7 décembre 2016
Marc Vigneault conteste son congédiement
Par: Sarah-Eve Charland
Marc Vigneault, aux Jeux du Québec. | Photo: TC Média – archives/Pierre Loiselle

Marc Vigneault, aux Jeux du Québec. | Photo: TC Média – archives/Pierre Loiselle

L’assistant-entraîneur des Polypus cadets au basketball et directeur des Ressources humaines de la Commission scolaire de Sorel-Tracy, Marc Vigneault, compte contester son congédiement devant les tribunaux.

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« J’ai commis une faute, avoue d’emblée M. Vigneault, en entrevue. C’est important pour moi d’aller jusqu’au bout. […] Mais ce n’est pas une erreur qui mérite ça. La sanction doit représenter le niveau de la faute. »

Il a tenu à donner sa version des faits. « Personne ne m’a jamais rencontré pour connaître ma version des faits. Le Protecteur de l’élève raconte ce qui s’est passé auprès de l’élève. Ç’a des bons côtés, mais ça ne contient pas toutes les versions des faits. »

Marc Vigneault affirme songer fortement à déposer un dossier au niveau de la justice civile contre la Commission scolaire de Sorel-Tracy, lui qui a été démis de ses fonctions le 29 novembre.

Historique des événements

Les événements remontent au printemps 2016 alors qu’une des joueuses de l’équipe des Polypus, dont la mère habite à Sorel-Tracy, a participé au camp de sélection des Jeux du Québec en avril 2016 pour une équipe d’une autre région, où son père habite.

Selon les règlements de SportsQuébec, le lieu d’appartenance de l’athlète est l’adresse de son domicile, tel que mentionné sur son bulletin scolaire de l’année en cours. L’athlète est présumé domiciliée chez le parent ou tuteur avec lequel il passe la majorité de son temps.

« J’ai essayé de faire respecter une règle. On n’a jamais empêché une jeune de jouer. La règle est claire. On n’a jamais fait de protêt d’admissibilité. C’est la région Richelieu-Yamaska qui en a déposé un. […] Le seul papier qui devait être utilisé pour faire respecter la règle est le bulletin scolaire », souligne M. Vigneault.

Le 14 juillet, la chef de délégation de la région Richelieu-Yamaska, Diane Gosselin, a déposé auprès de SportsQuébec un protêt d’admissibilité auquel était jointe une copie des bulletins de l’élève, qui ont été obtenus par des accès informatiques qui n’avaient pas été désactivés depuis qu’il n’était plus directeur adjoint à la Commission scolaire, peut-on lire dans le rapport du Protecteur de l’élève.

« Si j’avais su que c’était une erreur, je ne l’aurais pas fait. On affirme dans la résolution que je l’ai fait sciemment. Ce qui est totalement faux. On pourrait passer chacun des «considérants» et j’aurais plusieurs questionnements. Ça fait un mois et demi que je ne pense qu’à ça. »

Deux jours après le dépôt du protêt, le comité de règlement de SportsQuébec a décidé que le protêt était légitime. Lorsque SportsQuébec a appris que les bulletins ont été obtenus de façon illégale, l’organisation a réintégré l’élève dans l’équipe de l’autre région.

Le directeur des communications de la Commission scolaire de Sorel-Tracy, François Houde, n’a pas retourné nos appels.

SportsQuébec et Richelieu-Yamaska à la défense de Marc Vigneault

« Dans sa fonction d’entraîneur, il n’a pas été de mauvaise foi. On est convaincu qu’il ne connaissait probablement pas toutes les subtilités de la loi », défend la coordonnatrice aux communications stratégique de SportsQuébec, Michelle Gendron.

Autant la représentante de SportsQuébec que la chef de délégation de la région Richelieu-Yamaska, Diane Gosselin, reconnaissent la faute commise par les entraîneurs de l’équipe de basketball des Polypus.

« J’ai appris, après les événements, que la preuve d’éligibilité aurait dû être demandée au «défendant» et non à la région Richelieu-Yamaska », observe Diane Gosselin.

Elle tient à préciser que le protêt a été précédé de plusieurs démarches faites par les entraîneurs, la fédération et la région pour informer la mère et l’autre région qu’il y avait matière à protêt.

« Les démarches faites n’ayant pas porté fruit, nous avons déposé le protêt en croyant vraiment qu’une règle des Jeux du Québec allait être transgressée. SportsQuébec a demandé à la région de joindre une preuve au protêt. »

De son côté, la coordonnatrice aux communications stratégiques chez SportsQuébec, Michelle Gendron, a aussi commenté la situation. « La région aurait pu avoir accès au bulletin, mais pas de cette façon-là. En vertu de nos réglements, on prend le bulletin comme preuve. »

La région de la Mauricie a d’ailleurs déposé un protêt lors de la finale des Jeux du Québec au sujet de l’admissibilité de la même élève. La région a toutefois déposé des documents légaux en preuve. Le comité de règlement de SportsQuébec a décidé d’exclure l’élève du match, mais cette dernière pouvait tout de même assister à la partie.

Selon le type de sport, les règles d’admissibilité ne sont pas les mêmes. Pour certains sports, l’admissibilité est basée sur le lieu de résidence, alors que pour d’autres, elle est basée sur le lieu de pratique.

« Il y a des discussions en ce moment à savoir si nous allons imposer la même règle pour tous les sports », conclut Mme Gendron.

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