6 février 2018
Débordements à la prison de Sorel-Tracy le 10 janvier
Le ministère de la Sécurité publique donne deux versions de l’histoire
Par: Sarah-Eve Charland

La nouvelle prison a été inaugurée en mai 2017. (Photo: Pascal Cournoyer)

Le ministère de la Sécurité publique (MSQ) a donné deux différentes versions à deux médias en quelques semaines concernant le débordement au centre de détention de Sorel-Tracy du 10 janvier.

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Une semaine après les événements, le Sorel-Tracy Magazine rapportait qu’il y avait eu un désordre au centre de détention de Sorel-Tracy. Le ministère de la Sécurité publique mentionnait dans l’article qu’un détenu s’était auto-infligé des blessures et qu’il avait été amené au centre hospitalier.

« Une personne incarcérée a été conduite à l’hôpital pour recevoir des soins en raison de blessures auto-infligées. Elle a rapidement obtenu son congé de l’hôpital. Aucune autre personne incarcérée et aucun membre du personnel n’ont été blessés », pouvait-on lire.

Trois semaines plus tard, le journal La Presse dévoilait qu’il s’agissait plus qu’un simple désordre. Deux détenus ont frappé avec leur pied la porte de leur cellule au point de la faire ouvrir, révélant ainsi des failles dans la sécurité de la nouvelle prison.

Le média souligne plusieurs manquements au système de sécurité, dont une défaillance dans le système de caméra qui aurait cessé de fonctionner pendant quelques heures. Le Syndicat des agents de la paix en service correctionnel du Québec dénonçait également la situation.

Pourquoi l’histoire a-t-elle évolué? « Parce que les journalistes nous ont posé des questions différentes, répond le porte-parole du MSQ, Olivier Cantin. On parle d’un article du 17 janvier et d’un article du 5 février, ce sont deux choses différentes. On peut supposer que le détenu s’est auto-infligé des blessures en frappant sur la porte. »

Pendant de nombreux mois, le MSQ a affirmé faire des tests de sécurité pour s’assurer de la fiabilité des lieux. Le porte-parole n’a toutefois pas répondu lorsqu’on lui a demandé pourquoi les failles n’avaient pas été décelées plus tôt. « Je dois aller chercher des éléments de réponse », conclut-il.

Le ministère de la Sécurité publique a inauguré le 23 mai 2017 le nouveau centre de détention de Sorel-Tracy. Les coûts de la construction se sont élevés à 174,2 M$. Le nombre de détenus pourra atteindre 300.

Sylvain Rochon se penche sur le dossier

Le député de Richelieu, Sylvain Rochon, a réagi à la nouvelle. « J’ai assuré M. Lavoie que je faisais miennes les préoccupations qu’il a exprimées à La Presse et lui ai garanti que je ferai un suivi serré auprès du ministre de la Sécurité publique. J’ai d’ailleurs immédiatement discuté du dossier et de son suivi avec notre porte-parole en matière de Sécurité publique, Stéphane Bergeron. Nous sommes tous deux d’avis que le nouveau centre de détention doit urgemment tenir ses promesses. »

De son côté, le député péquiste Stéphane Bergeron veut que le consortium privé chargé de la construction défraie la facture des réparations à effectuer au centre de détention, rapporte La Presse. Selon lui, ce n’est pas au gouvernement de payer pour de tels travaux.

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