2 octobre 2018
Décès de l'ex-députée Élaine Zakaïb
Le Québec et la région perdent une dame intelligente et généreuse
Par: Sarah-Eve Charland

Élaine Zakaïb (Photo : archives/Pascal Cournoyer)

Intelligente, généreuse, souriante; le fondateur de Jacob, Joey Basmaji, n’a que des bons mots pour décrire l’ex-députée de Richelieu de 2012 à 2014, Élaine Zakaïb, qui a succombé à son domicile de Sainte-Anne-de-Sorel d’un cancer du cerveau, dont elle souffrait depuis près d’un an, le 1er octobre, à l’âge de 59 ans.

« Elle était tellement intelligente. Elle avait toujours plein d’idées. Elle avait un flair des affaires. Elle était sensible. Elle avait le feu dans les yeux. Il n’y avait jamais de problème avec elle. Elle avait toujours des solutions », se rappelle-t-il.

Élaine Zakaïb a travaillé chez Jacob lorsqu’elle a gradué en tant qu’avocate. Elle y a travaillé quelques années avant d’explorer d’autres avenues. Au cours de sa carrière, elle a occupé divers postes comme avocate. Mme Zakaïb a passé plus de 20 ans au sein de la famille du Fonds de solidarité FTQ, dont huit ans en tant que présidente-directrice générale des Fonds régionaux de solidarité FTQ de 2004 à 2012, avant son arrivée en politique.

Élaine Zakaïb a pris la relève de Sylvain Simard lors de l’élection provinciale de 2012 sous la bannière du Parti québécois. Elle a été réélue en 2014.

« Je l’ai connue quand elle était jeune. Je connaissais ses parents. On s’est toujours vu, mais pas beaucoup. Quand j’ai eu des difficultés avec Jacob, on s’est revus et elle m’a donné des conseils. C’est comme si on ne s’était jamais perdu de vue », raconte M. Basmaji.

Mme Zakaïb a démissionné six mois après l’élection pour diriger la chaîne de magasins Jacob afin de la relancer. « Elle m’a dit qu’elle voulait m’aider. Je lui ai répondu que j’aimerais ça, mais que ça ne serait pas facile. Elle m’a dit qu’elle avait des idées et qu’on pouvait faire de quoi. Puis, elle est revenue chez Jacob. »

Cancer virulent

Celle qui a aussi été ministre dans le gouvernement péquiste de Pauline Marois avait écrit en août 2018 qu’elle devait fermer son compte Facebook sous peu puisqu’elle est atteinte d’un cancer du cerveau grade 4, le GBM. Le glioblastome multiforme (GBM) ou glioblastome, également connu sous le nom d’«astrocytome de grade 4», est la tumeur primitive du cerveau la plus fréquente et la plus agressive, selon Wikipédia.

« Elle était toujours de bonne humeur, mais elle s’est mis à dire que la vie est belle lorsqu’elle est tombée malade. C’est comme ça qu’elle vivait. Elle n’était jamais négative. Elle souffrait. Ce n’était pas elle ça. Elle n’était pas une femme qui se mettait des limites. Puis là, elle était limitée », s’attriste-t-il.

Mme Zakaïb a vécu ses derniers moments à son domicile grâce au service de l’équipe de soins palliatifs du CLSC de Sorel-Tracy. La famille a remercié les soins des infirmières Hélène Bernatchez et Céline Dansereau, la médecin Caroline Nguyen, ainsi que les bénévoles, auxiliaires familiales et travailleuses sociales qui leur ont apporté soins, soutien et réconfort dans ces moments difficiles, a affirmé sa fille Émilie Zakaïb-Denis dans un communiqué de presse.

« Élaine Zakaïb était une femme d’exception qui a mené sa vie sans regret. Reconnue pour sa grande générosité, son altruisme et son sens du devoir, cette femme de cœur et d’esprit a travaillé la plus grande partie de sa vie pour le Québec, ses entreprises et ses citoyens », a-t-elle souligné.

La famille de Mme Zakaïb recevra les condoléances au salon Gilbert Mandeville & Fils Ltée à Sorel-Tracy le 12 octobre de 14h à 17h et de 19h à 21h et le 13 octobre dès 11h. Les funérailles seront célébrées en l’église Saint-Pierre le 13 octobre à 13h.

 

Ce qu’ils ont dit….

« Ma vie parlementaire a débuté à son départ et se termine à son départ. Nos destins étaient, pourrait-on dire, liés, nous qui rêvions du même pour le Québec: un pays juste, vert, prospère et libre. Merci Élaine Zakaïb d’avoir fait partie de ma vie personnelle, de ma vie professionnelle et de notre vie collective! Attachante, authentique, intègre et visionnaire, tu es de celles qu’on n’oubliera jamais. » – Sylvain Rochon, député péquiste de Richelieu de 2015 à 2018

« Je joins ma voix à celle des citoyens et citoyennes de Richelieu afin d’offrir nos plus sincères sympathies à la famille de l’ex-députée de Richelieu Madame Élaine Zakaïb. Toutes nos pensées vous accompagnent. » – Jean-Bernard Émond, nouveau député de Richelieu

« Attachante, énergique, curieuse, rieuse, profondément nationaliste économique, Élaine nous laisse un souvenir vif, intense, souriant. » – Jean-François Lisée, chef du PQ de 2016 à 2018

« Mme Zakaïb était une femme inspirante et rassembleuse, charmante et passionnée, présente et appréciée dans son milieu. J’ai eu l’occasion de la côtoyer dans différents projets et je salue son engagement dans la communauté. Le Québec tout entier a également pu bénéficier du leadership et du talent de Mme Zakaïb alors qu’elle a occupé le poste de ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique. J’offre bien sincèrement mes condoléances à sa famille et à son entourage » – Serge Péloquin, maire de Sorel-Tracy

« Élaine s’est jointe au Fonds de solidarité FTQ en 1992 à titre de conseillère juridique. Dès les premiers instants, elle a su montrer son leadership, son esprit d’équipe et ses grandes qualités de gestionnaire. En 2004, Élaine poursuit son aventure dans la grande famille du Fonds en devenant présidente-directrice générale des Fonds régionaux de solidarité FTQ. Un défi de taille qu’elle a su relever avec brio. Le développement des régions lui tenait particulièrement à cœur. Nous nous souviendrons à jamais de cette très grande dame. Elle laisse une trace indélébile non seulement dans l’organisation, mais également dans le cœur de tous ceux et celles qui auront eu la chance et le privilège de la côtoyer. » – Gaétan Morin, président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ

« Quand elle endossait une cause, quand elle était convaincue, elle s’engageait corps et âme, C’était sans réserve. […] Il n’y avait rien à son épreuve. » – Pauline Marois, ex-première ministre du Québec (en entrevue avec La Presse canadienne)

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