2 décembre 2015
L’ex député-ministre Maurice Martel emporté par la maladie
Par: Louise Grégoire-Racicot
Maurice Martel a laissé un important héritage à la région. | Photo: Gracieuseté Philippe Manning

Maurice Martel a laissé un important héritage à la région. | Photo: Gracieuseté Philippe Manning

L’ex député-ministre de Richelieu, Maurice Martel, est décédé le premier décembre à l’âge de 79 ans.

Pharmacien de profession, il avait été élu député de Richelieu – unioniste de 1966 à 1970 et péquiste de 1976 à 1984.

Son adjoint parlementaire Jean Demers se souvient. « Maurice avait fait partie de l’aile très nationaliste de l’Union nationale. M. Lévesque est venu le rencontrer et l’a convaincu de se présenté au PQ en 1976. Il a été réélu en 1981. »

M. Martel a rempli diverses fonctions comme Adjoint parlementaire aux ministres des Affaires sociales, des Travaux publics et de l’Approvisionnement puis du Commerce extérieur avant d’être nommé Ministre du Revenu dans les cabinets Lévesque et Pierre-Marc Johnson.

Des réalisations

Appelé à souligner des réalisations qui ont marqué la vie politique de M. Martel, M. Demers souligne que « premier député péquiste du comté, Maurice s’est impliqué sans réserve dans la campagne référendaire de 1980. C’est grâce à lui et à son équipe que le comté a donné le plus haut pourcentage au OUI du Québec. »

Il est aussi celui qui a présidé à la formation de la MRC et des municipalités qui y siégeraient. C’est avec le gens du milieu qu’il a décroché la construction du nouveau cégep de Sorel-Tracy.

« Maurice était un excellent patron. Un chic type pour qui les gens importaient. Il était un homme très généreux qui n’hésitait pas à contribuer financièrement quand il savait que des gens étaient mal pris. J’ai souvent été à cet égard sa courroie de transmission. Autant il était exubérant sur une estrade, autant il était discret dans sa grande générosité. »

Il était enfin un homme entier qui ne comptait pas ses heures. « Il avait toujours le temps, et ce, même si parfois cela bousculait l’agenda prévu. »

Il a été défait à l’élection de 1985, en plein cœur d’un conflit interminable chez MIL.

Écrivant la préface de Mémoires d’un pharmacien et d’un politique, autobiographie que M. Martel publiait en 2011, son ami Bernard Landry écrivait, en préface: « Il a fait de la politique d’une manière noble, au service de sa collectivité qui en a profité, prouvé son amour pour le Québec, sa patrie, son milieu, sa famille et sa profession. Voilà un livre qui devrait inspirer les jeunes. Leur montrer que l’on peut faire de la politique autrement. »

Une région en deuil

Pour le député péquiste Sylvain Rochon, c’est toute la région qui est en deuil aujourd’hui. « En deuil d’un homme politique sincère, d’un souverainiste convaincu et convaincant, d’un excellent pharmacien et d’un gentilhomme particulièrement attachant. »

Sans l’avoir beaucoup côtoyé, il l’avait consulté avant de prendre sa décision de se présenter. « Nous avons parlé une bonne heure et demie de la circonscription, de ma campagne électorale, du rôle et de la vie de député. Il a été généreux avec moi de sa longue expérience et de ses conseils, sans, par ailleurs, n’être jamais paternaliste. Je l’ai revu plusieurs fois, pendant ma campagne, à la faveur des assemblées publiques auxquelles je le conviais. Je sais que c’était, pour lui, un grand bonheur d’être là. J’offre à Claire, aux enfants et à toute la famille mes plus sincères condoléances et les assure de mon amitié. »

Le 2 décembre, l’Assemblée nationale a gardé une minute de silence à sa mémoire.

Sa famille recevra les condoléances au salon S. Jacques et fils, ce vendredi, de 19h à 22h et les funérailles seront célébrées à l’église Saint-Pierre de Sorel-Tracy, à 14h, samedi.

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