10 décembre 2020
Les producteurs agricoles font preuve de résilience
Par: Katy Desrosiers

Le président de l’UPA Richelieu-Yamaska, Sylvain Joyal, souhaite que 2021 se rapproche davantage d’une année normale en agriculture pour compenser les dernières années plus difficiles. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Après une saison 2019 difficile een raison entre autres des problématiques liées à l’approvisionnement en propane et une saison 2020 marquée par la COVID-19 et la sécheresse, les agriculteurs ne savent pas à quoi s’attendre pour la saison 2021. Leur résilience leur a servi, mais malgré tout, ils croisent les doigts pour un retour à la normale.

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Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) Richelieu-Yamaska, Sylvain Joyal, souligne que 2020 a particulièrement été difficile pour les agriculteurs de la MRC de Pierre-De Saurel.

« Je ne peux pas prédire quel genre de météo il fera l’an prochain, mais on devrait avoir des meilleurs rendements que les deux dernières années. En tout cas, j’espère bien parce que cette année, de façon inattendue, on a eu droit à une sécheresse. Dans notre MRC, on a été affectés plus que dans les régions environnantes. On ne croyait pas ça, mais à la récolte, on s’est aperçus qu’ici, le rendement est inférieur que dans les secteurs avoisinants. Les épis de maïs étaient petits, la récolte de céréales a moins bien été que prévu, le soya, ç’a été ordinaire. Ça n’a pas été facile honnêtement », raconte M. Joyal.

Pour 2021, il souhaite une meilleure sécurité au niveau de l’approvisionnement en propane et autres intrants. Il espère aussi que le montant d’argent promis par le gouvernement fédéral pour les producteurs laitiers entre enfin.

« Par rapport à l’entente Canada-Europe, il y a 1,4 milliard de dollars qui est supposé rentrer d’ici trois ans. Puis aussi, il y a 691 milliards de dollars à rentrer pour des programmes sur 10 ans pour les 4800 producteurs de poulet canadiens », ajoute le président de l’UPA Richelieu-Yamaska.

M. Joyal croit que l’adaptation fait partie de la nature même des agriculteurs et qu’ainsi, ils peuvent avoir mieux traversé la pandémie. « Le producteur agricole, il est habitué d’être obligé de s’adapter à cause de la météo. Le salarié fixe qui s’est fait couper sa job, honnêtement, ç’a dû être très difficile », avance-t-il.

Toutefois, cela n’empêche pas que certains producteurs agricoles peuvent traverser des périodes plus sombres.

« Il y a quand même un pourcentage élevé de suicides chez les producteurs agricoles. Quand ça va moins bien financièrement ou familialement, ils ne sont pas portés à aller chercher de l’aide. Ça s’améliore un peu, mais quand même, c’est depuis toujours que les producteurs agricoles vivent avec les aléas de la météo et du commerce », souligne M. Joyal.

L’engouement pour les travailleurs étrangers

Cette année, l’entrée des travailleurs étrangers a été plus complexe, même avec l’aide fournie par le gouvernement. Seulement 80 % de ceux prévus ont pu venir. Malgré tout, Sylvain Joyal note un engouement pour leur travail, même chez des producteurs qui n’en ont pas encore accueilli.

Avec le bureau d’emploi qui se situe à l’UPA de la Montérégie, les démarches pour les accueillir sont simplifiées. Aussi, M. Joyal affirme que 95 % des travailleurs étrangers souhaitent revenir après une première expérience de travail au Québec. Il souhaite donc que les programmes pour aider leur venue demeurent.

Augmentation de l’alimentation locale

Avec la COVID-19, une sensibilité s’est développée pour l’alimentation locale et le gouvernement provincial en parle de plus en plus. M. Joyal croit les citoyens continueront de manger local et québécois. Ainsi, les producteurs comme ceux de fruits et légumes pourront augmenter leur production. Selon lui, l’exploitation des circuits courts, soit les achats effectués directement à la ferme, perdurera. « Les clients en général ont apprécié le service, le contact », conclut-il.

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