16 février 2018
Le projet du Port de Montréal crée plusieurs craintes auprès d’un organisme environnemental
Par: Sarah-Eve Charland

Le Port de Montréal à Contrecœur (Photo: Gracieuseté)

L’agrandissement du Port de Montréal à Contrecœur pourrait accentuer la problématique de l’érosion des berges du fleuve Saint-Laurent, s’inquiète le Comité zone d’intervention prioritaire (ZIP) des Seigneuries.

« La problématique est déjà présente. On vient accentuer la problématique dont on n’a pas encore trouvé de solution. Le batillage n’est pas la seule cause, mais c’est une préoccupation », affirme la directrice générale, Sophie Lemire.

Le Comité ZIP estime qu’entre un à deux mètres s’effritent dans le fleuve tous les ans à la hauteur de Contrecœur. Cette préoccupation avait fait l’objet d’un mémoire déposé auprès du Port de Montréal lorsqu’il réalisait l’étude d’impact, qui a été dévoilée il y a deux semaines.

De plus, l’agrandissement du Port de Montréal nuirait à l’habitat naturel de plusieurs espèces vulnérables, comme le chevalier cuivré. Cette espèce est en péril. La population de ce poisson dans le fleuve Saint-Laurent est unique dans le monde, assure Mme Lemire.

« Ça va affecter le chevalier cuivré. On est conscient qu’il s’agit d’un projet désiré sur le plan économique », ajoute-t-elle.

L’augmentation de l’achalandage des bateaux fait craindre à Mme Lemire une vision à long terme du gouvernement. « Pour le moment, le projet du Port n’en parle pas, mais est-ce qu’on prévoit davantage de dragage? On ne connaît pas les limites du gouvernement canadien. Est-ce qu’il y a eu une analyse au-delà du Port de Montréal? », se questionne-t-elle.

La directrice générale reconnaît que plusieurs mesures de mitigation avancées par l’Administration du Port de Montréal demeurent intéressantes. « On va prendre part aux consultations publiques. Le statu quo est présentement l’option la plus intéressante », conclut-elle.

Cette étude sera aussi soumise à un processus de consultation publique. D’ici un an, l’organisation espère obtenir les permis du ministère de l’Environnement du Canada.

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