12 février 2020
Le Sorelois soulève la Coupe de Suisse
« On peine encore à réaliser ce qui vient de se passer » – Philip-Michaël Pinard-Devos
Par: Jean-Philippe Morin

Philip-Michaël Pinard-Devos et Jonathan Hazen, deux des trois Québécois de l’équipe avec l’entraîneur Gary Sheehan, font la pluie et le beau temps avec le HC Ajoie. Photo gracieuseté

Battre des formations de ligue A comme Lausanne, Bienne, Zurich et Davos représente un « miracle » pour une petite formation de ligue B comme le Hockey-Club (HC) Ajoie. C’est pourtant ce qu’elle a accompli en soulevant la Coupe de Suisse, la semaine dernière à Lausanne, et Philip-Michaël Pinard-Devos a joué un grand rôle dans ce triomphe historique.

Le hockeyeur sorelois a amassé 16 points en cinq matchs dans ce tournoi annuel auquel les meilleures équipes suisses prennent part. Son équipe, le HC Ajoie, était pourtant loin d’être favorite, étant dans la ligue B avec une masse salariale largement inférieure aux autres équipes.

« Juste pour t’illustrer à quel point c’est surréaliste, c’est comme si le Rocket de Laval allait battre les Penguins de Pittsburgh en octobre, les Capitals de Washington en novembre, les Golden Knights de Vegas en décembre et le Lightning de Tampa Bay en janvier. En finale, du côté de Davos, leurs quatre plus gros salariés mis ensemble gagnaient plus d’argent que le total de la masse salariale de notre équipe », souligne Philip-Michaël Pinard-Devos en entrevue.

En finale, le 2 février, le Sorelois a conclu son tournoi avec un but et trois passes dans une victoire de 7-3 contre Davos. Son coéquipier québécois Jonathan Hazen a récolté cinq passes. Dans les autres rencontres contre les équipes de la ligue A, le HC Ajoie s’est défait de Bienne par la marque de 4-3 en demi-finale le 15 décembre, de Zurich par le pointage de 6-3 en quart de finale le 26 novembre et de Lausanne par la marque de 4-3 en huitième de finale le 20 octobre. Le club suisse a aussi gagné son premier match le 10 septembre par la marque de 8-2 contre le EHC Wicki-Münsigen.

Encore sur un nuage

« On peine encore à réaliser ce qui vient de se passer. C’est tellement grandiose, on se remet tout juste de nos émotions. Tout le monde parle de nous ici. À notre retour dans la nuit du dimanche [2 février] au lundi [3 février], il y avait 1000 personnes qui nous attendaient aux petites heures du matin [à Porrentruy] même si pas mal de monde travaillait le lendemain. La région est comme ça, les gens sont tissés serrés et aiment leur club », ajoute le hockeyeur de 29 ans.

Selon lui, son équipe a fait les petites choses qu’elle devait faire pour s’en sortir avec la victoire dans chacune des rencontres.

« Chaque fois, on a été opportunistes. On n’a pas dominé, loin de là, mais on ne s’est pas fait manger non plus. On jouait intelligemment et on avait un gardien exceptionnel qui nous gardait dans les matchs », analyse Pinard-Devos.

Place aux séries

Le HC Ajoie disposait de 10 jours de congé entre la finale de la Coupe de Suisse et la reprise des activités en saison régulière.

« Je ne te cacherai pas qu’avec le lot d’émotions vécues, ce ne sera pas facile de se remettre au travail. Par contre, avec seulement deux matchs à jouer en saison régulière, on va rapidement se mettre dans le bain en mode séries. On est à égalité au deuxième rang et on a encore la chance d’avoir l’avantage de la glace même en demi-finale, notre focus doit être là », explique le Sorelois, à l’approche des séries de la ligue B.

D’un côté individuel, Philip-Michaël Pinard-Devos ne s’en cache pas : il souhaite accéder à la ligue A l’an prochain.

« Je veux accéder au niveau supérieur. C’était une belle vitrine ce tournoi, surtout qu’on jouait contre des équipes de la grosse ligue. Je pense que j’ai pu montrer que je suis capable de dominer dans les deux ligues. Même si je n’ai pas d’appel en ce sens, je n’ai aucun regret sur ma performance ou mon jeu », conclut-il.

Jusqu’ici cette saison, Pinard-Devos a amassé 28 buts et 67 passes (95 points) en 42 parties.

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