14 mars 2017
Les deux dernières religieuses quittent la région
Par: Louise Grégoire-Racicot
Sr Monique Rajotte et Sr Françoise Caplette rentreront à la maison-mère de leur communauté, à Saint-Hyacinthe. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Sr Monique Rajotte et Sr Françoise Caplette rentreront à la maison-mère de leur communauté, à Saint-Hyacinthe. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Dernières religieuses présentes à Sorel-Tracy, Monique Rajotte et Françoise Caplette, de la communauté des Sœurs Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe, quitteront leur « mission soreloise » à la fin de leur bail, au printemps. Un départ qui met fin à la présence continue des communautés religieuses dans la région depuis cent ans.

Retraitées, Sr Monique et Sr Françoise assurent une présence bénévole auprès des enfants, à l’hôpital, auprès de personnes âgées ou aux Trouvailles de la paroisse Enfant-Jésus.

Originaire de Sorel, Sr Monique a enseigné toute sa vie dans les écoles primaires de la région. À l’instar de plusieurs membres de sa famille, elle est entrée en communauté attirée par l’enseignement. Sr Françoise, originaire d’Asbestos, est arrivée à Sorel-Tracy il y a neuf ans après 25 ans de missionnariat au Brésil et au Tchad.

Entrées au noviciat à l’ère de l’œcuménisme des années soixante, elles n’ont pas connu ces rivalités entre communautés religieuses ni le port du costume sévère et de la cornette qui encadrait étroitement le visage. Mais elles ont porté un petit voile quelques années.

« On s’est adaptées aux besoins de nos engagements: on ne pouvait pas jouer avec les enfants avec de longs costumes », se rappelle Sr Monique.

« Mais on a toujours porté la croix au cou et l’alliance au doigt, témoins de l’appartenance à la communauté », ajoute-t-elle. Ce sont des symboles de leur engagement chrétien.

Elles ont vu le nombre de religieux et religieuses de toutes communautés décroître au fil des ans. Ce qui a imposé à leurs dirigeants d’ajuster à la fois leur administration et l’organisation de la vie religieuse.

Après avoir vécu en communauté à Saint-Joseph-de-Sorel, par exemple, Sr Monique a habité, avec quatre autres sœurs, une résidence devenue par la suite la Maison de la musique à compter de 2011. Aujourd’hui elle partage avec Sr Françoise un logement, rue Victoria, qu’elles quitteront pour rentrer à la maison-mère de Saint-Hyacinthe. .

« J’ai passé 60 ans de ma vie à Sorel. Partir, c’est comme entrer en communauté une nouvelle fois », lance Sr Monique.

Des départs à la suite

Mais les choses changent, remarque pour sa part le pasteur Benoit Côté, rappelant qu’onze communautés ont desservi la région au fil des ans.

« Toutes répondaient aux besoins sociaux et humains de leur époque. Mais quand la Révolution tranquille a remis entre les mains de l’État des missions qu’elles occupaient en enseignement et en santé, elles ont trouvé de nouveaux engagements. Toutes ont finalement quitté la région. »

Mais la situation n’affole pas Sr Monique et Sr Françoise. « C’est dommage pour ceux qui ont besoin d’être accompagnés. Qui demandent que l’on prie pour eux. Mais la relève viendra désormais des pays africains et brésiliens où les vocations sont plus nombreuses » avancent-elles, certaines.

« Nous avons été les servantes et avons fait notre devoir. Pas en notre nom personnel, mais au nom du Seigneur. Il appartiendra à d’autres de poursuivre le travail », disent-elles, sereines.

« Il est difficile de léguer notre option de vie à d’autres quand on n’est plus présentes dans les écoles par exemple. Que l’esprit familial a tant changé. Que certaines valeurs ont explosé », s’expliquent-elles.

@ST:La récolte à venir

@R:Tout n’est pas désespéré, disent-elles, optimistes. La naissance de nouvelles communautés aux codes de vie différents, comme Marie jeunesse de Sherbrooke ou Marie- Rivière à Saint-Hilaire, le prouvent, croient-elles.

Elles furent des semeuses, disent-elles; d’autres récolteront, « Même le pape se remplace », dit Sr Françoise en riant.

Des communautés qui ont servi la région

– Les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe (écoles de la région)

– Les Sœurs de la Présentation de Marie (Saint-Ours)

– Les Dames de la congrégation Notre-Dame (Couvent Saint-Pierre)

– Les Frères des écoles chrétiennes (École Martel)

– Les Frères de la Charité (Mont St-Bernard et Collège Sacré-Cœur)

– Les Frères Ste-Marie-Tinchebray (Saint-Ours)

– Les Frères de l’Instruction chrétienne (Saint-Ours)

– Les religieuses hospitalières de Saint-Joseph (Hôtel-Dieu)

– Les Sœurs grises de la charité de Saint-Hyacinthe (Hospice et orphelinat)

– Les Franciscains (Sorel-Tracy, paroisse St-Maxime)

– Les Pères des Sacrés-Cœurs de Picpus (St-Laurent-du-fleuve)

– Les Sœurs Clarisses (Cloitre de Sorel-Tracy)

– Les sœurs de Namur (Sorel-Tracy)

– Le nombre de prêtres séculiers est aussi passé de 33 en 1976 à deux aujourd’hui.

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