1 octobre 2015
Le gérant trouve sa sanction trop sévère
Par: Louise Grégoire-Racicot
Le Cactus café a été obligé de fermer après pour avoir commis une quatrième infraction concernant la présence de mouches à fruits dans ses bouteilles d’alcool. | Déposit Photos

Le Cactus café a été obligé de fermer après pour avoir commis une quatrième infraction concernant la présence de mouches à fruits dans ses bouteilles d’alcool. | Déposit Photos

Malgré trois infractions et deux amendes totalisant près de 1000$, le Cactus café a de nouveau reçu une sanction de la Régie des alcools pour des mouches à fruits dans ses bouteilles de boissons. Son permis a été suspendu pour huit jours, une décision que son gérant Steven Lavaux trouve exagérée.

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Depuis 2002, la présence de ces mouches à fruits est punie en vertu de la Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques (LIMBA).

« Qui n’a pas eu ces mouches dans sa maison à un moment donné ? Elles apparaissent sans que l’on sache pourquoi. Qu’on trouve une mouche à fruits dans une des 600 bouteilles sur nos tablettes ne mérite pas une telle suspension », avance M. Lavaux.

Aussi trouve-t-il la décision injuste puisque le ministère de l’Agriculture considère qu’elles présentent peu de risque pour la santé. Il croit qu’il existe peu de soutien pour aider les tenanciers à trouver des moyens de s’en débarrasser. « Aucun tenancier ne veut servir de l’alcool dans lequel il y aurait une mouche! », affirme-t-il.

Il déplore aussi que ces inspections policières se déroulent souvent en pleine période d’achalandage. M. Lavaux a d’ailleurs payé une publicité pleine page dans l’édition des 2 Rives du 29 septembre dernier pour exposer sa situation.

La décision

La décision des deux régisseurs est liée aux récidives du Cactus. Les mesures n’étaient pas adéquates et mises en place trop tard, seulement après le quatrième événement en janvier 2015, lit-on dans la décision.

Les nombreux avertissements sans résultat ont conforté les régisseurs dans leur décision d’imposer six jours de suspension de permis au Cactus Café ainsi que deux jours additionnels pour avoir toléré pour une seconde fois, trois personnes autres que le personnel dans l’établissement, après les heures de fermeture.

M. Lavaux reconnaît que son établissement a déjà payé près de 1000$ à cause de la présence de mouches dans ses bouteilles d’alcool (650$ en 2012 et 325$ en 2014). La visite de janvier dernier a mené à la même conclusion: des bouteilles de rhum ou de vodka contenaient des mouches.

Le gérant du Cactus persiste à dire que son établissement, comme bien d’autres, est victime d’un phénomène courant. Ce que le président de l’Union des tenanciers de bars du Québec, Peter Sergakis, confirme.

« Les mouches à fruits sont plus nombreuses en période d’humidité et depuis deux ans, le problème est pire. Nous trouvons exagéré de suspendre les permis pour cette raison. Cela a des conséquences pour le gouvernement qui perçoit moins de taxes, nos employés qui perdent des salaires et les tenanciers des profits. »

Il dit exercer des pressions pour que la loi soit changée, mais elles ne sont pas écoutées. « Pourtant une suspension de permis peut détruire un bar. La clientèle va ailleurs et prend du temps à revenir après la réouverture. »

La salubrité essentielle

Appelé à commenter cette décision, Jean-Luc Archambault, auteur d’un livre sur l’initiation à la santé publique et spécialiste de la salubrité, explique que la présence de drosophiles révèle souvent qu’il y a un problème sous-jacent à identifier.

« Quand la drosophile s’installe, 30 heures plus tard, tu es infesté. Dans les bars, le tripotage de bouteilles amène souvent des problèmes de salubrité dont il faut absolument s’occuper. »

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