27 août 2019
Passez de la parole aux actes
Par: Deux Rives

Benoit Chartier est l'éditeur du journal Les 2 Rives et propriétaire de DBC Communications.

Chers lecteurs et annonceurs,

Je n’ai pas l’habitude de vous interpeller directement à l’intérieur de mon journal. Il s’agit d’une première pour moi. C’est dire à quel point le moment est important et commande une réaction exceptionnelle. À titre de président d’Hebdos Québec, qui regroupe 47 hebdomadaires régionaux, de propriétaire de DBC Communications, un groupe de presse régional qui édite cinq hebdomadaires en Montérégie, dont ce journal, je ne pouvais demeurer silencieux face aux événements des derniers jours dans l’industrie des médias.

Cette tempête parfaite qui affecte durement la presse écrite régionale, nationale et internationale n’a rien de nouveau pour moi. Je constate et déplore ses effets depuis cinq ou six ans déjà, sans qu’elle donne l’indication de vouloir s’essouffler, et ce, malgré toutes les tentatives pour l’atténuer. Cette tempête frappe avec énormément d’intensité, même en région où elle a pris un peu plus de temps à s’installer. Aucun média n’est plus à l’abri.

Le lundi 19 août a été qualifié à juste titre de journée noire pour les médias du Québec. La décision du Groupe Capitales Médias (GCM), qui publie six des dix quotidiens papier au Québec, de se placer sous la Loi de la protection de la faillite, faute de liquidités suffisantes, a secoué tout le Québec. L’intervention rapide du gouvernement du Québec par l’octroi d’un prêt d’urgence de 5 M$ a permis d’éviter le naufrage, mais la survie de ces quotidiens régionaux n’est pas acquise pour autant. En ces temps d’incertitude, je suis de tout cœur avec les quelque 350 employés de GCM.

Et localement, dites-vous? DBC Communications ne vit pas dans une bulle de verre. Malgré l’appui fort et indéfectible de fidèles lecteurs et annonceurs, nous devons nous aussi livrer un combat de tous les instants pour assurer notre pérennité. Il nous faut multiplier les démarches pour retenir ou faire revenir les grands et petits annonceurs qui sont tentés ou succombent carrément au chant des sirènes. Je pense tout particulièrement à Google et Facebook qui vampirisent nos revenus publicitaires tout en profitant sans frais de l’information produite par les médias de chez nous, et ce, sans pour autant payer de redevances ni même de taxes.

Le combat est-il perdu d’avance? Certainement pas et je refuse de capituler. Personnellement, je participerai activement aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, à la commission parlementaire sur l’avenir des médias. J’aurai l’opportunité d’avancer certaines pistes de réflexion pouvant assurer autant que faire se peut la survie des médias et leur indépendance. Je n’ai pas toutes les solutions, mais il me tarde de collaborer avec nos décideurs pour établir la contre-attaque. Sachez que vous aussi, à titre de lecteur et annonceur fier de vos journaux et soucieux d’être bien informé, vous pouvez sans tarder nous apporter votre appui. Comment? En y annonçant vos activités, produits et services et en y achetant de la publicité.

Ces derniers jours, nombre de députés et de maires ont exprimé leurs inquiétudes face aux malheurs du Groupe Capitales Médias et à la disparition des quotidiens régionaux qui serait catastrophique pour la vie économique et démocratique au Québec.

La Fédération des municipalités du Québec s’est également dite préoccupée pour l’avenir de la presse régionale et a plaidé pour que l’on trouve collectivement les moyens d’assurer la pérennité des médias imprimés québécois. J’en suis. Il est temps de passer de la parole aux actes. J’invite donc les municipalités qui ont cessé de publier leurs avis publics dans ce journal à reprendre au plus vite cette pratique. Cette solution ne règlera pas tout, mais elle rendra votre discours plus crédible. Le temps presse.

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