

De fait, peu de personnes doutent de la qualité de la grande majorité des soins dispensés ici. Mais c’est leur accès difficile qu’ils déplorent, les délais avant d’avoir un rendez-vous médical, le temps d’attente avant une consultation à l’urgence, le manque de médecins de famille et de travailleurs en santé, les équipements déficients. C’est aussi la divergence des chiffres donnés par Mme Potvin avec les analyses du maire qui interpellent.

Car les efforts de Louise Potvin pour prouver qu’il a tort ne portent guère. Annoncer qu’on a dépensé des millions pour diminuer le déficit d’entretien des bâtiments ou qu’on a ajouté certains équipements ne permet à personne de croire que les soins sont ou seront encore dispensés ici longtemps. On en a vu d’autres, en industrie et dans les services. Entretenir un bâtiment n’empêche pas de fermer et de réinstaller ses équipements ailleurs. C’est ce que craignent les gens.

Si les rapports élus-gestionnaires du CISSSME prennent la tournure actuelle, c’est qu’il a fallu en mai dernier mener une campagne publique fort revendicatrice pour s’assurer qu’un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM) soit installé ici plutôt qu’à Saint-Hyacinthe comme prévu à la suite d’une décision administrative. Cela a permis de réaliser que si on n’avait rien dit, le service aurait été implanté ailleurs où les Sorelois auraient dû aller pour en bénéficier.

La leçon a porté fruit. Le maire Péloquin a la mémoire longue. Il faudra lui fournir plusieurs preuves avant qu’il ne soupçonne plus le CISSSME d’avoir un plan caché pour appauvrir les services dispensés ici. Certains pourront penser qu’il paranoïe ou exagère. Qu’il est en quête d’appuis élargis de la population à son égard, comme s’il travaillait à sa prochaine réélection. D’autres au contraire pourront estimer qu’il s’occupe là du bien-être des siens, même si ce domaine ne relève pas de sa compétence. Tout est question d’interprétation.

Mais il est essentiel que ses collègues de la MRC l’accompagnent s’ils le jugent à propos et remettent sur pied, n’en déplaise au député caquiste Émond, le comité de liaison en santé créé par l’ex-député Rochon en 2017 pour mieux défendre les enjeux locaux de santé. Comme on attend toujours la rencontre avec la ministre McCann promise aussi en mai dernier.

Chose certaine, ce n’est pas une bonne idée pour le moment, d’inviter Serge Péloquin et Louise Potvin au même party. À moins que chacun ne change ses façons de communiquer!

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