29 mai 2018
MRC de Pierre-De Saurel
Les immigrants sont de plus en nombreux à s’installer dans la région
Par: Julie Lambert

Des ateliers en tout genre sont offerts aux personnes immigrantes par l'Orienthèque qui en accueillent de plus en plus dans son service. (Photo : Gracieuseté)

Si la majorité de la population de la MRC de Pierre-De Saurel demeure composée de Québécois pure laine, on y voit de plus en plus apparaître différentes communautés. Les principaux organismes aidant les immigrants à s’installer et à trouver du travail dans la région remarquent une hausse de leur nombre dans les dernières années.

À lire aussi: Des propositions de partis politiques en matière d’immigration bien accueillies

La responsable du service Accès-région de l’Orienthèque, Mélanie Hébert, mentionne que même si on voit de plus en plus une diversité dans la région, elle n’est pas aussi présente qu’à Montréal ou dans des grandes villes comme Drummondville et Granby, qui reçoivent déjà des réfugiés.

« L’adaptation doit se faire des deux côtés. La personne immigrante fait preuve de beaucoup d’adaptation à la nouvelle culture, mais le milieu doit aussi s’ajuster et s’ouvrir de plus en plus à ces personnes-là qui arrivent de différents horizons. C’est pour ça que nous essayons de favoriser la rencontre entre les deux parce que c’est gagnant pour les deux parties de se rencontrer », est-elle certaine.

Selon les données de l’organisme pour l’année 2016-2017, le service Accès-Région a desservi 98 personnes immigrantes.

L’agent de migration du Carrefour jeunesse-emploi (CJE) Pierre-De Saurel, Julien Maher, a lui aussi aidé des personnes immigrantes à s’installer dans la région. Deux personnes sur trois soutenues par le programme Place aux jeunes sont un immigrant. « Nous ne sommes toutefois pas un service spécialisé dans l’immigration. Notre principale mission est d’aider des personnes d’autres régions à venir s’installer sur le territoire de la MRC de Pierre-De Saurel, qu’elles soient immigrantes ou non », explique-t-il.

Les pays francophones fortement présents

Les principaux pays d’origine des immigrants demandant l’aide de l’Orienthèque au cours de la dernière année ont été l’Algérie, la Tunisie, le Sénégal, le Cameroun, la France, le Madagascar et Haïti, explique la conseillère en emploi. Les données ressemblent à celles obtenues par le journal Les 2 Rives auprès du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (voir tableau).

« La région est dans la même lignée que le reste du Québec. On a beaucoup d’Européens, des gens qui parlent français puisque leur intégration est d’une plus grande facilité pour eux. On retrouve aussi ceux qui ont le français comme langue seconde. On a après cela des gens qui arrivent de l’Amérique latine et d’un peu partout. Nous recevons beaucoup de travailleurs qualifiés ou bien des groupes familiaux », décrit Mélanie Hébert.

Son programme Accès-Région leur offre des visites exploratoires, de l’accueil personnalisé, du soutien pour l’établissement, des activités de réseautage informatives, culturelles et familiales ainsi qu’un service d’aide en recherche d’emploi.

Place aux jeunes du CJE propose aussi des services semblables dont un séjour exploratoire qui consiste en une immersion de trois jours pendant lequel les gens rencontrent des employeurs, font une visite guidée de la région et participent à des activités. L’emploi demeure l’élément le plus important pour les inciter à s’installer dans la région, assurent les deux organismes.

« Cela reste un gros facteur clé. Il y a beaucoup de gens intéressés à s’installer, mais après ils attendent de trouver un emploi parce que c’est sur que cela amène des coûts. Quand on leur parle des opportunités et qu’ils font des visites, ils sont intéressés à la région. Ils disent qu’ils veulent venir, il suffit maintenant qu’on leur trouve l’emploi ou dans certains cas un programme d’études », souligne-t-elle.

Le taux de chômage des personnes immigrantes est plus élevé que ceux qui sont nés au Québec. En plus de ce défi, ils ont celui de la langue et de la reconnaissance de leurs formations, souligne-t-elle.

« On les a aidés à repérer le logement. On fait le tour de la région, on leur montre les différentes activités à faire. Il n’y a pas juste l’emploi, mais aussi le milieu de vie qui est primordial. Une personne qui n’aime pas la campagne n’ira pas s’installer là. S’il y a au contraire plein d’activités qu’il aime, il voudra venir ici. Notre but, c’est de leur montrer qu’ils peuvent avoir une belle qualité de vie ici », conclut Julien Maher.

Personnes immigrantes installées dans la MRC de Pierre-De Saurel de 2008 à 2017

Pays de naissance       Total 2008-2017

France                         59 (20,7%)

Cuba                           19 (6,7%)

Maroc                         16 (6,7%)

Mexique                     14 (4,9%)

Chine                          12 (4,2%)

Philippines                 12 (4,2%)

Belgique                    12 (4,2%)

Iran                            11 (3,9%)

Haïti                          11 (3,9%)

Cameroun                  9 (3,2%)

Algérie                      9 (3,2%)

Côte d’Ivoire             8 (2,8%)

États-Unis                 7 (2,5%)

Égypte                       6 (2,1%)

Thaïlande                  6 (2,1%)

Royaume-Uni           5 (1,8%)

Tunisie                     5 (1,8%)

Djibouti                   5 (1,8%)

Autres pays             59 (20,7%)

Total                       285 (100%)

Source : Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion

image