27 février 2018
Psycho 101!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit un éditorial hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Bonne affaire que cette signature d’entente de services spécialisés en incendie entre les villes de Sorel-Tracy et de Saint-Ours, à couteau tiré depuis presque deux ans.

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D’autant que les maires respectifs des deux municipalités, Serge Péloquin et Sylvain Dupuis, travaillent ensemble dans plusieurs dossiers tant à la MRC et au Parc éolien Pierre-De Saurel qu’à Sorel-Tracy où M. Dupuis est directeur général de la Chambre de commerce. Secret de Polichinelle que les relations tumultueuses entretenues entre les deux hommes!

À l’été 2016, Saint-Ours avait refusé de payer 1900$ au service de la protection incendie soreloise pour services rendus.

On ne sait s’il y avait un lien avec ce conflit, mais Saint-Ours s’était par la suite détachée du service sorelois et offert de desservir Sainte-Victoire, insatisfaite du prix exigé par le service sorelois pour la protéger. Une entente qui a heurté Sorel-Tracy de plein fouet. Elle ne s’est toutefois pas concrétisée quand les élus de Sainte-Victoire sont revenus sur leur décision.

Mais en décembre 2017, Sorel-Tracy a menacé de ne plus desservir Saint-Ours si sa facture en souffrance n’était pas payée.

Entretemps, un autre imbroglio a sévi entre la Chambre et Sorel-Tracy cette fois. Une guerre presqu’ouverte entre le président de l’organisme et le maire Péloquin. Une relation exacerbée par leur analyse divergente de la situation économique soreloise. Puis le refus de Sorel-Tracy de sortir le Festival de la gibelotte de son marasme financier en épongeant un important déficit. Et la décision de Sorel-Tracy de louer un pavillon à un restaurateur de l’extérieur.

Un changement de garde au conseil d’administration de la présidence de la Chambre semble avoir apaisé cette relation. Et il faut espérer que l’entente entre Sorel-Tracy et Saint-Ours favorisera aussi une plus saine collaboration entre ces deux partenaires.

Les élus ont fait ce qu’il fallait: se rencontrer, s’entendre sur une définition commune de la situation pour ensuite trouver une réponse aux besoins et définir les responsabilités et la juridiction de chacun. Ils ont finalement mis la psycho au boulot!

La région a des leçons à tirer de cela. Elle n’a plus de temps à perdre. Faire du surplace la met en queue parmi les autres régions qui avancent.

Il faut que ses élus et intervenants désintoxiquent leurs débats, cessent leurs monologues respectifs. Ils ne peuvent plus penser que la raison du plus gros ou du plus riche payeur est toujours la meilleure. Il leur faut sortir d’une seule façon de voir, d’une possible partisanerie.

Ils doivent aussi témoigner et inspirer le respect. Et surtout accepter de partager un leadership selon leurs forces et disponibilités et selon les dossiers. De façon à mieux relever les défis auxquels la région est confrontée. Ils doivent enfin apprendre à vivre ensemble et plancher sur leurs intérêts communs.

Car le succès de la région ne repose pas uniquement sur une addition de réalisations menées au hasard de l’obtention ou pas d’une subvention, mais sur l’importance de cerner son développement social, économique, culturel et environnemental et les actions concrètes et réalisables à court, moyen et long terme pour y arriver.

Ce serait là une toute autre façon de faire de la politique dans notre région. Et Dieu sait qu’elle en a besoin!

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