29 mai 2018
Campagne électorale provinciale
Des propositions des partis politiques bien accueillies dans le milieu
Par: Julie Lambert

La Malgache Marijoro Rekany est contente d'avoir quitté Montréal pour la région de Sorel-Tracy. (Photo : Pascal Cournoyer)

Organismes et immigrants de la région applaudissent les propositions des différents partis politiques dévoilées la semaine dernière en matière d’immigration. Ils saluent surtout les trois conditions préconisées pour une meilleure intégration, soit le français, les valeurs québécoises et l’emploi.

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La conseillère en emploi du programme Accès-Région de l’Orienthèque, Mélanie Hébert, souligne qu’à travers les années, peu importe les partis politiques au pouvoir, elle a pu constater leur désir d’intégrer les personnes immigrantes.

Selon elle, le sujet est encore chaud aujourd’hui. Elle ne voit pas négativement les différentes propositions (voir tableau) actuellement mises en avant par le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral (PLQ). Il reste à savoir comment les différentes propositions seront appliquées après l’élection.

« Il y a sept ans, quand le programme Accès-Région a commencé, il y avait déjà une volonté de régionaliser l’immigration et il y a beaucoup d’organismes dans différentes régions qui travaillent fort là-dessus. La pénurie d’emploi se fait encore plus sentir. Les entreprises manifestent de plus en plus des besoins. Elles voudraient se développer plus rapidement, mais c’est en raison du manque de main-d’œuvre qu’elles sont freinées. C’est pourquoi il y a un arrimage qui est de plus en plus fait vers les régions », pense-t-elle.

Selon elle, le principal défi des personnes immigrantes est la langue française, même si plusieurs d’entre eux la parlent déjà. « Il y a des différences entre le français appris à l’étranger et celui d’ici avec les accents et nos termes spécifiques au Québec. Cela reste donc un défi au début, tout comme la reconnaissance de leurs compétences. Parfois, ils doivent travailler dans un domaine qui ne leur est pas familier le temps que leurs cours soient reconnus », mentionne Mélanie Hébert.

Élargir ses possibilités

Arrivée du Madagascar en 2012, Marijoro Rekany est restée pendant cinq ans à Montréal avant de décider de partir s’installer dans une région. La tranquillité du coin, les paysages, les services moins dispendieux et une opportunité de travail lui ont fait choisir Sorel-Tracy pour construire sa vie avec ses trois enfants.

Elle voit d’un bon œil les promesses électorales des différents partis politiques cinq mois avant les élections provinciales. Selon elle, plusieurs des immigrants se tirent dans le pied en choisissant de rester près de leur communauté.

« Quand on arrive, on cherche ce qui nous ressemble, mais cela amène un problème parce qu’on reste dans ce qu’on connait déjà. Plusieurs immigrants font comme s’ils étaient encore là-bas, ils suivent plus les nouvelles de leur ancien pays que celles d’ici. C’est un handicap, parce que cela limite notre intégration », avoue-t-elle.

La langue reste un défi, mais une nécessité pour s’intégrer. Elle l’a elle-même apprise grâce à ses enfants qui se sont bien adaptés à leur nouvelle vie.

« On aime être ici, mes enfants aiment le rythme de vie », se réjouit la nouvelle arrivante.

Propositions des différents partis politiques

Coalition avenir Québec :

– La CAQ veut que les nouveaux immigrants passe un test des valeurs québécoises, un test de français et demande au candidat à l’immigration d’occuper un emploi ou fasse des démarches en ce sens avant qu’on lui remette son certificat de sélection du Québec.

Parti libéral :

– Le PLQ compte soutenir davantage les efforts de recrutement à l’étranger des PME tout en réduisant de 32 à 6 mois le délai pour la remise d’un certificat de sélection du Québec. Il promet aussi de mettre en place un système de « déclaration d’intérêt » pour la sélection des personnes immigrantes, soit des candidates et candidats qui présentent un profil recherché sur le marché du travail, qui ont une bonne connaissance du français et un grand potentiel d’intégration.

Parti québécois :

– Le PQ veut qu’un candidat à l’immigration sur quatre s’installe en région. S’il est élu, il donnerait plus de points, dans la grille de sélection, aux candidats qui s’engagent à s’installer en région. Il souhaite également étendre au Bas-Saint-Laurent, à la Gaspésie et à la Côte-Nord le programme «Un emploi en sol québécois», qui incite les immigrants installés dans la métropole à combler des emplois vacants en région.

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