3 août 2021
Question de loyauté
Par: Jean-Philippe Morin

Allan Walsh, agent de Marc-André Fleury, avait partagé cette photo sur Twitter à l’été 2020 lorsque l’entraîneur-chef Peter DeBoer préférait faire jouer Robin Lehner. Disons qu’aujourd’hui, elle est encore plus d’actualité. Photo Twitter/Allan Walsh

Le formidable joueur de basketball Giannis Antetokounmpo a déclaré ceci sur Twitter, le 6 juillet 2017 : « I got loyalty inside my DNA ». Traduction libre : « La loyauté fait partie de mon ADN ».

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Son gazouillis était accompagné d’une tête de chevreuil, pour représenter son équipe, les Bucks de Milwaukee. Quatre ans plus tard, le joueur grec, qui est l’un des meilleurs basketteurs de la NBA, a gagné le titre avec les Bucks, face aux Suns de Phœnix.

Antetokounmpo aurait très bien pu quitter Milwaukee et signer un gros contrat avec une équipe riche, mais il a tout misé sur celle qui a eu confiance en lui dès le départ et cela lui a rapporté.

Alexander Ovechkin, qui venait de terminer un contrat de 13 ans avec les Capitals de Washington, aurait pu devenir agent libre le 28 juillet dernier. C’était un secret de Polichinelle qu’il n’allait nulle part, lui qui a toujours voulu rester à Washington. Il a finalement signé un contrat de cinq ans, le 27 juillet, ce qui le mènera jusqu’à l’âge de 40 ans, avec l’équipe qui l’a repêché.

C’est beau de voir que certains joueurs ont cette loyauté envers leur organisation. Et c’est aussi beau de voir que les équipes tiennent à leurs joueurs vedettes après avoir autant investi en eux.

Pourquoi cette longue mise en contexte? Parce que malheureusement, le monde du sport n’est pas toujours aussi beau.

La semaine dernière, le gardien de but sorelois Marc-André Fleury a été échangé des Golden Knights de Vegas – qui en avaient fait la grande vedette lors du repêchage d’expansion en 2017 – aux Blackhawks de Chicago contre deux roulettes de tape et une chaudière de pucks.

Bon, jusque là, ça va. Même si ça peut sembler farfelu d’échanger un gagnant du trophée Vézina contre rien, il a un contrat de 7 M$ à honorer la prochaine saison et les Golden Knights ont de l’espace à libérer sous le plafond salarial.

Ce qui me dépasse, c’est la façon dont la transaction s’est réalisée. L’agent du gardien, Allan Walsh, sur Twitter, a même rapporté que personne chez les Golden Knights n’a averti Fleury de la transaction. Il l’a apprise sur Twitter, en même temps que les partisans…

De plus, le Sorelois aurait pu remettre une clause de non-transaction de 10 équipes le 28 juillet, mais la formation du Nevada s’est empressée de l’échanger le 27 juillet avant qu’il ne soumette une nouvelle liste. Avec cette aventure, il aurait même pensé à la retraite… Tout ça après la meilleure année de sa carrière.

Marc-André Fleury a toujours été loyal envers ses équipes, que ce soit les Penguins de Pittsburgh, où il a remporté trois Coupes Stanley, ou les Golden Knights. L’avez-vous entendu se plaindre lorsqu’il a été retiré du filet en séries éliminatoires, que ce soit cet été contre le Canadien ou à Pittsburgh? Non. C’était toujours le premier à encourager son acolyte.

Je peux comprendre que le hockey – ou le sport en général – est une business. On n’a pas échangé Fleury parce qu’on ne l’aime pas, mais pour une question d’argent… d’accord. Mais un peu de respect SVP. C’est grâce à Marc-André Fleury que la franchise a connu autant de succès dans les premières années. Son chandail était le plus vendu, c’était la tête d’affiche partout en ville et il a mené l’équipe à une finale et deux demi-finales de la Coupe Stanley en quatre ans! La moindre d’être chose aurait été de l’appeler et de le remercier. Le DG des Golden Knights a tenté de se justifier, mais c’était trop tard.

Mon cœur était déchiré l’été dernier lorsque les Golden Knights affrontaient le Canadien en demi-finale de la Coupe Stanley. Il ne l’est plus. Désolé Vegas, question de loyauté…

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