7 décembre 2015
Sorel-Tracy aurait presque tout pour accueillir des réfugiés syriens
Par: Louise Grégoire-Racicot
Sorel-Tracy n’accueillera pas de réfugiés syriens. | Photo: Deposit Photos

Sorel-Tracy n’accueillera pas de réfugiés syriens. | Photo: Deposit Photos

Des 3400 réfugiés syriens que le Québec accueillera sous peu, aucun ne viendra s’installer à Sorel-Tracy. Et ce, même si la région a le profil pour en accepter un certain nombre.

Pour le moment, aucune personne ou organisme n’a manifesté son intention d’en recevoir quelques-uns. Les réfugiés seront plutôt répartis dans 13 villes du Québec choisies par le gouvernement provincial. « Sorel-Tracy n’est pas sur cette liste », lit-on sur le site de la Ville.

Vrai, précise Karine Baribeau, conseillère aux relations médias au ministère de l’Immigration de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI).

Québec a choisi 13 villes qui possèdent l’expertise, acquise au fil de plusieurs années d’expérience. Les milieux d’accueil disposent des infrastructures pour offrir des services d’accueil et d’intégration adaptés à ces personnes, décrit-elle.

« Le ministère est en contact avec ces villes afin de collecter les enjeux que la ville a identifiés en matière de préoccupations des citoyens, de l’accessibilité du logement, des ressources de la ville et de l’intérêt qu’elle porte à accueillir des réfugiés syriens », dit Mme Baribeau.

Des critères qui s’ajoutent au maintien des cellules familiales et des réseaux de solidarité tissés par les personnes, l’accès aux services de santé et services sociaux et au logement; la disponibilité de ressources en éducation (scolarité et francisation), des emplois disponibles et la mobilisation du milieu.

« Les villes qui croient avoir la capacité d’accueil et répondre aux critères peuvent entrer en contact avec le ministère », complète-t-elle.

Rouyn-Noranda est de ce nombre, comme Rivière-Ouelle, rapporte leur presse locale.

Sorel-Tracy, pôle d’immigration en Montérégie

Et Sorel-Tracy pourrait l’être, croit Nassim Keraouche, responsable du programme Accès-région, à l’Orienthèque de Sorel-Tracy.

Car elle est un des quatre pôles en immigration de la Montérégie, révèle-t-il, et ce depuis cinq ans. Comme la région a sa table de concertation sur les nouveaux arrivants.

« Nous sommes un service dédié aux nouveaux arrivants. On en a eu 150 au cours des quatre dernières années », souligne M. Karaouche.

« Nous avons ici des logements accessibles, des emplois à proposer, un milieu convivial à intégrer. Et l’immigration est prometteuse pour notre région qui est vieillissante et que les jeunes quittent. Ce qui fait qu’on connaît une pénurie de main-d’œuvre. »

L’immigration est un vrai outil de développement, explique-t-il, parce que ces personnes s’installent ici, travaillent ici et consomment ici.

Son travail est précisément de faire connaitre la région à de nouveaux venus arrivant à Montréal.

La barrière de la langue

Évidemment, Sorel-Tracy ne dispose des services psychosociaux comme Saint-Hyacinthe, note-t-il, qui accueille des émigrants depuis longtemps.

« Mais l’Orienthèque leur permet de dénicher un logement, un emploi et organise des activités d’intégration régulièrement. Pour le moment, il manque toutefois ici des professeurs de francisation pour enseigner à plus de personnes », estime-t-il.

C’est d’ailleurs cette raison qui a convaincu le curé Gérald Ouellet, de l’Unité pastorale de Sorel-Tracy, de ne pas accueillir une famille syrienne dans les murs du presbytère de Marie-Auxiliatrice. Comme il avait pensé le faire.

« Ils auraient dû aller à Montréal tous les jours pour apprendre le français, ce qui n’avait pas d’allure », a-t-il conclu, fermant le dossier.

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