8 novembre 2016
Le promoteur Luc Poirier veut assumer seul les dépenses du pont
Par: Louise Grégoire-Racicot
Luc Poirier a été loquace sur son projet de pont devant plusieurs convives venus l’écouter lors du dîner-conférence de la Chambre de commerce, le 8 novembre, à l’Hôtel de la Rive. | PHOTO: TC Média -Pascal Cournoyer

Luc Poirier a été loquace sur son projet de pont devant plusieurs convives venus l’écouter lors du dîner-conférence de la Chambre de commerce, le 8 novembre, à l’Hôtel de la Rive. | PHOTO: TC Média -Pascal Cournoyer

L’homme d’affaires Luc Poirier veut construire un pont fixe de 361 M$ reliant la Rive-Nord à la Rive-Sud, à la hauteur de Sorel-Tracy, en assumant toutes les dépenses reliées à sa construction et à son entretien.

Réactions des maires Serge Péloquin et Gilles Salvas à ce sujet ici

Mais il ne veut aller seul de l’avant. Il demande à la MRC de Pierre-De Saurel ou à la Ville de Sorel-Tracy de devenir propriétaire du pont. Il en serait le seul promoteur.

Une étude de préfaisabilité a confirmé la rentabilité de cette construction, à long terme, a-t-il rappelé. « Mais un privé seul ne peut faire un tel projet », a-t-il admis devant 163 convives participant à un dîner-conférence organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy, le 8 novembre dernier.

« Au début, j’ai bien pensé le faire privé à 100%. Payer totalement sa construction et son entretien. Mais un pont doit appartenir à un corps public. Un peu comme le centre Vidéotron à Québec », cite-t-il en exemple. Une autre forme de partenariat public-privé, note-t-il. Cette entente promoteur-corps public lui apparait idéale. Une façon simple de fonctionner, insiste-t-il.

Les organismes publics n’auront rien à débourser, poursuit-il. « Moi, je cherche le pouvoir politique pour faire avancer les choses. Et ça, je ne l’ai pas », reconnaît-il.

Dans son plan, le corps public serait propriétaire du pont et se chargerait de faire les représentations nécessaires pour décrocher les ententes menant à la réalisation du projet.

« Moi, je fais l’investissement, paye les dépenses, les frais financiers et les pertes, ce qui pourrait coûter en tout 395 M$ et se rentabiliser après 30 ans », dit-il. Et d’ajouter : « Ce n’est pas grave, je suis encore jeune (41 ans) et pas pressé. »

Le tarif d’usage du pont serait de 9,50$ pour une auto, de 29$ pour un camion lourd , suggère-t-il. « C’est deux fois moins cher que le traversier. »

Tous les membres du conseil municipal de Sorel-Tracy ont assisté à la rencontre. Le préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Gilles Salvas, et son directeur général Denis Boisvert aussi, tout comme des élus d’autres municipalités. Les gens d’affaires y pullulaient. Tous ont écouté l’homme énumérer les étapes de son étude de faisabilité et le plaisir qu’il a de faire des affaires sans broncher.

Il a décrit le projet d’un pont fixe avec arcs en acier léger, de trois voies de 361 M$ qu’il projette. Des étapes qui l’ont amené à faire ces choix précis. Personne n’a questionné le bien-fondé du projet.

De l’aide du gouvernement

Luc Poirier leur a expliqué qu’il souhaite fortement que le ministère des Transports du Québec (MTQ) abolisse le service de traversier entre Sorel-Tracy et Saint-Ignace-de-Loyola. Ou qu’il le réduise au minimum pour lui verser tout l’argent qu’il investit annuellement dans la Société des traversiers pour cette desserte

« Que le MTQ cesse ainsi de jeter de l’argent à l’eau et de toujours recommencer. Dans 50 ans, le gouvernement n’aura plus de frais à assumer pour cette traversée qui ne peut qu’être bénéfique aux régions qu’elle reliera », a-t-il dit en substance.

Rappelons qu’en décembre 2015, M. Poirier avait reçu l’appui de Sorel-Tracy, puis en 2016 de la MRC de Pierre-De Saurel pour poursuivre l’élaboration de son projet.

Sur le pont

– Le pont fixe a été préféré à un pont levant ou à un tunnel.

– Un des trois sites considérés à la hauteur du chemin du Golf à Sorel-Tracy.

– Pont avec une pente de 2%.

– Circulation à 60 km/h.

– Besoin de 36 mois pour le compléter.

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