11 mai 2016
Une étude donne espoir aux producteurs agricoles
Par: Louise Grégoire-Racicot
Tous les producteurs agricoles du bassin versant de la rivière Pot-au-beurre ont été visités. On connait désormais leurs pratiques agricoles et la gestion de l’eau sur leurs propriétés. | Photo: TC Média - Louise Grégoire-Racicot

Tous les producteurs agricoles du bassin versant de la rivière Pot-au-beurre ont été visités. On connait désormais leurs pratiques agricoles et la gestion de l’eau sur leurs propriétés. | Photo: TC Média - Louise Grégoire-Racicot

Une étude déposée par l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Montérégie décrit tous les moyens à prendre pour que la rivière du Pot-au-beurre et la Baie Lavallière retrouvent la qualité de leurs eaux.

Publicité
Activer le son

Ce qui implique de corriger le taux de sédimentation élevé qu’on y mesure ainsi qu’une érosion sévère des sols et des berges. Une situation préoccupante tant pour les milieux municipal, agricole que faunique et environnemental. Ces éléments déjà évoqués expliquent les graves problèmes d’inondation que plusieurs producteurs agricoles éprouvent annuellement et pour lesquels ils cherchent des solutions.

L’étude de 184 pages trace un portrait détaillé du versant de la rivière (productions, zones sensibles, entretien des cours d’eau). Elle traite de la qualité de l’eau et des habitats de l’écosystème aquatique, du niveau d’engagement environnemental des milieux, des mesures de protection à apporter sur ce territoire.

On y découvre l’ampleur des problématiques et de l’importance d’arriver collectivement à une réelle amélioration de la qualité de l’eau du bassin versant, permettant une meilleure cohabitation de l’agriculture et de la faune.

Centre quarante-deux producteurs concernés

Ce pour quoi 142 producteurs, installés dans le bassin versant de la rivière Pot-au-Beurre, ont dû faire leur examen de conscience, accompagnés par l’agronome Sarah Delisle, chargée par l’UPA de ce dossier et coordonnatrice du projet bassin versant rivière Pot-au-Beurre.

Ils ont examiné leurs pratiques agricoles et pointé les façons de faire susceptibles d’améliorer leur rendement tout en pratiquant une agriculture durable.

Ils possèdent tous des terres situées dans les municipalités de Sorel-Tracy, Sainte-Victoire-de-Sorel, Sainte-Anne-de-Sorel, Saint-Robert, Saint-Aimé, Saint-Louis, Yamaska et Saint-Ours.

Rappelons que l’on compte de fait on compte trois rivières Pot-au-Beurre dans la MRC dont les bassins versants sont le Ruisseau du Marais, la Décharge du Petit Chenail, la Petite Rivière Bellevue, le Ruisseau des Benoit et la rivière Lemoine, la rivière Bellevue, la Petite Rivière Pot au Beurre et la Décharge des Dix.

Il a fallu, explique Mme Delisle, rencontrer chaque producteur, discuter avec lui des enjeux sur sa propre ferme.

« Cela nous a permis de caractériser le milieu, de raffiner nos connaissances et de prioriser les secteurs où intervenir d’abord. Puis on a diagnostiqué la situation et tracé un plan d’action », note Mme Delisle.

Certains producteurs déjà membres d’un club agroenvironnemental ont des pratiques exemplaires. D’autres ont des choses à corriger, décrit-elle.

« La science évolue, les façons de faire aussi. L’horizon de 10 ans que s’est donné l’UPA pour réaliser ce plan est raisonnable, vu l’ampleur du projet, le nombre d’actions à poser et le financement nécessaire pour y arriver. »

Le nom du projet – Vision Lavallière 2025 – parle de lui-même. Il faudra dix ans pour l’appliquer en entier.

Le programme Prime-Vert du Ministère de l’Agriculture, des Pêcherie et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a financé cette phase du projet.

L’urgence d’agir

Quant à la Fédération de l’UPA Montérégie qui a commandé l’étude, elle considère que l’état du réseau hydrographique est criant. Elle sollicite l’apport des ministères impliqués pour rechercher des solutions efficaces et durables.

Rappelons que le MAPAQ s’est aussi engagé dans la réalisation d’une étude hydrologique et sédimentaire afin de recommander des méthodes de gestion des sols et de l’eau qui tiennent compte des enjeux agricoles, environnementaux et fauniques en permettant un drainage adéquat des terres agricoles tout en conservant et en améliorant la qualité des habitats fauniques de la Baie Lavallière.

Les résultats de cette étude devaient être dévoilés en avril dernier, mais ils ne le sont pas encore.

Rochon et l’UPA pressent le ministre Paradis d’agir

Le député Sylvain Rochon joint sa voix à celle de l’Union des producteurs agricoles (UPA) pour exiger que le ministre Pierre Paradis, du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), donne suite au plan de gestion de la rivière Pot-au-Beurre (Baie Lavallière) déposé par les producteurs agricoles pour en assainir les eaux.

M. Rochon se dit notamment préoccupé du sort réservé aux propriétaires de ces terres qui ne cessent d’être inondées, les empêchant de tirer le maximum de rendement qu’ils le pourraient.

Il tenait aussi à savoir quel financement serait attribué pour réaliser ce plan et solutionner ces problèmes additionnels de taux de sédimentation élevé et d’érosion sévère des sols et des berges.

Déjà la Fédération de l’UPA Montérégie a rempli ses engagements en déposant un projet collectif visant à assurer la cohabitation des usages agricoles et fauniques dans le bassin versant de la rivière (Baie Lavallière).

Le ministre Pierre Paradis lui donnera-t-il suite? Telle est la question posée par le député Sylvain Rochon en commission parlementaire, la semaine dernière.

« Ce dossier traine depuis trop longtemps », a admis le ministre Paradis. Mais les ministres de trois ministères – Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT), du Développement durable, de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques (DDELCCC), des Forêts, de la Faune et des parcs (FFP) – doivent d’abord prendre connaissance des conclusions d’une étude hydrologique qu’ils ont commandée au même moment.

Cette étude sera ensuite soumise au conseil des ministres le 31 mai prochain. Mais a rappelé le ministre Paradis, le MAPAQ a fait ses efforts et déjà injecté plus de 200 000$ pour divers éléments de ce dossier, au cours des deux dernières années.

Insistant, le député Rochon a tenté de savoir si les ministères participeront à la réalisation du plan d’action de 10 ans, défini dans le rapport de l’UPA.

Des résultats validés

Le plan d’action a été validé tant par les élus de la MRC de Pierre-De Saurel que par les producteurs agricoles eux-mêmes, pour s’assurer de leur compréhension commune des enjeux et défis qui les attendent.

Les maires de la MRC, réunis le 16 mars dernier, ont donné leur aval au projet, souhaitant qu’il soit vite mis en œuvre étant donné toute l’importance qui doit être accordée à la problématique de la sédimentation observée dans la Baie Lavallière.

Ils ont accepté de poursuivre leur implication au comité de bassin versant et de collaborer aux actions de sensibilisation ainsi qu’à la planification de certains travaux en berges sur son territoire. La MRC contribuera à la réalisation de ce projet (fourniture des services de la coordonnatrice à la gestion des cours d’eau et prêt de salles de rencontres).

Dans une deuxième proposition adoptée en mars, les maires demandent au MAPAQ d’autoriser, le plus rapidement possible, la phase 2 de ce projet d’envergure et de prévoir les crédits nécessaires à la réalisation de ce projet couvrant ultimement un bassin versant de plus ou moins 200 kilomètres carrés.

Quant aux producteurs agricoles, ils ont été informés le 26 février 2016 des problématiques environnementales de leur territoire et ils ont participé à l’identification des priorités de leur secteur.

image