26 mai 2015
Quand fiston donne la leçon
Par: Deux Rives
Jérémie Rainville, chroniqueur. Pour le joindre : str.redaction@tc.tc | © Martin Girard shootstudio.ca

Jérémie Rainville, chroniqueur. Pour le joindre : str.redaction@tc.tc | © Martin Girard shootstudio.ca

Mon fils Frédéric (à droite) accompagné de son ami Charles Mercier venu l’encourager à Varennes lors du dernier arrêt avant la fin. | Photo: Gracieuseté

Mon fils Frédéric (à droite) accompagné de son ami Charles Mercier venu l’encourager à Varennes lors du dernier arrêt avant la fin. | Photo: Gracieuseté

CHRONIQUE DE JÉRÉMIE RAINVILLE. Les 8-9-10 mai derniers, un groupe de 40 étudiants de l’école secondaire Bernard-Gariepy, ainsi que 6 accompagnateurs se sont dirigés vers Québec pour participer au Grand Défi Pierre-Lavoie. Une course à relais entre Québec et Montréal de 250 km. Mon fils faisait partie de ce groupe.

Ces jeunes ont sans l’ombre d’un doute démontré à tous que la fatigue, l’épuisement physique et la pluie ne sont pas des embûches pour atteindre un objectif.

Vous avez lu les résumés et vu les reportages sur la course. Inutile pour moi de poursuivre la description de cet événement. Je vous raconterai plutôt l’histoire de deux parents qui suivaient la course en direct sur le web. N’allez faire aucun lien avec moi.

La nuit tombe, l’humidité atteint des marques ou même monsieur Humidex (facteur de son métier) trouve qu’il fait chaud. Depuis plusieurs mois, notre kid se prépare pour cette course. Mais sera-t-il en mesure de faire face à un défi aussi imposant? Il semblait prêt, mais allait-il passer de la parole aux actes? Jamais je n’aurais imaginé une séquence de 24h aussi interminable. Au travers des angoisses que nous vivions, un curieux sentiment émerge en nous. Nous nous sentons inutiles. Bien assis dans notre divan, nous regardons des jeunes qui se défoncent pendant que nous… nous ne faisons rien. Pas si rien que ça, un petit coup de main à Sylvain Dupuis pour embarquer l’équipement dans l’autobus et un peu de bénévolat à l’arrivée des coureurs à Sorel-Tracy le dimanche matin, mais rien pour notre fils. En fait, il accomplissait quelque chose de grandiose, sans même avoir besoin de nous. Il avançait kilomètre par kilomètre, dans la pluie, le vent sans même que je puisse l’encourager ou prendre sa place si la fatigue était trop grande. Il avançait sans nous. Avant son départ, nous avions un petit garçon et à son retour, nous avons retrouvé un petit homme.

Merci à Sylvain Dupuis et son équipe pour votre dévouement et votre passion. Merci à vous, qui vous êtes présentés à 5 heures du matin à la polyvalente pour accueillir les 4500 jeunes et les encourager. Merci à mon garçon Frédéric qui, du haut de ses 13 ans, m’a fait la leçon : c’est en bougeant que l’on avance dans la vie… et que l’on grandit.

Je vous souhaite un été rempli de bons moments en famille et on se reparle en septembre, si Dieu et le patron le veulent!

image