22 septembre 2015
Serge Péloquin poursuit Gilles Lemieux pour diffamation
Par: Louise Grégoire-Racicot
Le conseil municipal de Sorel-Tracy a majoritairement décidé que la Ville mandate un procureur pour plaider la cause du maire Serge Péloquin. | Photo TC Média - Archives/Julie Lambert

Le conseil municipal de Sorel-Tracy a majoritairement décidé que la Ville mandate un procureur pour plaider la cause du maire Serge Péloquin. | Photo TC Média - Archives/Julie Lambert

Le conseil de ville de Sorel-Tracy a voté, hier soir, une résolution visant à mandater un procureur pour intenter une action en diffamation contre Gilles Jr. Lemieux pour avoir utilisé le qualificatif « malhonnête » dans sa plainte auprès de la Commission municipale du Québec (CMQ) contre le maire Serge Péloquin.

On ne connaît pas pour le moment quel montant réclamera M. Péloquin – il en décidera avec son procureur de la firme d’avocats Dufresne Hébert Comeau. Mais il s’est engagé, si la cour lui donne raison, à rembourser les honoraires judiciaires ou juridiques défrayés par la Ville de Sorel-Tracy. Et s’il y avait surplus, de les verser à une œuvre de charité.

La résolution

La résolution déposée par Patrick Péloquin et Alain Maher n’a pas été unanime. Yvon Bibeau et André Potvin ont voté contre.

Rappelons que la résolution émane de la plainte déposée par M. Lemieux auprès du ministère des Affaires municipales le 21 avril dernier. Elle alléguait que M. Péloquin avait été malhonnête en négociant comme membre de la MRC.

Toute personne, reconnaît le conseil, a droit à la sauvegarde de son honneur, de sa dignité et de sa réputation, d’autant que la CMQ a jugé la plainte totalement non fondée, insultante et diffamatoire.

Le conseil considère que cette cause est uniquement due à la fonction d’élu municipal de M. Péloquin et que la Ville doit protéger la réputation de ses élus si ces derniers sont diffamés dans l’exercice de leurs fonctions.

Le maire s’explique

Une raison principale a présidé à ma décision, explique M. Péloquin. « À deux reprises devant la CMQ, en contre-interrogatoire, mon procureur a demandé à M. Lemieux de retirer le mot « malhonnête » inscrit dans sa plainte. Deux fois, il a refusé et ce, même si la Commission a qualifié ses propos de ouï-dire, de plainte non fondée. »

Il est un homme public qui représente une institution qui a un code d’éthique qu’il respecte. « À l’Union des municipalités où je siège sur la commission d’éthique et de formation des élus, je ne laisserai pas une telle trace de vengeance dans un document qui circule. »

Le maire dit vouloir en finir une fois pour toutes avec ces événements qui portent des dommages collatéraux, ce qui explique qu’il désire aller de l’avant le plus tôt possible avec cette cause.

« Je veux défendre mon intégrité et ensuite passer à autre chose », a-t-il dit, assurant que le texte du jugement de la CMQ sera mis en ligne dans les prochains jours.

Deux dissidents

En désaccord avec cette vision des choses, le conseiller André Potvin est clair. Pour lui, cette cause en est une personnelle qui doit se régler entre les personnes concernées. « La Ville n’a pas à intervenir. Le maire ne peut dans ce cas se servir de l’argent des contribuables pour poursuivre M. Lemieux. »

Yvon Bibeau est plus explicite: « Nous devions payer pour la défense du maire qui a comparu devant la Commission municipale. La loi nous l’imposait. Mais poursuivre un citoyen c’est abusif, d’autant qu’il a déjà gagné devant la Commission. »

Mais comment prendre une décision quand on n’a même pas vu le jugement de la Commission, questionne-t-il.

Il se demande aussi pourquoi il est si urgent de poursuivre alors que quelques jours auparavant, le maire a expliqué, en point de presse, qu’il avait un an pour prendre des mesures contre M. Lemieux. « Qu’est-ce qui pressait tant de mettre la question à l’ordre du jour hier ? »

Au moment de mettre en ligne, M. Lemieux n’avait pas répondu à la demande d’entrevue du Journal.

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