23 octobre 2020
Le télétravail est là pour rester
Par: Katy Desrosiers

Yan Parenteau de Shiptrack s’est créé un coin bureau dans sa résidence, qu’il utilise depuis le mois de mars. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Lors de la première vague, plusieurs entreprises de la région ont basculé vers le télétravail. Certaines comme Desjardins et Shiptrack ont poursuivi la pratique même cet été et comptent la maintenir dans le futur.

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Pour la caisse Desjardins Pierre-De Saurel, le directeur général Pierre Desgranges explique que des employés comme les conseillers, les adjointes administratives et le personnel aux ressources humaines, pour la plupart, ont pu se prévaloir du télétravail.

Les deux tiers des conseillers travaillent à temps plein ou à temps partiel de la maison.

Les employés en télétravail doivent avoir un bureau fermé ou être seuls dans la maison. Leur ordinateur doit se ranger dans un endroit sécuritaire pour que personne n’y ait accès. Ils doivent aussi signer un engagement afin d’assurer la confidentialité.

« Avec la pandémie, de manière générale, ç’a accéléré le télétravail. On l’avait dans la ligne de mire, on regardait comment le faire en respectant la sécurité », souligne M. Desgranges.

Pour l’entreprise Shiptrack, tous les employés sont en télétravail depuis mars.

« Il a fallu qu’on révise nos processus. Entre autres, on a augmenté notre niveau de documentation des dossiers. […] Si quelqu’un est malade, on peut savoir il est rendu où », explique le chef des opérations de Shiptrack, Yan Parenteau.

La décision de demeurer en télétravail malgré le déconfinement s’est prise facilement. Selon M. Parenteau, il aurait été plus complexe de réinstaller tout le monde dans les locaux et leur demander de quitter à nouveau quelques semaines plus tard. « On savait que pour un minimum de neuf mois ou un an, ça devait être comme ça. On s’est préparé en conséquence. À partir du moment où il y a encore un risque ou des mesures de distanciation, c’est une perte de temps de retourner au bureau », mentionne-t-il.

Pour les deux entreprises, un des points positifs qui ressort est la conciliation travail et famille. Les employés ont ainsi pu bénéficier de cette flexibilité, surtout ceux avec de jeunes enfants.

Des défis différents

Chez Desjardins, le télétravail bouscule l’organisation du travail et met de l’avant le besoin de collaboration.

Un conseiller qui effectue une entrevue avec un membre au téléphone peut lui demander de passer à la caisse pour signer un document. Un collègue au bureau le prendra en charge au lieu que le conseiller se déplace.

Un autre enjeu est de conserver la synergie dans les équipes.

« Notre défi, c’est de garder les gens connectés. Que les gens en télétravail n’aient pas l’impression qu’ils sont désavantagés, pour la chimie de l’équipe », note Pierre Desgranges.

De l’aide psychologique est disponible et des capsules sur le stress ont été diffusées. Les gestionnaires sondent leurs employés régulièrement.

Pour Yan Parenteau, le fait que les gens soient très près de leur lieu de travail en étant directement chez eux peut être un point négatif pour certains qui ont de la misère à décrocher. Les chefs d’équipe restent donc à l’affut pour détecter les signes de surmenage.

À long terme

Les deux entreprises croient qu’il sera possible de garder le télétravail dans une certaine mesure.

Chez Desjardins, le télétravail se poursuivra au moins jusqu’au 31 décembre. M. Desgranges croit que dans le futur, les horaires seront mixtes, c’est-à-dire que les employés pourront alterner entre le bureau et la maison.

Chez Shiptrack, le déménagement dans des locaux plus grands au centre-ville est toujours prévu. Par contre, le télétravail fait en sorte qu’il est plus facile de le rénover. Mais même si les employés reviennent physiquement au bureau, une politique de télétravail devrait être mise en place. Certaines bonnes habitudes communicationnelles développées pendant la pandémie resteront aussi.

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