27 octobre 2015
Les usagers en ont ras-le-bol
Par: Julie Lambert
la notaire de Sorel-Tracy, Marie-Philippe Mongeau, qui doit se rendre plusieurs fois par semaine à Berthierville. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

la notaire de Sorel-Tracy, Marie-Philippe Mongeau, qui doit se rendre plusieurs fois par semaine à Berthierville. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Les usagers de la traverse Sorel-Tracy- Saint-Ignace-de-Loyola en ont assez de cette grève qui s’éternise depuis le 13 octobre dernier. S’ils comprennent les employés, ils pensent que ce sont eux, les usagers, qui sont les grands perdants de ce conflit.

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Une entente de principe est conclue depuis hier. Il s’agit d’une lueur d’espoir pour plusieurs citoyens qui doivent effectuer un détour vers Trois-Rivières ou Montréal.

Depuis le début de la grève, le travailleur sorelois travaillant à Saint-Cuthbert, Larry Drapeau, est exaspéré de devoir faire de longs trajets chaque jour, ce qui lui coûte 400$ par mois pour son voyagement.

« Les citoyens n’ont pas d’autres moyens pour se rendre au travail. Ça commence à coûter cher aller travailler. Je n’ai jamais été pour l’imposition d’une loi spéciale, mais je commence à me dire que le ministre devrait y songer », souligne-t-il.

Même s’il comprend leur combat, le Sorelois Éric Yergeau, qui doit se rendre à Berthierville pour travailler, déplore les impacts engendrés par le déclenchement de la grève.

« On a beau vouloir être solidaire. Je trouve déplorable qu’en 2015, on utilise encore ce genre de moyen de pression alors que le traversier est, selon moi, un service essentiel. Ça n’attire pas la sympathie des citoyens. Ça donne le goût de boycotter », mentionne-t-il.

De son côté, la notaire de Sorel-Tracy, Marie-Philippe Mongeau, qui doit se rendre plusieurs fois par semaine à Berthierville, a réussi à adapter son horaire au cours des deux dernières semaines. Mais elle ne pourra plus remettre à plus tard des rencontres avec des clients.

« On comprend les travailleurs, mais ça a tellement d’impact sur ma vie. On pourrait sûrement trouver une solution. Ça devient lourd. Juste à penser à la route, je suis découragée », déplore-t-elle.

Le citoyen de Berthierville, Jonathan Trudel, commence à trouver difficiles ces longs voyages de 4h par jour pour venir enseigner à l’école secondaire Fernand-Lefebvre. Il doit même couper dans le temps de préparation de ses cours.

« Je suis désappointé et fatigué. Je n’ai pas envie de prendre des congés de maladie pour tout ça. Après deux semaines, je trouve cela difficile physiquement. J’espère que cela se terminera bientôt », conclut-il.

Rappelons que les villes de Sorel-Tracy, Berthierville et Québec ainsi que le Parti québécois ont demandé que les traverses soient considérées comme un service essentiel.

La Coalition Avenir Québec, par le biais du député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a aussi réclamé une loi spéciale pour garantir les services aux heures de pointe.

Avec la collaboration de Sarah-Eve Charland

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