19 mai 2015
« On dit que je suis un miraculé » — Éric Delisle
Par: Julie Lambert
Le Sorelois Éric Delisle se trouve chanceux d'avoir été au bon endroit au bon moment.

Le Sorelois Éric Delisle se trouve chanceux d'avoir été au bon endroit au bon moment.

Le Sorelois Éric Delisle entouré de sa femme Dominique Boily et de ses enfants Victor et Juliane. | Photo: TC Média - Julie Lambert

Le Sorelois Éric Delisle entouré de sa femme Dominique Boily et de ses enfants Victor et Juliane. | Photo: TC Média - Julie Lambert

Régine Simard, Yvon Quintal et Sonia Benoit ont reçu un hommage de la Ville de Boucherville pour avoir sauvé la vie d’Éric Delisle (à droite). | Photo:TC Media – Martin Grenier/PPM

Régine Simard, Yvon Quintal et Sonia Benoit ont reçu un hommage de la Ville de Boucherville pour avoir sauvé la vie d’Éric Delisle (à droite). | Photo:TC Media – Martin Grenier/PPM

La vie du Sorelois Éric Delisle aurait pu prendre une tournure tragique en octobre 2014, lorsque foudroyé par une crise cardiaque. Un ange-gardien veillait probablement sur lui puisqu’il a été sauvé in extremis par de purs inconnus.

Le matin du 8 octobre, le Sorelois était sur la route avec un collègue de travail. Rendu à Boucherville, M. Delisle commence à avoir chaud et il s’effondre sur le conducteur.

Inquiet de son inconscience, son collègue s’arrête d’urgence à la Maison de soins palliatifs Source bleue qu’il se rappelait avoir déjà aperçue afin de trouver de l’aide.

« Je ne me rappelle plus de rien, raconte M. Delisle. On m’a dit qu’une infirmière sur place m’a fait des manœuvres de réanimation et qu’on a appelé les secours. Les ambulanciers sont arrivés et m’ont amené à l’hôpital Pierre-Boucher. »

À 45 ans, il n’avait jamais connu de problème de santé. Sa crise cardiaque est survenue parce que ses artères étaient bouchées à 40%, lui a-t-on expliqué. « Il n’était pas dû », pense sa femme Dominique Boily.

Elle et ses deux enfants, Victor et Juliane, ont vécu les premières heures à l’hôpital dans l’angoisse puisque les médecins leur avaient dit que M. Belisle n’avait que 20% de chances de s’en sortir – et au mieux avec des séquelles. Son cœur s’était arrêté de battre de lui-même pendant au moins 50 minutes. Il a été maintenu en vie manuellement.

Les médecins leur avaient même conseillé de faire venir toute la famille afin que les gens puissent lui dire un dernier au-revoir. Contre toute attente, son état s’est toutefois amélioré. Il s’est réveillé et ses premières paroles ont été: « Quel est le score de la game des Canadiens? » et « Je veux aller fumer », raconte sa femme avec un sourire.

« Je n’avais jamais été un gars malade. Me réveiller aux soins intensifs, c’était bizarre, raconte à son tour Éric Delisle. Même si je suis resté six jours à l’hôpital, je ne me rappelle que des derniers jours. J’avais des problèmes de mémoire à court terme. J’étais capable de dire le nom de ma femme et de mes enfants, mais je demandais toujours pourquoi j’étais là. »

Retour à la réalité

Sept mois après l’incident, M. Delisle et sa famille sont soulagés de la tournure de l’événement qui aurait pu être plus tragique. Ils ont assisté à l’hommage rendu aux trois personnes qui lui ont sauvé la vie à Boucherville.

Selon la famille, il n’y avait pas de mot assez fort pour exprimer toute leur gratitude.

« D’accord, on dit que je suis un miraculé, mais c’est parce que j’ai eu du monde au bon moment et à la bonne place, pense le Sorelois. Je ne serais plus là sans eux. C’est une chaîne. Nous sommes allés manger avec l’infirmière, Sonia, avant l’événement. Nous n’avons pas arrêté de la remercier. Ce n’est plus une étrangère pour moi, elle est devenue une amie. »

La petite famille a également changé sa vision de la vie et maintenant, tous profitent du moment présent, souligne le couple.

« On ne s’inquiète plus des petites choses. Ça ne peut pas être pire que ce que nous avons vécu. On profite des moments importants et nous faisons que ce que nous avons envie de faire parce qu’on sait que cela pourrait arriver à nouveau n’importe quand et on ne veut plus prendre de chances », conclut-il.

Ses sauveurs honorés par Boucherville

Si Éric Delisle, 45 ans, n’a conservé aucune séquelle de l’arrêt cardiaque qu’il a subi en octobre dernier, c’est en grande partie grâce à trois employés de la Maison de soins palliatifs Source Bleue, à Boucherville, qui ont été honorés par la Ville il y a quelques jours.

Même si tout s’est passé «tellement vite», Sonia Benoit se souvient bien de la journée du 8 octobre 2014, où elle a mis en pratique les manœuvres de réanimation qu’elle enseigne elle-même depuis quelques années. Vers 10h30, un homme s’est présenté à la Maison Source Bleue. Son collègue, qui était passager dans sa voiture, avait perdu connaissance.

Mme Benoit, alors directrice des soins infirmiers par intérim de cet établissement, est sortie lui porter secours. Aidée d’Yvon Quintal, un préposé aux bénéficiaires, elle a sorti M. Delisle du véhicule et commencé les manœuvres de réanimation. Leur collègue Régine Simard, une infirmière, a contribué aux manœuvres en apportant le matériel nécessaire.

Les policiers et ambulanciers sont ensuite arrivés. Ils ont utilisé un défibrillateur à quelques reprises, sans que le pouls ne revienne. À l’hôpital, M. Delisle a subi une opération visant à débloquer une artère.

Travail d’équipe

Selon Mme Benoit, les chances de survie étaient minces, mais les manœuvres ont permis d’éviter les séquelles. Elle précise toutefois qu’il s’agit d’un travail d’équipe.

«Aujourd’hui, je suis fière et je suis contente d’avoir été capable de bien gérer la situation et d’être intervenue rapidement. Mais c’est surtout un travail d’équipe», soutient Mme Benoit.

La Ville de Boucherville a remis un prix Coup de chapeau à Mme Benoit ainsi qu’à Régine Simard et Yvon Quintal. «Je me sens honorée. J’ai de la difficulté à accepter toute cette reconnaissance, mais en même temps, ça fait tellement de bien. De revoir le monsieur avec sa famille c’est le plus beau cadeau», dit Mme Benoit.

Avec la collaboration de Martine Veillette.

image