9 octobre 2019
Débat des candidats dans Bécancour – Nicolet – Saurel
Les candidats vendent leur salade
Par: Katy Desrosiers

Les candidats ont présenté leur priorités lors du débat du 8 octobre. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Les candidats dans Bécancour–Nicolet–Saurel à l’élection fédérale ont pu s’exprimer sur différents thèmes lors du débat organisé au Cégep de Sorel-Tracy le 8 octobre de 19 h à 21 h. La soirée, qui a réuni une centaine de spectateurs, s’est divisée en quatre sections pour aborder quatre thèmes, soit l’agriculture, l’économie, l’environnement et la gouvernance.

Les candidats présents étaient Louis Plamondon pour le Bloc québécois, Nathalie Rochefort pour le Parti libéral du Canada, Pierre-André Émond pour le Parti conservateur du Canada et David Turcotte pour le Parti vert du Canada.

L’agriculture

En agriculture, ils ont été questionnés sur les compensations aux agriculteurs et la protection des cours d’eau.

Plusieurs ont dit qu’il fallait arrêter de placer les agriculteurs au centre des ententes internationales. Questionnée sur les sommes promises pour dédommager les producteurs laitiers, Nathalie Rochefort a répondu que les sommes avaient été remises à la Commission canadienne du lait. Le Parti vert souhaite établir une cible pour remplacer le tiers des importations alimentaires du Canada par de la production nationale.

Pour la protection des cours d’eau, les candidats ont convenu qu’aucun agriculteur ne veut intentionnellement détruire sa terre et les cours d’eau avoisinants avec des pesticides.

Louis Plamondon croit qu’il doit y avoir une diminution de l’utilisation, mais avec un plan pour soutenir les agriculteurs et Pierre-André Émond souhaite offrir un crédit d’impôt aux entreprises qui adopteront des pratiques plus écoresponsables. David Turcotte croit en l’interdiction des pesticides avec du glyphosate. Nathalie Rochefort insiste sur des mesures pour développer la bioculture.

L’économie et la pénurie de main-d’œuvre

Les candidats ont été questionnés sur les actions qu’ils prendraient pour stimuler l’économie et pour aider à la pénurie de main-d’œuvre.

Ils ont souligné que le taux de chômage était bas au Québec. Pierre-André Émond croit qu’il faut insister sur le transfert d’argent vers les régions pour supporter des organismes de proximité comme les SADC. Louis Plamondon veut faciliter la résidence permanente des travailleurs étrangers et les obliger à s’installer en région.

David Turcotte croit qu’il faut se concentrer sur les valeurs d’inclusion pour accueillir sur le marché du travail les personnes handicapées ou neuroatypiques.

Nathalie Rochefort veut miser sur le développement des technologies propres et travailler sur l’immigration pour aider les nouveaux arrivants et leur famille à trouver leur compte dans la région.

Environnement

Les candidats ont été questionnés sur leur vision face aux entreprises plus polluantes et sur la protection des rives. Pierre-André Émond et Nathalie Rochefort veulent aider les entreprises qui souhaitent adopter des pratiques écoresponsables. Louis Plamondon a rappelé les efforts faits par des entreprises comme Rio Tinto pour modifier leurs pratiques. David Turcotte a précisé que le Parti vert souhaite redistribuer, sous forme de dividendes, les revenus d’une taxe sur le carbone.

Pour la protection des rives, l’option de faire de la plantation d’arbres sur les berges est revenue à plusieurs reprises. Nathalie Rochefort souhaite mettre en place des prestations d’assurance-emploi pour aider les travailleurs victimes des inondations. De son côté, le Bloc Québécois souhaite le retour de programmes qui soutenaient entre autres les riverains dans un délai rapide pour la réparation de leur mur protecteur. Louis Plamondon a aussi abordé la diminution de la vitesse des bateaux sur les cours d’eau.

Gouvernance

Pour la gouvernance, les candidats ont été questionnés sur comment ils allaient tirer le maximum des subventions ou programmes pour la communauté et ce qu’ils comptaient faire pour se rapprocher de la population. Tous ont noté l’importance de bien connaître les programmes offerts pour bien guider les citoyens. Pierre-André Émond et David Turcotte se sont entendus pour dire que d’établir rapidement un réseau de contacts était primordial.

Pour la présence du député dans sa circonscription, les candidats trouvent important de rencontrer régulièrement les citoyens pour bien saisir leurs besoins. Ils ont aussi soulevé le fait que le comté en était un particulièrement grand.

Les enjeux sur la loi 21 du Québec et le rapport d’impôt unique ont aussi fait surface durant ce thème.

Les projets locaux à prioriser

Parmi les projets locaux à prioriser à Ottawa, M. Émond a noté l’étude de mobilité pour la viabilité d’un pont entre Sorel-Tracy et Lanoraie et Mme Rochefort a aussi abordé ce projet. M. Plamondon est revenu sur le dossier de la protection des berges et M. Turcotte a insisté sur le transport collectif pour aider à la réduction des gaz à effet de serre.

Quelques citations marquantes

David Turcotte : « On dit qu’on a un homme avec son estomac, je pense qu’un député aussi. Moi je suis un gros fan de hot-dogs, j’aime beaucoup le spaghetti et j’adore le blé d’Inde. Vous pouvez m’inviter à chacun de vos partys, je vais aller à la rencontre de mes citoyens. »

Pierre-André Émond, à Louis Plamondon : « Concernant le rapport d’impôt unique, mon parti s’est engagé à aller de l’avant.[…] Pour une rare fois, nos deux formations politiques s’entendent là-dessus. Étant donné que deux gouvernements doivent orchestrer le tout, comment votre formation politique pourra le faire, sachant qu’elle ne le formera pas (le gouvernement). »

Louis Plamondon, en réponse à Pierre-André Émond : « Le premier parti qui en a parlé, c’est nous. Deuxièmement, c’est moi qui ai déposé un projet de loi au mois de mai qui n’a pas eu le temps d’être voté. Pour vous aider à réaliser le rêve de votre chef et le mien, ce qu’on va faire, en arrivant au parlement, je vais déposer un projet de loi et pour que ça arrive, votre parti n’aura qu’à l’appuyer. »

Nathalie Rochefort, à Louis Plamondon, dans le dossier de la protection des berges : « M. Plamondon, je vous entends parler du projet de 1992 qui a été aboli et je vous ai entendu parlé du fonds qui existait dans les années 90. […] Mais dans la vraie vie, qu’est-ce que vous avez fait pour amener au gouvernement en place, surtout à l’époque que vous étiez 50 députés du Bloc. Vous avez fait quoi?[…] Dans la vie concrète, comment des modèles qui datent de 25 ou 30 ans peuvent être adaptés aujourd’hui? »


Un choc entre Rochefort et Plamondon

Sébastien Lacroix | Les 2 Rives

Le débat des candidats dans Bécancour-Nicolet-Saurel qui s’est tenu au Cégep de Sorel-Tracy le 8 octobre a donné lieu à de bons échanges, mais surtout à un choc entre Louis Plamondon du Bloc Québécois et Nathalie Rochefort du Parti libéral du Canada.

La candidate libérale est la seule autre qui a de l’expérience parlementaire, à titre d’ancienne députée de Mercier à l’Assemblée nationale. Elle était également celle qui talonnait Louis Plamondon de plus près dans le sondage Mainstreet mené en début de campagne. Elle jouait gros à ce débat qui est sans doute le plus important de la campagne.

Elle n’a pas hésité à porter quelques coups au député bloquiste. Elle a par exemple remis en doute ses connaissances sur les nouvelles technologies; lui a demandé ce qu’il « a fait concrètement » pour les producteurs laitiers; l’a confronté sur les permis de travail fermé pour les immigrants; ou s’est dite heurtée par ses propos sur l’immigration.

C’est aussi elle qui a donné le plus d’exemples locaux pour appuyer ses dires. Elle a aussi fait appel à l’émotion en tentant toujours de mettre l’humain à l’avant-plan dans ses propos. Elle a toutefois dû défendre plusieurs décisions impopulaires de son parti, comme le pipeline, les compensations qui tardent à arriver pour les producteurs agricoles ou la contestation de la loi sur la laïcité.

Louis Plamondon a quant à lui été la cible de la majorité des questions lors des périodes de débat. Fort d’une longue expérience dans ce genre d’exercice, il a su en tirer profit, en monologuant souvent pendant de longues secondes pour faire valoir son point de vue. Quand c’était son tour, il dirigeait la plupart du temps ses questions vers le candidat conservateur, évitant ainsi son adversaire libérale qui se retrouvait ainsi avec moins de temps de parole.

Le député fort de 35 ans d’expérience a également su bien faire passer ses idées par de nombreux exemples des dossiers qu’il a défendus et par les réalisations du Bloc Québécois. Il a aussi profité de son sens de la répartie, sachant lancer la phrase-choc au bon moment. Que ce soit pour conclure l’échange ou simplement par une réaction hors-champ à une intervention. Lui permettant ainsi d’avoir la plupart du temps le dernier mot.

Le candidat du Parti conservateur du Canada, Pierre-André Émond, est quant à lui apparu nerveux et plutôt stoïque en début de débat, lisant les feuilles qu’il avait préparées. Il a pris de l’aisance à mesure que le débat avançait et il est apparu plus sympathique vers la fin, se permettant même quelques blagues au passage.

Il avait même été avantagé par le tirage au sort, mais il a raté quelques occasions de marquer sur certains points, alors qu’il pouvait prendre des balles au bond. Par exemple, sur la gouvernance où il aurait pu aller sur le nombre de subventions obtenues dans le comté par un député toujours dans l’opposition. Il a même complètement regardé passer la parade lors des débats sur l’environnement et la voie maritime.

On se serait également attendu à ce qu’il s’adresse davantage à la candidate libérale étant donné que ce sera l’une des deux formations qui gouvernera le pays. Il a tout de même soulevé quelques bons échanges sur la contestation judiciaire de la loi 21 ou sur le rapport d’impôt unique.

David Turcotte a quant à lui surtout utilisé l’humour pour se démarquer. Ce qui a mis de la couleur dans le débat, mais qui lui a aussi servi d’arme dans quelques cas. Sa boutade à l’effet qu’il adore manger des hot-dogs, du spaghetti et du maïs, et qu’on fini toujours pas avoir un « député par le ventre » était, on s’en doute, dirigée vers Louis Plamondon qui est omniprésent dans les activités communautaires!

Il a aussi pu amener ses points lors de son temps de parole, mais il n’a pas eu la chance de s’exprimer tellement lors des débats. Sauf quand c’est lui qui était invité à poser la question d’ouverture. Parce qu’il n’en a reçu aucune des trois autres candidats.

 

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