25 juin 2019
Récréations prolongées : les enseignants devront faire des compromis
Par: Deux Rives

Les récréations seront allongées de cinq minutes le matin et cinq minutes l'après-midi dès la rentrée scolaire en août. Photothèque | Les 2 Rives ©

Texte de Sébastien Lacroix, collaboration spéciale

L’idée d’avoir 20 minutes de récréation le matin et l’après-midi sera accueillie avec la plus grande joie par les enfants, l’an prochain, mais elle constituera assurément un casse-tête pour les écoles et les enseignants qui devront réaménager leur horaire en conséquence.

Annoncée en février dernier par le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, qui souhaite ainsi favoriser la santé et la réussite scolaire des jeunes, cette mesure entrera en vigueur dès la rentrée scolaire. Entretemps, les écoles doivent s’entendre avec les professeurs sur la manière d’y arriver.

Dans le cas de la Commission scolaire de Sorel-Tracy, il existait déjà deux récréations de 15 minutes. Il leur faudra donc ajouter cinq minutes à la récréation du matin et cinq minutes à celle de l’après-midi. Un enjeu de 10 minutes par jour que les directions et les enseignants ont dû négocier.

Amputer l’heure du dîner, finir les cours plus tard, les commencer plus tôt, ou un mélange de tout ça; telle est la question sur laquelle les directions d’écoles primaires et les enseignants ont dû s’entendre pour la prochaine année scolaire.

Sur les 15 écoles concernées, deux devaient tenir en compte le transport scolaire dans l’équation. Chacune a donc décidé du scénario à privilégier. La décision sera transmise aux parents en même temps que les documents pour la prochaine rentrée scolaire.

Le tout a ensuite dû être entériné lors d’une assemblée générale, le 10 juin, au cours de laquelle les enseignants ont voté sur les mesures à prendre pour accommoder cette modification au Régime pédagogique qui a été imposée par le gouvernement Legault.

« C’est certain que les enseignants n’étaient pas contents. Parce qu’on en rajoute sur leurs épaules, sur leurs tâches, mais on n’a pas le choix », a expliqué la présidente du Syndicat de l’enseignement du Bas-Richelieu (CSQ), Lisette Trépanier, en entrevue avec Les 2 Rives quelques jours après l’assemblée générale.

Sur l’heure de dîner

Une entente particulière devait en effet intervenir concernant le temps de dîner. C’est qu’un accro à la convention collective nationale devait être fait. Celle-ci stipule en effet que le temps alloué pour l’heure du midi est de 75 minutes, sauf s’il y a une entente avec la direction. Ce qui a été fait dans quelques écoles.

Plusieurs professeurs n’étaient pas non plus entichés à l’idée de commencer plus tôt étant donné qu’ils ont des enfants à aller porter aux services de garde. Tandis qu’allonger la journée pouvait amener des complications pour le transport scolaire à certains endroits.

Des enseignants sont également mécontents d’avoir à surveiller davantage, ce qui diminuera le temps passé à donner des services éducatifs. Une manifestation a même eu lieu, la semaine dernière, devant l’Assemblée nationale. Selon ce que rapportait Radio-Canada, les enseignants demandaient au ministre de l’Éducation de confier la surveillance à du personnel non-enseignant, lui qui souhaitait que cette mesure se fasse à coût nul.

Collaboration de enseignants

« La raison pour laquelle c’est passé au vote, c’est que la Commission scolaire a l’obligation, de par la convention collective, de consulter le personnel enseignant en ce qui concerne leur temps de pause sur l’heure du midi. Le vote a bien passé, donc les nouveaux horaires seront appliqués dès la rentrée scolaire cet automne. On est content d’avoir pu compter sur la collaboration du personnel enseignant », souligne la directrice des communications de la Commission scolaire de Sorel-Tracy, Christine Marchand.

Avec la collaboration de Jean-Philippe Morin

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