23 octobre 2018
Un an plus tard
Le Cégep de Sorel-Tracy agit à la suite de la vague #MoiAussi
Par: Sarah-Eve Charland

La directrice générale du Cégep de Sorel-Tracy, Fabienne Desroches, poursuivra ses démarches afin d'assurer une meilleure compréhension de la problématique au sein de l'établissement. (Photo : Archives/Pascal Cournoyer)

Un an après le mouvement #MoiAussi, déclenché sur les réseaux sociaux en octobre 2017 par des femmes se disant victimes d’agressions sexuelles, le Cégep de Sorel-Tracy n’a pas lésiné les efforts afin de conscientiser les étudiants et le personnel en attendant d’adopter la politique contre les violences à caractère sexuel.

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« Le mouvement a été très bien encadré à l’époque par le gouvernement. Tous les établissements postsecondaires sont tenus d’élaborer une politique. On va en consultation en novembre auprès de l’ensemble du personnel et des étudiants pour présenter cette politique », affirme la directrice générale du Cégep, Fabienne Desroches.

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine de l’époque, Hélène David, avait exigé cette démarche dans sa Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles 2016-2021. La politique doit être adoptée au plus tard en janvier 2019 par le conseil d’administration des établissements scolaires.

La politique inclut les balises de ce qui est accepté ou pas, la structure de dénonciation, d’enquête et d’intervention. Mme Desroches assure que la sensibilisation se fera en continu et qu’il y aura des formations sur le sujet.

« On veut travailler en collaboration avec les organismes, la Sûreté du Québec et le CLSC, selon le niveau de gravité des actes. On a besoin de l’appui de ressources externes. On a une psychologue en place trois jours la semaine, mais on ne sera pas outillés pour intervenir. On va soutenir les plaignantes et les accompagner vers ce qu’elles souhaitent », ajoute Mme Desroches.

Le Cégep mettra également la résidence au parfum afin de s’assurer que les mêmes balises y soient appliquées. L’établissement accentuera les mesures de prévention à l’approche des partys de session et de mi-session.

« Le collège est responsable de tout ce qui le touche. Ça nous donne une énorme responsabilité. On va accentuer les activités de sensibilisation près de ces événements. On veut responsabiliser les gens et donner le courage de dénoncer », assure-t-elle.

En mode action

En attendant l’adoption de la politique, le collège a commencé à sensibiliser le personnel et les étudiants, ajoute Mme Desroches. La pièce de théâtre « Quand vient le soir » a été présentée l’année dernière année.

L’Association générale des étudiantes et étudiants du Cégep de Sorel-Tracy (AGEECST) a multiplié les actions au cours de la dernière année. Des kiosques d’information ont été installés à plusieurs reprises, notamment à l’approche des événements festifs. Les étudiants ont aussi pu participer à l’activité immersive « La Ruelle » qui aborde le harcèlement de rue et d’autres formes de violences sexuelles.

« Les gens sont intéressés et posent des questions, assure la présidente de l’AGEECST, Gabrielle Lavallée. On voit que les gens veulent des changements. […] On voit aussi qu’il y a beaucoup d’étudiants masculins qui posent des questions. »

Durant la semaine du 22 au 26 octobre, la Semaine de l’AGEECST contre les violences à caractère sexuel se tiendra au Cégep de Sorel-Tracy. L’organisme Sans oui, c’est non! tiendra un kiosque. Il y aura une formation sur le consentement sexuel. Des expositions sur les effets de l’alcool sur le consentement et les stéréotypes liés à l’habillement seront aussi présentées.

En avril 2017, l’AGEECST et la direction de l’établissement avaient aussi lancé la campagne de sensibilisation « Ni viande ni objet » dans le but d’éduquer la population collégiale sur le consentement, les actes de violence, l’hypersexualisation, la culture du viol et les gestes à poser en tant que victime ou témoin.

« C’est une grosse année pour les garçons notamment. C’est une grosse remise en question. Il y a eu beaucoup de changements, mais il y en a beaucoup encore à avoir. Ce n’est pas fini », conclut Mme Lavallée.

Une formation sur le harcèlement offerte en novembre

La Chambre de commerce et d’industrie Sorel-Tracy présente une formation sur le harcèlement le 21 novembre, sous forme de déjeuner-conférence de 7h30 à 9h, au Resto Tracy. Le mouvement #MoiAussi n’est pas étranger aux nouvelles dispositions des normes du travail qui entreront en vigueur le 1er janvier, croit le directeur général Sylvain Dupuis.

Dans la formation, il sera question des responsabilités des employeurs dans une situation d’harcèlement. Ce dernier ne pourra plus fermer les yeux, indique M. Dupuis.

« Le harcèlement, ce n’est pas juste les cas graves comme on retrouve dans les médias. C’est aussi ce qui était vu comme des jokes. Ces jokes ne sont plus drôles. Aujourd’hui, c’est tolérance zéro. L’employeur doit prendre certaines mesures minimales et développer des automatismes de résolution de problème », souligne M. Dupuis.

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