5 novembre 2018
Une homosexualité réprimée le pousse à consulter de la pornographie juvénile
Par: Sarah-Eve Charland

Un homme de Saint-Joseph-de-Sorel fait face à plusieurs chefs d'accusation liés à de la pornographie juvénile. (Photo : Archives)

Stéphane Houde, de Saint-Joseph-de-Sorel, a développé des problèmes névrotiques en raison d’une orientation homosexuelle réprimée, selon le psychiatre entendu durant son procès. C’est notamment l’une des raisons qui l’auraient poussé à consulter de la pornographie juvénile et à reproduire des dessins explicites.

Le psychiatre Edouard Beltrami a été le dernier témoin présenté lors du procès de l’homme de 57 ans les 1er et 2 novembre au palais de justice de Sorel-Tracy. Le procès a commencé à l’automne 2017, mais a été interrompu par le dépôt de requêtes au cours de la dernière année. Les avocats de la Couronne et de la défense déposeront leurs plaidoiries par écrit au cours des prochaines semaines.

« L’accusé ne présente pas de pathologie. Le seul problème est son retrait avec la société. Il a des problèmes névrotiques liés à une orientation sexuelle réprimée », a affirmé le Dr Beltrami.

Les policiers ont trouvé, selon ce qui a été présenté en Cour, 234 fichiers d’images pornographiques mettant en scène des enfants d’âge mineur sur une tablette électronique lors d’une perquisition en septembre 2013. Ils ont aussi découvert plusieurs dessins explicites, des sous-vêtements et des objets érotiques dans un bas de laine.

« Il me disait qu’il cherchait de jeunes garçons sur lesquels il se projetait. […] C’est lui qu’il voulait représenter. Les garçons représentaient un individu moins fort physiquement et humilié de plusieurs façons », mentionne le psychiatre.

Les événements reprochés se seraient déroulés entre le 1er janvier 2007 et le 8 août 2012. L’accusé fait face à six chefs d’accusation de production, de possession et d’avoir rendu accessible de la pornographie juvénile.

« À une certaine époque, il n’avait pas fait son propre diagnostic. Il était habité d’une grande souffrance liée à une orientation sexuelle réprimée. […] Il utilisait les dessins comme bouée de sauvetage », ajoute le témoin.

Le juge Dominique Dudemaine a questionné le psychiatre sur son évaluation à savoir s’il a entrevu l’ensemble de la preuve avant de produire un rapport déposé devant le tribunal. Dr Beltrami a consulté les dessins explicites et les rapports policiers, notamment celui ayant permis d’obtenir le mandat de perquisition.

« Je jugeais que c’était suffisant. […] Il n’y a aucun doute qu’il a consulté certains sites. Je signale que l’accusé n’encourage pas d’autres personnes à faire de même et qu’il reconnaît que ça nuit aux enfants exploités dans les photos utilisées », conclut-il.

M. Houde est en liberté durant les procédures judiciaires.

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