8 janvier 2019
Mise à jour de sa politique de gestion de contrats
Sorel-Tracy mise sur les entreprises de la région
Par: Julie Lambert

Les entreprises de Sorel-Tracy pourraient obtenir des contrats municipaux grâce à une nouvelle politique favorisant l'achat local. Photo gracieuseté

La Ville de Sorel-Tracy a procédé à une grande refonte de sa politique contractuelle dans la dernière année afin de répondre aux normes gouvernementales, mais aussi miser sur l’économie locale. Elle tentera de rejoindre les entrepreneurs de la région en menant des actions en 2019.

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En septembre, la Ville de Sorel-Tracy a adopté cette politique qui établit la façon d’octroyer ses contrats de 100 000 $ et moins. Les gestionnaires peuvent désormais faire directement un achat, sans demande de prix, pour les contrats de zéro à 1000 $ tandis que pour ceux s’élevant de 1000 $ à 25 000 $, ils doivent contacter au minimum trois fournisseurs, dont deux locaux et un à l’externe, afin de comparer le marché local avec celui de l’extérieur.

« Plusieurs fournisseurs locaux n’étaient pas inscrits dans notre banque. Auparavant, chacun des chefs de service faisait des demandes de prix auprès des fournisseurs qu’ils connaissaient. Maintenant ils pourront consulter notre banque et si nous avons plus que trois fournisseurs localement, on va aussi envoyer la demande à tous ceux qui y sont inscrits. Comme ça, on vient de démocratiser les appels d’offres et tout le monde est directement concerné et contacté », explique le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin.

Une mise à jour nécessaire

Une mise à jour de la liste de fournisseurs a été réalisée. En date du 12 décembre, on retrouvait 825 fournisseurs inscrits dans la banque sur un total de 1 050 en 2017. « Cela nous a permis d’identifier lesquels étaient locaux, de la MRC de Pierre-De Saurel ou de la Montérégie. On a 80 % de ces fournisseurs qui se sont inscrits à ce jour sur notre liste, dont 200 de Sorel-Tracy », décrit le chef de la division approvisionnement à la Ville de Sorel-Tracy, Chan-Hoa Ly.

Dans cette politique, l’achat local est également priorisé pour les contrats de 1000 $ à 25 000 $, ajoute-t-il. Les gestionnaires ont l’obligation, à prix égal, d’octroyer le contrat à une entreprise locale, mais aussi d’en choisir un de la région même si son prix est jusqu’à 10 % plus cher.

Le contrat ne sera toutefois pas octroyé d’office à une entreprise locale, soutient Chan-Hoa Ly. Les gestionnaires auront à expliquer leur choix et à évaluer plusieurs critères, dont le rapport qualité-prix, la qualité du service, la proximité ou les impacts écologiques.

« On a toujours comme principe d’encourager le local, mais pas au détriment de la masse. En bon père de famille, il faut se demander si on est prêt à débourser jusqu’à 2500 $ de plus parce que le fournisseur est local. Il faut déterminer si cela en vaut la peine », souligne le chef de division.

Les entreprises locales sollicitées

Une démarche de la ville-centre auprès des entreprises de la région sera effectuée via la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy (CCIST) au début du mois de janvier afin de faire connaître les nouvelles procédures de la Ville et aussi compléter sa liste de fournisseurs.

« On veut se rapprocher de notre communauté. Il faut que la Ville fasse des efforts et mette en place des mécanismes. On fera cette rencontre dans le but de communiquer davantage nos façons de fonctionner, nos règles et nos processus d’appels d’offres publics », dit M. Ly.

Le directeur général de la CCIST, Sylvain Dupuis, s’est réjoui de cette démarche de la Ville de Sorel-Tracy. Selon lui, cette politique sera très bénéfique pour ses membres, mais aussi l’économie locale.

« Cela favorise l’achat local et aide nos commerçants. On ne se le cachera pas, la Ville est une grand donneuse d’ouvrage. Cela va au moins donner le goût aux gens de déposer une soumission, ce qu’ils ne faisaient peut-être pas avant. Cela provoquera de belles opportunités d’affaires pour nos entreprises. La Ville et la Chambre ne savent pas tout ce qui se fait dans la région, alors d’élargir la liste de fournisseurs permettra de connaître davantage ce qui se trouve ou s’est développé sur notre territoire », conclut Sylvain Dupuis.

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