28 octobre 2020
Pierre Mondou a bon espoir de voir ses Devils rebondir
Par: Sébastien Lacroix
Pierre Mondou, qui réside dans la région depuis qu’il a pris sa retraite avec les Canadiens de Montréal en 1985, a été intronisé à deux reprises au Panthéon des sports de Sorel-Tracy, dont la dernière fois en 2013.
Photothèque | Les 2 Rives ©

Pierre Mondou, qui réside dans la région depuis qu’il a pris sa retraite avec les Canadiens de Montréal en 1985, a été intronisé à deux reprises au Panthéon des sports de Sorel-Tracy, dont la dernière fois en 2013. Photothèque | Les 2 Rives ©

Recruteur pour les Devils du New Jersey depuis déjà plus de 15 ans, Pierre Mondou a vu son équipe être exclue des séries pour une septième fois en huit ans. Ce qui ne l’empêche pas de croire qu’elle sera à surveiller d’ici quelques années.

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« Nous avons une bonne banque d’espoirs. Il n’y a jamais rien de certain, mais il vient un temps où ça ne peut pas faire autrement que de redécoller, souligne-t-il. Avec Nico Hischier, Jack Hughes et deux espoirs obtenus dans l’échange de Taylor Hall, c’est une question de temps avant que l’on puisse se comparer avec Colorado qui est redevenue une bonne équipe. »

Le Sorelois, qui couvre le Québec et l’Est de l’Ontario pour les Devils, était d’ailleurs très heureux de voir les Devils choisir Dawson Mercer en première ronde lors du dernier repêchage. Il ne s’attribue toutefois aucun mérite pour la sélection du joueur des Saguenéens de Chicoutimi.

« C’est toujours un travail d’équipe, assure-t-il. Nous [les recruteurs en charge d’un territoire] suivons les gars durant deux ans avant leur année d’éligibilité et nous faisons des rapports. Ensuite, c’est le recruteur en chef et les quatre qui vont partout qui font la liste finale [qui détermine l’ordre de sélection]. »

Pas de controverse entourant les Québécois

À titre d’ancien joueur des Canadiens de Montréal et de dépisteur amateur au Québec, Pierre Mondou ne lance pas la pierre à Trevor Timmins pour ne pas avoir repêché de Québécois cette année. Une controverse qui, à son sens, n’aurait pas dû en être une.

« Les joueurs que les Canadiens ont pris, on les aimait beaucoup nous autres aussi. On aurait fait la même chose, croit-il. Je suis convaincu qu’ils fonctionnent de la même façon que nous. C’est partout pareil dans la ligue. On se fait une liste et on suit l’ordre. Au moment de choisir, il n’y a aucune nationalité, ni aucune race qui ne tienne. Regarde, moi mes patrons, ce sont des Américains et nous n’avons pris aucun joueur américain. »

« Souvent les bons joueurs [québécois] tombent entre deux choix et ils ne sont pas disponibles au rang que tu choisis. Parce que 99 % des Québécois qui méritent d’être pris, ils le sont toujours, en général », fait-il valoir.

Il faut dire que les choses ont bien changé depuis qu’il est devenu recruteur pour les Canadiens, en 1987, avant de passer aux Devils, en 2004. « C’est beaucoup plus mondial qu’avant. Je me suis déjà promené un peu partout pour les Canadiens, mais c’était limité les pays que l’on faisait. Si on nous disait qu’il y avait un Allemand qui était bon, on était plus sceptique, se souvient-il. Maintenant c’est partout, partout, partout. Tu ne peux plus te permettre d’en échapper un. »

« Cette année, ç’a été Alexis Lafrenière le numéro 1, mais il y avait un débat entre Quinton Byfield et Tim Stützle au deuxième rang. Le troisième était même un potentiel numéro un, rappelle Pierre Mondou. Il y a plusieurs années, si tu m’avais dit qu’un Allemand allait chauffer Guy Lafleur! (…) On a déjà pris un Suisse au premier rang, [Nico Hischier en 2017]. Avant ça, c’était de la science-fiction de penser qu’un Suisse puisse sortir premier. »

Les Canadiens seront là

Celui qui a porté le bleu-blanc-rouge de 1977 à 1985 estime que le directeur général Marc Bergevin a fait du très bon travail au cours des dernières semaines pour replacer l’équipe sur le chemin des séries.

« Ils ont fait de bons moves. Le dernier qu’ils ont signé sur le marché des joueurs autonomes, Tyler Toffoli, je le connaissais beaucoup. Il jouait pour les 67’s d’Ottawa. C’est une des équipes que je suis. C’est un très bon joueur, un compteur naturel, souligne Pierre Mondou. C’est un joueur qui nous intéressait l’année de son repêchage, mais il était justement passé entre deux choix. Parce que dans ce temps-là [2010], on faisait les séries plus souvent. »

S’il admet qu’il regarde surtout les faits saillants des activités de la LNH, étant donné qu’il visionne entre cinq à six parties de hockey junior par semaine, Pierre Mondou n’a pas manqué les vieux matchs d’époque que les chaînes sportives ont présentés au printemps. Des soirées où il est redevenu l’une des vedettes du petit écran pour les amateurs et les nostalgiques.

« C’était du hockey bien différent avec l’accrochage. C’était beaucoup moins rapide, analyse-t-il.  Dans ces années-là, il y avait beaucoup plus de joueurs de rôle qui étaient là pour apporter l’élément défensif ou robustesse. Ce qui faisait en sorte que des gars qui avaient moins de talent pouvaient plus s’en sortir. »

« Quand tu regardais les matchs Canadiens-Nordiques, il y avait 20 Québécois des deux bords, se souvient-il. Aujourd’hui, il y a 31 équipes et il y a peut-être 40 Québécois dans toute la LNH. Le hockey a énormément changé. C’est devenu beaucoup plus mondial. »

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