11 avril 2016
Rio Tinto Fer et Titane toujours en quête de réduction de coûts
Par: Louise Grégoire-Racicot
Directeur général du complexe Rio Tinto Fer et Titane de Sorel-Tracy, Sylvain Paul-Hus a fait le point sur les marchés de l’entreprise. | Photo: TC Média - Louise Grégoire-Racicot

Directeur général du complexe Rio Tinto Fer et Titane de Sorel-Tracy, Sylvain Paul-Hus a fait le point sur les marchés de l’entreprise. | Photo: TC Média - Louise Grégoire-Racicot

La crise qu’a connue Rio Tinto Fer et Titane (RTFT) en 2013 a duré plus longtemps que prévu. Et même si la situation se stabilise, a dit son directeur général Sylvain Paul-Hus, l’entreprise ne prévoit pas de reprise significative avant 2017.

Il livrait ces prévisions à l’occasion d’un déjeuner de la Chambre de commerce où il était le conférencier invité, le 5 avril dernier. Une cinquantaine de personnes y assistaient dont plusieurs fournisseurs.

2016 ressemblera à 2015, a-t-il dit. La situation se stabilise et la reprise sera lente, croit-il. RTFT prévoit que cette année encore, l’usine soreloise ne produira qu’à 54% de sa capacité. Ce n’est qu’en réduisant ses coûts et en augmentant ses ventes à prix compétitif qu’elle rependra du poil de la bête.

La demande est encore faible

Pour le moment, seule l’usine des poudres métalliques produit presque à pleine capacité pour le marché automobile.

Mais la demande pour le dioxyde de titane (TiO2) est toujours modeste, produit dont l’importance des inventaires mondiaux, en 2012, avait entrainé la chute des prix et la baisse de production.

« Aujourd’hui, les inventaires de peinture sont à niveau normal et les prix commencent à remonter. Mais RTFT devra attendre un an encore car les inventaires mondiaux de TiO2 demeurent élevés », croit-il.

Une bonne nouvelle cependant pour le pigment produit à l’UGS: RTFT commence à pénétrer le marché de la Chine. Un fabriquant en requiert.

Mais la production des produits métalliques, des lingots de fonte et des billettes d’acier est toujours minimale, affectée notamment par la baisse du prix du pétrole en 2015 qui a eu des impacts sur la production de billettes rondes à l’aciérie. La situation demeurera la même en 2016, estime-t-il.

Un très léger profit

Cependant l’entreprise a terminé l’année avec des rendements légèrement positifs, à 0,8%. Et ce, grâce aux importantes réductions de coûts imposées en 2015. « L’objectif était de diminuer les couts de 200 M$. 108 M$ l’ont été en cinq mois et l’entreprise poursuit son objectif. Les résultats atteints l’ont été grâce à la grande collaboration de nos employés et fournisseurs », a souligné M. Paul-Hus.

Mais cela ne s’est pas fait sans effort: l’entreprise a, en trois ans, transformé deux fois son organisation.

En entrevue, M. Paul-Hus a dit que le recours aux services de la firme de consultants en redressement d’entreprise McKinsey a été bénéfique. « Ils ont apporté un regard nouveau sur notre organisation. Leur rapport comporte une liste d’actions possibles pouvant contribuer à l’atteinte de nos objectifs. Mais c’est à nous de décider celles que nous mettons en place. D’ailleurs, des gens de McKinsey travaillent toujours à l’usine pour nous aider à mettre les choses en place. »

Chose certaine, cette réorganisation a entrainé de nombreuses mises à pied. L’entreprise compte 25% moins d’employés qu’en 2012, a-t-il reconnu.

Un appel aux fournisseurs

Devant un marché mondial encore fragile, les fournisseurs seront notamment appelés à définir comment ils peuvent contribuer à la pérennité de l’entreprise, a mentionné M. Paul-Hus.

En entrevue, M. Paul-Hus a reconnu que RTFT avait instauré récemment une nouvelle politique de paiement des factures de ses fournisseurs, et ce, à travers le monde. Ils seront désormais payés entre 15 et 45 jours plus tard qu’auparavant, selon leur volume d’affaires avec l’entreprise.

Ceux qui sont touchés par cette mesure, a conclu M. Paul-Hus, ont été avertis par lettre de cette nouvelle règle.

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