9 mai 2016
Une 155e condamnation en vue pour un criminel notoire
Par: Sarah-Eve Charland
François Laramée | TC Média - Sarah-Eve Charland

François Laramée | TC Média - Sarah-Eve Charland

François Laramée, un criminel notoire de Sorel-Tracy condamné 154 fois dans le passé pour divers délits surtout reliés à la violence, a assisté, énervé et agité, aux représentations sur sentence des avocats le 9 mai, au palais de justice de Sorel-Tracy, pour un dossier d’homicide involontaire survenu en 2013.

Publicité
Activer le son

Laramée, qui a reconnu sa culpabilité pour un homicide involontaire sur un septuagénaire en décembre 2013, pourrait être condamné à purger entre 18 et 20 ans de prison, selon la proposition de la Couronne. De son côté, l’avocat de la défense a demandé une peine entre 9 et 10 ans de prison.

Rappelons que François Laramée, âgé de 54 ans, a causé la mort de Gabriel Farley dans un appartement du centre-ville de la rue du Roi à Sorel-Tracy le 22 décembre 2013, à la suite d’une querelle liée à une somme d’argent.

Selon l’accusé, la victime l’a poussé avec sa main, ce qui a déclenché sa colère. Laramée a porté plusieurs coups envers M. Farley avant d’utiliser une bouteille de vin pour la fracasser sur la tête de la victime. Il a également utilisé une chaise pour le frapper. Ces faits, reconnus par la Couronne et la défense, ont été présentés dans un document remis au juge.

Un chef d’accusation de meurtre non prémédité pesait contre lui. Il a toutefois plaidé coupable pour un homicide involontaire le 11 avril. Un meurtre peut être réduit en un homicide involontaire si la personne qui l’a commis a ainsi agi dans un accès de colère causé par une provocation soudaine, peut-on lire dans le Code criminel.

Une peine entre 18 et 20 ans?

Selon le rapport de la pathologiste soumis à la Cour, on retrouvait plusieurs types de lésions : contondantes, tranchantes et certaines ayant été causé après la mort de la victime. Le nombre de coups était si élevé que la pathologiste n’a pu le dénombrer, a souligné la procureure de la Couronne, Marie-Josée Bergeron.

« Ultimement, les faits sont éloquents. Il s’agit de gestes violents et brutaux, d’une agression gratuite envers la victime », a-t-elle affirmé devant le juge de la Cour Supérieure, Michel Pennou.

M. Laramée a déjà reçu 150 sentences avant son passage au palais de justice le 9 mai, dont 38 liées à des crimes violents, a énuméré son collègue de la Couronne, Pierre Goulet. M. Laramée a également été accusé, dans le passé, de tentative de meurtre.

Quelques heures après les représentations de Me Goulet, l’accusé recevait quatre autres sentences à la Cour du Québec, dont voie de fait, bris de condition, introduction par effraction et voie de faits envers un agent correctionnel, auxquels il a plaidé coupable.

Selon les calculs de la Couronne, l’accusé a passé le deux tiers de sa vie adulte en milieu carcéral.

Depuis son arrestation en décembre 2013, on a également reproché à l’accusé 63 manquements de discipline en prison.

« L’homme devant vous est le même qui s’est retrouvé devant les tribunaux pour tentative de meurtre. Il n’a pas cheminé. Il s’agit d’un criminel endurci qui a passé sa vie devant les tribunaux », a conclu Me Bergeron.

Entre 9 et 10 ans?

L’avocat de la défense, Martin Latour, a justifié le comportement de son client durant son emprisonnement depuis son arrestation en 2013 avant de commencer ses représentations. L’accusé a subi 33 transferts d’établissements en 27 mois. En raison de ces transferts, l’avocat de la défense éprouvait certaines difficultés à rencontrer son client.

« On ne fait même pas ça à un animal. Pour plusieurs comportements reprochés, il souhaitait seulement rencontrer son avocat. […] Il a l’impression d’être sous l’emprise des geôliers qui ne lui laissent pas la chance de préparer une défense pleine et entière. »

Il a présenté quatre décisions de jurisprudence au juge. Se fiant à ces décisions qui présentent des peines entre 8 et 12 ans, il a plaidé pour une peine entre 9 et 10 ans pour le dossier de M. Laramée.

« Il n’a pas eu conscience d’avoir causé la mort. Ça n’enlève rien au fait qu’il ait commis un homicide involontaire. En terme de turpitude, on se retrouve en bas de l’échelle », a-t-il plaidé.

« M. Laramée a 54 ans. La violence a tendance à s’amoindrir [avec le temps]. Il faut considérer l’âge de l’accusé dans l’imposition de la peine », a-t-il ajouté.

image