28 septembre 2016
Optilab: pas de transferts massifs avant 2019
Par: Sarah-Eve Charland
Des employés de laboratoire seront transférés de Sorel-Tracy à Longueuil à partir de 2019. | TC Média - Denis Germain

Des employés de laboratoire seront transférés de Sorel-Tracy à Longueuil à partir de 2019. | TC Média - Denis Germain

Le projet Optilab sera maintenu. C’est ce qu’ont appris les employés des laboratoires des différents hôpitaux en Montérégie lors d’une importante rencontre le 28 septembre. Toutefois, les transferts d’analyse n’auront pas lieu avant 2019.

Optilab, imposé par le ministère de la Santé, vise à centraliser les centres d’analyse de toute la Montérégie à l’hôpital Charles-Lemoyne à Longueuil.

Le projet prendra vie le 1er avril 2017, a confirmé le président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) Montérégie-Centre, Richard Deschamps.

À ce moment, les employés des centres d’analyse de tous les hôpitaux en Montérégie seront gérés par le CISSS Montérégie-Centre.

Le directeur médical et le directeur clinico-administratif pour les centres d’analyse seront choisis d’ici le 31 décembre 2016. Après une analyse des besoins cliniques par les directeurs, les employés connaîtront le nombre de techniciens qui seront transférés.

Une quarantaine de techniciens travaillent au centre d’analyse à Sorel-Tracy. En Montérégie, on compte près de 550 employés.

« Les gens seront accompagnés dans ce processus. Il y aura des mécanismes mis en place pour les aider. Notre but n’est pas de mettre personne dehors. On prévoit des départs à la retraite massifs dans les prochaines années. On compte saisir cette opportunité pour réduire les impacts », a précisé M. Deschamps.

À terme, près de 70% des analyses seront transférés vers le centre hospitalier Charles-Lemoyne. Il devrait également y avoir une coupure de 10% des effectifs en Montérégie.

« Les employés sont préoccupés par le transfert. C’est comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. C’est une moins bonne nouvelle pour la région. Ce sont des emplois de qualité occupés majoritairement par des femmes », dénonce la représentante politique pour l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé (APTS) de Sorel-Tracy, Fabienne Chabot.

En 2015-2016, plus de 4 millions de procédures ont été effectuées au centre de Sorel-Tracy. En MontérégieEst, le nombre atteint plus de 20,9 millions de procédures.

Pas de transfert avant 2019

« Tant que le serveur des laboratoires et les solutions immobilières ne seront pas prêts, il n’y aura pas de transferts massifs. On ne croit pas qu’ils seront prêts avant 2019 », assure M. Deschamps.

Le syndicat avait dénoncé dans le passé la précipitation des dirigeants à mettre en place ce projet. L’APTS avait organisé plusieurs activités de mobilisation pour sensibiliser la population aux impacts du projet Optilab. Une pétition regroupant près de 20 000 signatures a été déposée à l’Assemblée nationale.

« Nous demandions un moratoire. Cette décision prouve que le moratoire était tout à fait légitime. D’un autre côté, en termes de protection et de sécurité pour les analyses, ça me rassure. Malgré tout, il faudra rester vigilant. Ce n’est pas pour autant qu’on laisse tomber notre combat », mentionne Mme Chabot.

Rochon et Péloquin élèvent leur voix contre les transferts

Le député de Richelieu Sylvain Rochon et le maire de Sorel-Tracy Serge Péloquin maintiennent leur position : ces transferts d’analyse à Longueuil se font au détriment des patients et des employés qui travaillent à l’hôpital.

« La centralisation et les coupures, partout en région, se poursuivent au détriment de tout le monde, lance le député de Richelieu. Le bulldozer libéral poursuit son travail et sans consultation, il va de l’avant malgré les craintes de tous. »

M. Rochon a aussi remis en question le projet Optilab lui-même. « Le transport, la sécurité et la traçabilité des échantillons ne sont pas assurés dans une centralisation des analyses. Lorsqu’il y a des pertes d’analyses, il peut y avoir des conséquences graves. Ce n’est rien pour rassurer la population. Les employés perdront aussi la proximité avec leurs gestionnaires. Le ministre prétend amener des économies, mais c’est dérisoire. »

Le député entend profiter du délai donné par le CISSS pour le transfert d’analyse, soit jusqu’en 2019, pour continuer sa bataille. « Nous allons continuer notre très forte pression auprès du ministre », conclut-il.

De son côté, le maire Serge Péloquin a joint sa voix à celle d’autres maires de villes de taille semblable à celle de Sorel-Tracy.

« On sait que ce projet s’est fait dans la plus totale discrétion et ce n’est pas vrai qu’on peut fonctionner comme ça. Quand le gouvernement va-t-il arrêter de dévitaliser nos municipalités? On parle d’une cinquantaine d’emplois transférés ailleurs sans tenir compte des enjeux propres à chaque région. Nos citoyens sont en droit de s’attendre à des services de qualité à proximité de chez eux », commente-t-il.

À l’instar du député Rochon, M. Péloquin entend poursuivre son combat. « J’aimerais que l’UMQ [Union des municipalités du Québec] exprime son désaccord. On a aussi demandé un moratoire au gouvernement du Québec. Il n’y a eu aucune consultation. On travaille fort pour maintenir nos services de qualité, on ne veut pas tout perdre! », conclut-il.

Avec la collaboration de Jean-Philippe Morin

ate}2016-09-29T10:04:44.409-04:00

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