1 septembre 2020
Plein de questions!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

En visionnant la retransmission de la rencontre sur la gouvernance économique de la région du 24 août, m’est revenu le souvenir d’un colloque que j’ai animé en 1992, à la demande de la SADC. Il portait sur l’avenir de la MRC. On y avait souhaité une concertation continue, un guichet unique pour recevoir les entrepreneurs investisseurs. Plusieurs questions montent.

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Serait-ce que rien n’a vraiment changé? Qu’on n’a pas donné suite? Croit-on en la concertation que lors d’épisodes déstabilisants de fermeture d’usine et de pertes d’emplois?

Il fut un temps où les élus municipaux n’avaient qu’à encaisser et administrer les revenus importants générés par les grandes entreprises. Ils n’avaient pas à participer à de multiples comités pour établir des priorités d’action et surtout débourser des argents pour ficeler des projets seuls ou avec des partenaires privés!

Aujourd’hui appelle des leaders aux capacités d’écoute, de talents de rassembleur et de motivateur. Qui ne se fient pas qu’à leur intuition, mais aussi aux idées des autres. « Il faut sortir de notre zone de confort », a insisté avec raison le commissaire agricole Alain Beaudin. Et j’ajouterais de ne pas fonctionner selon la logique de ses propres intérêts.

Il ne suffit plus de connaitre tel ministre pour vendre un dossier, mais de réunir des équipes qui sauront les faire avancer au nom de l’intérêt public et dans l’acceptabilité sociale la plus large possible. On est capable. Le parc éolien en témoigne. C’est ce que le colloque a rappelé : bien faire ensemble. Immédiatement.

Un point unanime : l’urgence de se doter d’un organisme consacré exclusivement au développement de la région au sein duquel on retrouverait les secteurs industriel, de service, commercial et agricole. Sans oublier l’économie sociale et l’éducation et sa formation professionnelle. Car tous vont étroitement de pair dans une économie viable. D’où mon incompréhension du silence de la Chambre de commerce lors de ces échanges!

Ainsi on ne peut plus confier qu’à la ville-centre ce développement que l’on veut complémentaire et intégré, dynamique et transparent. Mais elle en sera le pilier principal. Bonne nouvelle, la MRC y injectera la moitié des redevances générées par le parc éolien pour en permettre une saine et rapide organisation.

La place réservée aux élus dans ce comité a fait beaucoup parler. Doivent-ils y être étroitement impliqués avec vote au c.a. ou seulement observateurs, eux par qui transitera cependant, via la MRC, les argents dédiés au développement venant des gouvernements. Chaque formule a ses pour et ses contre.

Sur les tensions qu’ils vivent, j’aurais aimé plus d’échanges. Pour que les élus présents sentent toutes les limites que causent leur distanciation politique. Mais la diplomatie a primé. On l’a abordé fort poliment. Cela a toutefois amené le maire de Sorel-Tracy et le préfet de la MRC à admettre qu’il fallait que ça cesse. M. Péloquin a même parlé d’abcès à crever. Il n’a pas dit lequel.

Enfin l’intervention des ex-députés Sylvain Simard et Albert Khelfa devrait inspirer. Car chacun à leur façon, ils avaient su rassembler. Ils ont non seulement appelé à la fin des luttes de pouvoir, mais surtout à s’atteler au recrutement de nouvelles entreprises de production et de services, privées ou publics. On n’a pas donné suite aux jalons qu’ils avaient posés au cours de leurs mandats. Pourquoi? Tout est à recommencer.

Oui, le député Jean-Bernard Émond a eu raison de convoquer cette rencontre. Il fallait faire le point. Voire repartir à zéro. Mais c’est possible. Notre histoire économique nous le suggère. Mais il faudra cette fois avoir de la suite dans les idées. Faire preuve d’audace entrepreneuriale. Qui assurera la suite?

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