25 février 2020
Respectable!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Je ne sais pourquoi les palmarès de toutes sortes ont la cote. Qui ne se fait pas sa petite idée sur le sujet après les avoir lus? Celui des cégeps publié par Québecor la semaine dernière n’y échappe pas. Et ce, même si l’analyse publiée ne repose en fait que sur le taux de diplomation de chacun.

Mais que vaut une comparaison entre cégeps et la valeur qu’on attribue ensuite à la qualité de l’enseignement qu’on y dispense si on ne connait pas au préalable la qualité des dossiers (au secondaire) des jeunes qui les fréquentent? Si on ne tient compte de leurs conditions de vie, de leur milieu socioéconiomique? Si on ne sait s’ils doivent concilier travail et études pour subsister? Si les formations dispensées les intéressent?

Rien à ce sujet dans ce palmarès, si ce n’est que 1069 étudiants étudient ici, dont 20 % éprouvent des besoins particuliers.

Pourtant, ces éléments sont liés étroitement à la diplomation. Tout autant que la qualité de l’enseignement reçu, l’encadrement fourni, les services disponibles.

Reste que le taux moyen de diplomation des étudiants inscrits ici a atteint, de 2008 à 2015, 72,4 %. Des résultats respectables.

Visiblement, le collège sorelois se démarque haut la main en génie mécanique, informatique et en comptabilité et gestion ainsi qu’en sciences de la nature. Ses résultats sont moins reluisants en formation générale et en technique de soins infirmiers. Ce qui doit inciter à trouver comment mieux intervenir en ces matières.

Tout de même un joyau éducatif que ce « grand petit cégep » régional. Un partenaire indispensable au milieu par sa présence et les services dispensés.

Car c’est un atout de choix que la présence d’une telle institution – le Québec en compte 52 – à proximité, où compléter une éducation adéquate et s’assurer d’une qualité de vie meilleure, d’emplois de qualité. De quoi se réaliser pleinement comme personne.

Des bâtisseurs y ont cru. Des enseignants et professionnels de l’enseignement y contribuent. Il ne faut surtout pas que ce palmarès atténue leurs efforts. Car ce cégep a besoin de la confiance de la collectivité pour croître encore.

Ce palmarès doit plutôt inciter à redoubler d’efforts pour mieux peaufiner encore son approche, pour répondre aux besoins de ses étudiants et assurer leur réussite, les stimulant toujours au travail et à la persévérance!

Les lendemains d’Alstom

Il faudra bien un an ou deux avant que l’on sache si l’usine d’Alstom à Sorel-Tracy emploiera plus que les 90 travailleurs actuels. L’entreprise semble bien résolue à décrocher de nouveaux contrats qui alimenteront cette usine, comme son président l’a stipulé lors de l’annonce de l’achat des opérations de Bombardier Transport.

Voilà donc une perspective intéressante pour la région qui tarde à comptabiliser de nouvelles créations d’emploi! Mais les plus réalistes diront certes que rien n’est encore certain. Peut-être les wagons destinés aux marchés canadiens seront-ils construits au Québec et leurs bogies à Sorel-Tracy. Mais il est moins certain que les commandes américaines le soient, connaissant la politique protectionniste de son président!

Oui, l’usine soreloise cumule au fil des ans de l’expertise. Elle a du pain sur la planche pour quelque temps encore. Mais il faudra aussi compter sur le fait que la Caisse de dépôt détiendra 18 % d’Alstom et exiger chaque fois que possible du contenu local aux contrats adjugés. Le député caquiste Émond devra garder l’œil ouvert et réclamer notre dû.

Comme le commissaire industriel Jacques Thivierge devra rappeler constamment cette réalité au ministre des Transports et s’assurer déjà, que si jamais Alstom considérait agrandir son usine soreloise, la Ville soit aussitôt prête à l’accommoder pour assurer le meilleur développement durable régional!

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