28 avril 2015
Michel Leduc cherche à sauver la maison de ses ancêtres
Par: Louise Grégoire-Racicot

Michel Leduc, le fils de l’ex-député fédéral Jean-Louis Leduc, déplore que la municipalité de Sainte-Victoire-de-Sorel considère démolir la maison du rang Sud qui a abrité ses ancêtres pour faire place à un développement résidentiel.

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Même si elle n’appartient plus à sa famille depuis belle lurette, il souhaite plutôt que la maison soit déménagée s’il le faut et restaurée, pour connaitre une deuxième vie à titre de maison de la culture, propose-t-il.

Oui, la maison a besoin de réparations, reconnait-il. Elle est presque centenaire et n’a pas toujours été bien entretenue. « Mais le carré de la maison est bon. Des poutres, cela se remplace. Il suffirait de la réparer. Elle est dans le même état que les bâtiments autour, que la municipalité compte utiliser. »

Il a appris par le journal la semaine dernière la nouvelle de sa démolition probable. Depuis, plusieurs personnes lui ont téléphoné, déplorant cette décision.

« Les gens veulent que je fasse quelque chose. C’est certain que pour moi, cette maison est celle de mes ancêtres et la voir disparaitre me parait incorrect. »

Aussi compte-t-il en appeler de la décision de la municipalité, s’il peut assister à la prochaine rencontre du conseil, à moins qu’il ne soit au travail lors de cette assemblée.

Déjà il parle avec des gens aussi convaincus que cette maison ne doit pas disparaitre, mais être restaurée. Il songe même à organiser des activités de financement pour que cela soit fait, comptant sur la présence du député Louis Plamondon pour amasser des fonds à cet effet.

Ce dernier est clair: la maison qui a abrité son adversaire politique Jean-Louis Leduc (qu’il a battu en 1984) est la plus ancienne de Sainte-Victoire. Il prône que l’on doive, avant de prendre toute décision, étudier les coûts de la déménager puis de la restaurer. Ce qui doterait Sainte-Victoire d’une maison patrimoniale pouvant devenir un centre culturel.

Agente de développement culturel à la MRC de Pierre-De Saurel, Caroline Cloutier explique qu’une maison est dite patrimoniale si elle a conservé son cachet, son intégrité architecturale. Elle peut aussi avoir une notoriété historique à cause des gens qui l’ont habitée, des événements qui ont pu s’y dérouler et pour ce qu’elle représente dans la mémoire des gens du milieu où elle est située.

Pour l’ex-conseillère Marie-Linda St-Martin, cette maison située près de l’église est une des plus vieilles maisons du village. « Elle représente la richesse du passé historique de ce village, a hébergé trois générations de Leduc. On y a opéré la centrale téléphonique. Et M. Jean-Louis Leduc avait réussi, comme député, à rapatrier 350 000$ qui a permis la construction du centre récréatif tant utilisé aujourd’hui encore », rappelle-t-elle.

C’est une maison unifamiliale de style vernaculaire américain, la décrit la recherchiste Louise Pelletier qui appelle aussi à sa sauvegarde. « Elle est dotée de deux lucarnes à pignon. Il y a deux cheminées opposées à chaque bout de la maison. Nous retrouvons un perron-galerie qui orne tout le tour de la maison. Ses fenêtres sont à guillotine de style anglais. Elle est construite de bois pièces sur pièces et recouverte de déclin de bois. Son toit est fabriqué de tôle galvanisée. La date de construction de la maison serait la même que celle du moulin, vers 1890. »

Ne pas démolir la maison est ce qui leur importe. Ce pour quoi une pétition circule.

À la municipalité

Rappelons que la maison appartient à la municipalité qui l’a achetée au prix de 190 000$, en janvier dernier. Elle désire s’en départir au 30 avril.

Le maire Jean-François Villiard se dit surpris de la réaction des citoyens: certains veulent qu’elle soit conservée, d’autres que la municipalité n’y investisse pas un sou.

Mais, reconnait-il, elle sera remise au plus offrant à la condition qu’il la déménage avant juillet, date à laquelle les locataires de la maison déménageront.

Pas question qu’elle reste vide, insiste-t-il. « C’est une question de sécurité pour tous. » La municipalité ne veut surtout pas y investir de l’argent, mais est ouverte à toute offre déposée, peu importe le montant offert, précise-t-il. Aucune offre n’a encore été déposée.

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