4 juin 2015
Le pédophile Michel Perrier reçoit une peine « clémente »
Par: Sarah-Eve Charland
Le pédophile Michel Perrier reçoit une peine clémente de deux et cinq mois de prison. | TC  Média - Archives

Le pédophile Michel Perrier reçoit une peine clémente de deux et cinq mois de prison. | TC Média - Archives

Le pédophile Michel Perrier, qui a avoué sa culpabilité sur les 22 chefs d’accusation qui pesaient contre lui, a reçu une peine clémente, mentionne la juge Louise Leduc au moment de lire la sentence au palais de justice de Sorel-Tracy le 3 juin.

L’accusé a reçu une peine de deux ans et cinq mois de prison. Détenu depuis 84 semaines, il ne lui restait qu’une journée à purger au prononcé de la sentence puisque les jours en détention provisoire comptent pour 1,5 jour. M. Perrier est maintenant libre comme l’air.

Même si elle considère la peine clémente, elle a accepté la suggestion commune des avocates puisqu’elle respectait toutes les conditions juridiques et la jurisprudence.

« Le tribunal a reconnu qu’il y a eu une négociation rigoureuse entre la défense et le ministère public. Je n’ai pas de rapport présentenciel, ni d’évaluation du risque de récidive », souligne la juge.

Le 15 mai dernier, M. Perrier a livré son plaidoyer de culpabilité. Les avocats de la Couronne et de la défense ont déposé une suggestion commune d’une sentence de deux ans et cinq mois, ainsi qu’une probation de trois ans avec un encadrement serré et une thérapie.

L’homme de 39 ans faisait face à une vingtaine de chefs d’accusation en lien avec des agressions sexuelles, voies de fait, menace de mort et incitation à des contacts sexuels avec un mineur.

Il a commis ces infractions entre 2006 et 2014 à Pierreville. Son procès a débuté en décembre dernier. Huit personnes ont témoigné devant la cour, dont six victimes.

Relecture des témoignages

La juge a pris le temps de faire un résumé des témoignages de chacun des témoins. « Le tribunal a relu tous les faits de façon objective. Tous les témoignages se corroboraient et étaient identiques », a affirmé la juge.

De plus, M. Perrier a tenté à plusieurs reprises de convaincre les victimes de mentir ou de falsifier leur témoignage.

L’accusé regardait la juge lire sa sentence et jetait régulièrement des coups d’œil aux victimes assises dans la salle. Il portait un masque médical qui cachait une partie de son visage. Il avait affirmé devant la cour plus tôt dans le procès souffrir de la maladie de Crohn.

« L’accusé ne bénéficie pas du fait d’avoir reconnu sa culpabilité parce que toutes les victimes avaient témoigné. Il ne s’agit pas d’un accusé qui a avoué sa culpabilité à la première occasion », ajoute-t-elle.

Deux victimes ont demandé de ne pas maintenir l’interdiction de contact avec l’accusé. La procureure de la Couronne, Marie-Josée Bergeron, a toutefois recommandé au tribunal d’imposer un interdit de contact. La juge Leduc a été du même avis que la Couronne.

« J’ai devant moi une personne dangereuse qui a frappé à plusieurs reprises les victimes et en a agressé sexuellement une autre. Ne sachant pas le risque de récidive, je n’ai pas le choix d’imposer une interdiction de contact. »

M. Perrier aura une probation de trois ans à purger. Il devra suivre une thérapie en matière de violence et un traitement en délinquance sexuelle. Il sera aussi enregistré sur le registre des délinquants sexuels.

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