8 mars 2016
« Malgré l’intimidation, il y a de l’espoir »
Par: Sarah-Eve Charland
Après avoir vécu le pire, Alexandra Robichaud entrevoit l’avenir avec positivisme. | TC Média – Pascal Cournoyer

Après avoir vécu le pire, Alexandra Robichaud entrevoit l’avenir avec positivisme. | TC Média – Pascal Cournoyer

Après avoir flirté avec la mort, Alexandra Robichaud, 17 ans, établie depuis peu à Saint-Robert, a su retrouver le bonheur quelques années après avoir, dit-elle, subi de l’intimidation à l’école.

Publicité
Activer le son

Maintenant qu’elle a de nouveaux amis et qu’elle peut enfin avoir des projets d’avenir, elle tenait à raconter son histoire pour inspirer d’autres jeunes dans la même situation. « C’est possible de s’en sortir », témoigne-t-elle avec émotion.

Son histoire remonte à il y a quelques années. Un conflit entre filles a dégénéré, dit-elle. Alexandra raconte avoir alors été insultée et bousculée à l’école. La violence se poursuivait également par écrit, sur les réseaux sociaux, allègue-t-elle. La situation était devenue insupportable au point où elle a jugé nécessaire de déposer une plainte auprès de la Sûreté du Québec.

« J’avais un point au cœur. J’avais tellement mal au cœur que je ne voulais plus aller à mes cours. Les gens ne se rendent pas compte à quel point ça peut aller loin, l’intimidation. Les petits gestes peuvent avoir de graves répercussions. »

Surmonter la pente

Sa mère Judith Dufour affirme avoir tout tenté pour réduire le problème. Son ultime recours a été de transférer sa fille dans une autre commission scolaire. Ce transfert a permis d’éloigner sa fille de ses intimidateurs.

Alexandra s’est retrouvée dans une formation de métier spécialisé. Cette expérience s’est avérée une grande bouffée d’air frais. Elle tient d’ailleurs à livrer ce message d’espoir aux personnes qui se font intimider : il faut en parler.

« J’ai raconté mon histoire à mes camarades. À ma grande surprise, ils ne m’ont pas jugée. Je me suis sentie soutenue. Ça a été le premier pas vers ma guérison », souligne-t-elle.

C’était une première étape. Cependant, même si elle s’est éloignée de ses intimidateurs, les cicatrices étaient toujours présentes. Elle a commencé à développer des pensées suicidaires.

« On ne parle jamais du «après». Les intimidateurs ont démoli ma fille. Il a fallu la reconstruire. On a dû réparer ce qui a été brisé », explique sa mère.

Elle a été hospitalisée d’urgence en psychiatrie pour soigner sa dépression. Grâce à un traitement de plusieurs semaines, elle a réussi à recouvrer sa santé mentale. Malgré tout, elle souffre encore d’anxiété généralisée. Alexandra a donc aussi consulté le centre de prévention du suicide La Traversée afin de l’aider à s’en sortir.

Le soutien de sa meilleure amie et de ses proches a été primordial dans son processus de guérison.

« Je veux remercier ma meilleure amie et ma famille. Je ne m’en serais probablement pas sortie sans eux », conclut Alexandra.

Des solutions existent

La Traversée – Centre de crise offre des services d’écoute et d’hébergement pour les gens vivant des difficultés ou une crise suicidaire. Pour rejoindre l’organisme : 450-746-0303.

Commission scolaire de Sorel-Tracy : tolérance zéro pour l’intimidation

Combattre l’intimidation est une lutte de chaque instant. Que ce soit de la violence ou de l’intimidation, c’est tolérance zéro, assure la responsable des communications de la Commission scolaire (CS) de Sorel-Tracy, Christine Marchand.

« C’est important que les parents et que les intervenants dénoncent pour ne pas laisser perdurer une situation », prévient la responsable des communications de la CS, Christine Marchand.

Même s’il n’y pas de recette magique pour intervenir dans des cas de violence ou d’intimidation, dit-elle, les sanctions sont données selon les circonstances, la gravité et le caractère répétitif. « Chaque cas est un cas d’espèce », ajoute Mme Marchand.

Selon les dispositions de la loi visant à lutter contre l’intimidation et la violence, en vigueur depuis 2012, chacun des directeurs d’école doit faire adopter le plan de lutte par les conseils d’établissement composés de membres du personnel et de citoyens de la communauté.

Les plans de lutte adoptés dans chaque école sont révisés annuellement par les conseils d’établissement. « Tous les acteurs sont impliqués dans ce processus. »

Les membres des conseils des écoles secondaires ont mis en lumière plusieurs points à améliorer dans leur évaluation au terme de l’année 2014-2015. Ils ont mis en priorité l’amélioration de la surveillance dans les écoles et l’augmentation de la sensibilisation auprès du personnel et des élèves.

Le député de Richelieu et porte-parole l’opposition officielle en matière de lutte contre l’intimidation, Sylvain Rochon, continue à se pencher sur la question de l’intimidation, la qualifiant de « fort préoccupante ».

« D’ailleurs, j’ai acheminé la pétition d’Éric Pettersen réclamant que chaque commission scolaire ait son propre protecteur de l’étudiant, indépendant de la commission scolaire et à qui les parents et les jeunes pourraient s’adresser directement. Il y a des commissions scolaires où c’est le cas. Elles ont leur propre protecteur. »

Avec la collaboration de Louise Grégoire-Racicot

image