9 mai 2017
« Tout est sous contrôle pour nous »
Par: Deux Rives

Un couple de retraités résidant à temps plein à Sainte-Anne-de-Sorel ne se dit pas inquiet outre mesure par la situation précaire entourant leur demeure.

Lors d’une escapade en chaloupe dans les îles inondées, le journal Les 2 Rives s’est entretenu avec Guy Bertin et Lise Boucher, habitants de l’Île aux fantômes.

« Tout est sous contrôle pour nous, a souligné d’emblée Lise Boucher. On serait menteurs de dire que les gens de Sainte-Anne ont peur. Ils sont habitués et préparés en conséquence. »

Pour elle, il n’est pas question d’écouter les prévisions plus qu’il ne le faut.

« Ça joue au téléphone arabe, a avoué Mme Boucher. On nous a dit que l’eau monterait de deux pieds et qu’ils couperaient l’électricité. Ce n’est pas arrivé. »

Le couple ne vit aucun stress; à un point tel que les deux amoureux attendaient des amis pour l’heure du souper, dans la soirée de lundi. « On va manger un bon rosbif et boire du vin », ont-ils précisé, prenant soin d’inviter notre journaliste et notre photographe à visiter leurs installations.

Le mari du couple, Guy Bertin, a raconté que la différence est grande entre la municipalité de Sainte-Anne-de-Sorel et certains autres endroits atteints en ce moment par les inondations, au Québec.

« Ça fait des centaines d’années qu’il y a des inondations ici, a-t-il dit. On sait quoi faire. La plupart des propriétaires sont installés comme moi. »

M. Bertin possède deux pompes dans son sous-sol. Celles-ci fonctionnent en tout temps. Une autre pompe est prête à entrer en fonction si une des deux autres cessait de fournir. Une génératrice se trouve dans le garage, au cas où l’électricité devait être coupée.

« Si ce n’était de ces pompes, ce serait inondé jusqu’au plafond », a affirmé l’homme.

Il a aussi placé une cinquantaine de sacs de sable autour de sa demeure, près des fenêtres et des portes, par mesure préventive.

Une petite flaque d’eau perle sur le plancher de béton à l’étage inférieur. Les riverains, confiants, confirment qu’il s’agit d’une infiltration normale.

Les « wéreux »

Le couple comprend la curiosité de la population concernant la situation particulière à Sainte-Anne-de-Sorel. Ils tiennent toutefois à passer un message clair.

« On n’est plus capable des « wéreux » qui veulent observer le malheur des autres, a lancé Lise Boucher. Des gens viennent prendre des photos des résidents dans leur intimité. Certains vont même jusqu’à ralentir le trafic en voiture alors que des locaux s’empressent de voyager des sacs de sable pour protéger leur demeure. »

Une sécurité filtre désormais la circulation locale aux abords de la municipalité, à la hauteur de la mairie. Des patrouilleurs nautiques assurent aussi de faire respecter les limites de vitesse à la lettre dans ce secteur.

« Les bateaux, aussi, qui passent et qui font des grosses vagues; ce n’est rien pour aider la situation, a fait part M. Bertin. Quand ça devient dérangeant, c’est moins drôle. »

Même si ce couple s’en tire plutôt bien, Les 2 Rives a été à même de constater que plusieurs maisons et chalets ne subissaient pas un sors aussi clément. Des voitures ont aussi été aperçues, submergées par l’eau.

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