12 février 2021
Une popularité grandissante pour Les Jardins Picoudi
Par: Katy Desrosiers

Luc Tellier est fier de la progression de son entreprise Les Jardins Picoudi, qui produit des micropousses depuis une dizaine d’années. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Dans les dernières années, l’entreprise de micropousses Les Jardins Picoudi, située à Saint-Robert, a vu ses ventes bondir. Le propriétaire Luc Tellier, qui ne croyait pas que les choses évolueraient à ce rythme, est fier de la progression de son bébé.

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Après avoir déménagé plusieurs fois, l’entreprise occupe maintenant un grand bâtiment sur le chemin Saint-Robert. En 2012, elle a obtenu sa certification biologique, ce qui lui a permis de desservir une clientèle particulière dans les boutiques d’aliments naturels et de bien se positionner dans le rayon des fruits et légumes des supermarchés.

Luc Tellier a aussi mis sur pied Distribution Picoudi, qui distribue ses micropousses, les produits de la Fromagerie Polyethnique Le Bédouin à Saint-Robert et ceux de l’entreprise Élevages Buffalo Maciocia à Saint-Charles-sur-Richelieu, qui produit entre autres une mozzarella de bufflonne.

Bien que les premiers clients pour les micropousses aient été les restaurateurs, le commerce au détail constitue dorénavant la plus grande part des ventes de l’entreprise. Aussi, malgré la COVID, les ventes n’ont pas chuté.

« J’ai des clients de longue date, des fruiteries ou des boutiques d’aliments naturels, ils augmentent leurs ventes. Les gens connaissent ça de plus en plus », explique M. Tellier.

En décembre, le producteur a même participé à une campagne publicitaire filmée pour la chaîne d’alimentation Rachelle-Béry, une branche de Sobeys. Dans celle-ci, la chaîne remercie des producteurs pour leurs produits.

Sobeys est un client de l’entrepreneur. « On a de la misère à fournir depuis plusieurs mois. Ils passent une commande et à la dernière minute, ils l’augmentent. On prévoit nos semis en fonction de ce qui est commandé, mais souvent, on en manque. C’est un beau problème », ricane-t-il.

L’entreprise produit 10 variétés de micropousses en plus de trois mélanges, pour un total de 13 produits sur les tablettes. Le producteur sème deux fois par semaine et récolte quatre jours par semaine. Il faut entre 7 et 15 jours entre le dépôt de la graine sur la terre et la récolte. Ce court délai permet de s’ajuster facilement selon les nouveaux clients et la demande.

Avec l’entreprise de distribution, M. Tellier s’assure de la fraîcheur des produits. Les micropousses sont livrées le lendemain de la récolte.

Les micropousses : un hasard

En 2007, lorsqu’il a lancé Les Jardins Picoudi, Luc Tellier produisait des légumes et des fines herbes en champs. Comme la culture se faisait seulement l’été et qu’il était soumis aux aléas de la température, il a rapidement exploré d’autres options. Dès l’hiver 2008, il a commencé à expérimenter la culture des micropousses.

« C’est une demande d’Éric Champigny. À ce moment-là, il était chef au Fougasse. Il m’avait parlé de ça et moi, je ne savais même pas c’était quoi des micropousses! Il m’a expliqué, j’ai regardé sur Internet et la semaine après, je lui amenais mon catalogue pour qu’on regarde des variétés. C’est comme ça que j’ai commencé à faire des tests. Le Fougasse est parmi mes clients depuis le début », raconte-t-il.

Peu de temps après, il a commencé à en faire aussi pour la boutique de produits naturels Vogel – Chrysanthème. Ensuite, les choses ont déboulé et des clients se sont ajoutés un peu partout.

La relève

L’entrepreneur souhaite agrandir son équipe d’une quinzaine de personnes pour avoir davantage d’employés au niveau de la production. Il songe, à moyen terme, à agrandir son bâtiment.

« Je savais que c’était pour prendre de l’expansion, mais quand on a aménagé ici en 2018, le bâtiment paraissait bien grand et écho. Finalement, on se rend compte que bientôt, on va commencer à être à l’étroit », mentionne Luc Tellier.

Plus tard, il aimerait transmettre son entreprise à ses enfants, âgés aujourd’hui de 5 ans, 4 ans et 11 mois. Bien que celui de 4 ans démontre un intérêt pour les fermes, M. Tellier et sa conjointe souhaitent que leurs enfants fassent ce qu’ils aiment dans la vie. Malgré tout, il avoue que de pouvoir travailler avec eux serait enrichissant.

« Je n’ai pas eu cette chance-là. Quand j’ai démarré mon entreprise sur la terre à mon père, même s’il n’avait pas vécu de l’agriculture, il est venu travailler avec moi. C’est un peu une relève inversée. Il est bien content parce que mon grand-père vivait de l’agriculture », conclut-il.

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